DE L’INVERSION UTÉRINE
L’inversion ne doit pas être toujours mise au compte d’une intervention intempestive. On a cité des faits dans lesquels les efforts de la femme ont été suffisants pour amener brusquement une inversion complète.
D’autrefois il semble que l’utérus joue lui-même un rôle actif dans la production de l’inversion. Le fond de l’organe inerte est saisi par les contractions du reste de l’organe qui le poussent vers le col.
Symptômes. — L’inversion utérine s’accompagne de symptômes locaux et de troubles généraux.
L'hémorrhagie est presque constante :
qu’elle précède, accompagne ou suive le renversement.
Elle est parfois modérée, souvent très abondante et, si l’on n’intervient pas, rapidement mortelle.
La main posée sur la région hypogastrique ne rencontre pas le globe utérin.
La percussion de cette région ne révèle que la sonorité intestinale.
Chez une femme à parois abdominales minces et souples on peut sentir une dépression en cul de fiole (Mauriceau) si l’inversion est incomplète. Profondément dans l'excavation, quand l’inversion est complète, le segment inférieur ou même le col donnent la sensation de bourrelet plissé irrégulièrement.
Le doigt en pratiquant le toucher rencontre le fond de l’utérus au-dessus du col, ou déjà engagé dans le vagin. Dans ce dernier cas, la portion vaginale du col forme autour de la partie inversée un bourrelet circulaire (fis- 270).
Le fond de l’utérus forme une tumeur à base inférieure arrondie, à sommet supérieur.
Si le placenta est encore adhérent, on le reconnaît aux caractères de sa face fœtale qu’on a sous le doigt. S’il est enlevé, l’utérus donne au doigt la sensation d’une surface tomenteuse, irrégulière.
Le vagin conserve sa longueur tant que l’inversion est incomplète. Il est raccourci dans l’inversion complète.
Le toucher manuel est souvent nécessaire pour reconnaître les rapports du col avec la partie inversée, lorsque l’inversion est complète.