‹ Précis d'obstétrique (volume 2)Chapitre 129 sur 317 · DU FŒTUS DANS LA CAVITÉ UTÉRINE · texte numérisé non relu

DU FŒTUS DANS LA CAVITÉ UTÉRINE

Vers la fin de la grossesse le fœtus (fig. 153), comme le papillon dans sa chrysalide, a une attitude qui lui est propre et qui a pour but de lui faire occuper un espace restreint : il est pelotonné sur lui-même, dans l’attitude de la flexion. Les cuisses sont fortement fléchies sur l’abdomen, les jambes sur les cuisses et les pieds sur les jambes, les bras sont croisés et ramassés sur le plan antérieur du fœtus, la tête fléchie sur le tronc ainsi qu’on peut le voir sur la figure 153.

Fig. 153.— Coupe après congélation d’un fœtus à terme contenu dans l’utérus (Ribemont-Dessaignes), L’utérus a été coupé suivant un plan latéral et transversal.

/, Os iliaque. CR, Reclum. L, Liquide amniotique. Po, Poumon. C , Cœur. Pe, Péricarde - Mi, Maxillaire inférieur. L, Langue. Ms, Maxillaire supérieur. Co, Cordon. Ce, Cervelet- Fa, Fontanelle antérieure. Fc, Faux du cerveau. O, Œil. M, Membre. F, Foie. Co, Cordon près de son insertion ombilicale. Ve, Vessie. P, Pieds. PI. Placenta.

Sous quelles influences le fœtus, ainsi pelotonné, se dispose-t-il presque toujours de la même manière dans la cavité utérine, la tête en bas et le siège en haut pendant les derniers temps de la grossesse? Ce fait observé depuis longtemps a été diversement interprété par les auteurs.

D’après l’hypothèse hippocratique, jusqu’au septième mois de la gros-

ACCOUCHEMENT

sesse la tête fœtale est au fond de l’utérus, maintenue dans cette position par des liens venant de l’ombilic. A ce moment les liens se déchirent, le fœtus culbute et met sa tête en bas.

Cette théorie de la culbute régna pendant longtemps : elle fut un peu battue en brèche par Ambroise Paré qui admit que la fréquence de la présentation du sommet était due à des mouvements instinctifs du fœtus qui choisit l’attitude la plus favorable pour se loger dans la cavité utérine.

Cette idée fut soutenue à nouveau par Dubois qui s’appuyait sur la fréquence plus grande de la présentation du siège dans le cas d’avortement, de fœtus morts, de monstruosités : les mouvements instinctifs faisant alors défaut, le fœtus n’aurait aucune tendance à évoluer, à mettre sa tête en bas.

La théorie de la culbute, celle d’M. Paré, furent combattues par de la Motte, Smellie, Solayrès de Renhac et Baudelocque, qui étudièrent les changements de présentation du fœtus pendant la grossesse.

La théorie de la pesanteur , émise autrefois pas Aristote, fut reprise par différents auteurs, par Mathews Duncan, Schrœder, mais combattue par Dubois, Simpson; elle est abandonnée aujourd’hui.

Cazeaux explique la fréquence des présentations du sommet par la forme du fœtus, et surtout par la forme de l’utérus et son mode de développement aux diverses époques de la grossesse : « Si l’on réfléchit, dit-il, que l’utérus se développant dans les six premiers mois aux dépens de son fond, est très évasé à la partie supérieure, très étroit au contraire dans son segment inférieur, ne voit-on pas que l’extrémité pelvienne qui, dans l’état de pelotonnement où se trouvent les membres inférieurs, constitue une masse beaucoup plus volumineuse que la tête, doit se loger tout naturellement dans le point le plus éloigné de l’organe, c’est-à-dire vers le fond, et par conséquent la tête se porter vers le col? Sans aucun doute, dans les trois derniers mois, la partie inférieure s’évase presque autant que le fond de la matrice, mais alors la longueur verticale est trop considérable pour qu’il puisse traverser le diamètre transversal de l’utérus et à moins de circonstances exceptionnelles, il reste forcément dans la position qu’il avait d’abord prise.... En un mot, le fœtus renfermé dans un vase clos sans cesse agité par des mouvements doit, non pas instinctivement, mais mécaniquement, être placé dans la position où les parties les plus volumineuses correspondent aux points les plus spacieux de l’organe. »

Tarnier, qui admet que le fœtus s’accommode à la cavité utérine pendant la grossesse, pense que c’est aux mouvements actifs qu’est due la fréquence des présentations de l’extrémité céphalique : « Le fœtus placé obliquement ou transversalement dans un utérus de forme ovale se trouve pressé par les parois utérines ; il réagit contre cette pression qui le gêne

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