GÉNÉRALITÉS SUR L'HYGIÈNE
tions d’eau potable, de réseaux d’assainissements, dans toutes les communes de France, etc.
La mentalité hygiénique du peuple français s’est fortement développée. Le public s’intéresse de plus en plus aux questions de santé et d’hygiène. Les conférences, les expositions d’hygiène (de Lyon en 1907 et 1914; de Strasbourg, en 1923, etc.), les oeuvres d’hygiène sociale, qui se sont multipliées de façon considérable, les articles de vulgarisation hygiénique dans les quotidiens, l’enseignement de notions d’hygiène dans les écoles, la propagande des ligues d’hygiène scolaire (Hygiène par l’exemple), du lait, contre le taudis, du Parti Social de la Santé publique, etc., ont fini par convaincre le grand public de l’importance de toutes ces questions.
Aussi, l’opinion publique étant devenue propice, les pouvoirs publics ont trouvé un terrain favorable ( Quid leges sine moribusï) à l’organisation de l’hygiène en France. Le Ministère de la Santé publique, créé en 1930, la réalise suivant un plan méthodique (voir chap. iv).
Malheureusement, certains fléaux sociaux progressent. L’alcoolisme, après une période de régression dans les années qui ont suivi immédiatement la guerre, a repris une marche ascendante. L’aliénation mentale augmente de façon inquiétante : le nombre des aliénés internés est passé de 60 000 en 1918 à 110 000, en 1938.
D’autre part, les progrès de l’hygiène ont une contre-partie. Autrefois, devant l’affluence de toutes les causes de mort, seuls, les plus résistants subsistaient. Les tarés, les chétifs disparaissaient. Maintenant, on récupère nombre d’incapables, on améliore et on conserve les débiles, etc. Or, ces sujets qui survivent, se reproduisent et augmentent le nombre des dégénérés et des déchets sociaux, qui contribuent à la dégénérescence de la race et deviennent une lourde charge pour la collectivité. Aussi commence-t-on en France, à se préoccuper, comme dans divers pays, de la lutte contre l’hérédité morbide.
Le fait est d’autant plus inquiétant que notre natalité baisse au point que, depuis 1935, les décès l’emportent sur les naissances. C’est aussi un péril qui devient une poignante préoccupation en face de pays voisins dont l’excédent de naissances se chiffre par centaines de mille.
Il nous reste donc fort à faire pour lutter contre ces dangers.
6° Enseignement de l’hygiène. — L’enseignement de l’hygiène était naguère complètement sacrifié dans les programmes de