‹ Précis d'obstétrique (volume 2)Chapitre 200 sur 317 · COLIQUE HÉPATIQUE ET GROSSESSE · texte numérisé non relu

COLIQUE HÉPATIQUE ET GROSSESSE

à leur formation. — Quelquefois c’est sous l’influence du travail, et en particulier des efforts de la femme qu’un calcul s’engage dans le canal cystique.

La colique hépatique est une manifestation de l’arthritisme : elle survient chez les femmes qui en présentent déjà certaines manifestations ou chez d’autres pour lesquelles la grossesse, avec ses tendances congestives, est une cause d’appel pour l’arthritisme (H. Huchard).

La symptomatologie de la colique hépatique est trop connue pour la rappeler ici ; son apparition chez une femme enceinte ou accouchée donne lieu à des erreurs de diagnostic. Pendant la grossesse , on peut confondre la colique hépatique, surtout la forme pseudo-gastralgique avec dé la gastralgie qui naît soit immédiatement après l’ingestion d’un aliment, soit quand l’aliment ingéré est d’une nature irritante pour la muqueuse.

Le diagnostic avec la colique néphrétique ne présente rien de particulier chez la femme enceinte; une erreur plus importante à éviter est de prendre pour un début de travail , à terme ou prématuré, les douleurs vives, avec exacerbations, dont se plaint la femme;* il suffit pour éviter l’erreur de mettre la main sur l’utérus au moment où la femme accuse une douleur vive et de s’assurer qu’il n’y a pas de contraction utérine; le toucher permet en outre de constater qn’il n’y a aucun des phénomènes physiologiques précurseurs du travail. Enfin les douleurs ont un siège plus élevé que celles dues à la contraction utérine.

On pourrait croire à une péritonite , surtout pendant les suites de couches, c n raison de la douleur abdominale, du ballonnement du ventre, des vomissements, du hoquet : « On trouvera les éléments du diagnostic différentiel dans le pouls , qui dans la colique hépatique est plutôt lent et vibrant, tandis que dans la péritonite il est fréquent, petit, serré; dans l’absence ou le faible degré d’élévation thermique; dans la douleur, moins exquise, moins superficielle, exclusivement limitée ou plus accusée à la zone sus-ombilicale et surtout cystique, tandis que dans la péritonite elle est ou généralisée ou prédominante dans la zone sous-ombilicale, du côté de l’utérus ou des annexes » (P. Le Gendre).

Le pronostic de la colique hépatique survenant dans l’état puerpéral est généralement très bénin ; malgré l’intensité des phénomènes douloureux, la grossesse suit son cours. Ce n’est que dans les cas où survient de l’ictère, en même temps que des symptômes de cholécystite et d’angiocholite, que la vie de la femme peut être en danger.

Le traitement immédiat consiste à calmer la douleur à l’aide d’une injec-

PATHOLOGIE DE LA GROSSESSE

tion sous-cutanée de morphine, d’une potion de chloral et d’un régime alimentaire destiné à combattre la lithiase biliaire. Plus tard on prescrira un traitement hygiénique (marche, exercice au grand air, etc.). D’après P. Le Gendre, le régime comprend une alimentation carnée modérée, l'abstention du jaune d’œuf, de boudin, de cervelle, de tomates, d’oseille, l’usage réservé du sucre et des farineux, l’usage modéré de la graisse, l’abondance des légumes verts et des fruits. Le Gendre conseille en outre, 1° une heure avant les deux principaux repas un paquet de 1 gr. 50 de bicarbonate de soude dans un verre d’eau; 2° au milieu des repas, 2 perles d’éther et 2 perles de térébenthine ou autant de perles d’éther amylvalérianique. La grossesse non plus que l’état de nourrice (Tarnier) ne contr’indiquent le traitement à Vichy (Villemin).

Ictère. — On distingue trois variétés d’ictère pouvant survenir chez la femme enceinte : 1° l’ictère simple; 2° l’ictère grave; 5° l’ictère épidémique.

1° Ictère simple. 11 peut survenir «à toute époque de la grossesse, mais n’est pas très fréquent. En dehors des causes ordinaires (catarrhe gastro-duodénal, obstruction des voies biliaires, etc.), l’ictère qui se développe chez la femme enceinte provient de la congestion du foie (Tarnier, Peter). Le pronostic de l’ictère simple est généralement bénin pour la femme, mais peut être dangereux pour le fœtus en amenant sa mort ou son expulsion prématurée. Quelquefois l’ictère simple se transforme en ictère grave.

2° Ictère grave. La grossesse y prédispose, puisque, sur 51 cas d’ictère grave, Frerichs a trouvé 22 femmes dont 11 étaient enceintes.

L’ictère est rarement grave d’emblée ; il succède habituellement «à l’ictère simple ; nous n’avons pas à rappeler sa symptomatologie ni son anatomie pathologique; dans un certain nombre de cas, on trouve les lésions de l’atrophie jaune aiguë ; d’autres fois il existe en outre les lésions du mal de Briglit chronique (Virchow, Braun).

Le pronostic est presque toujours fatal pour la mère et pour l’enfant.

Le traitement de l’ictère simple et de l’ictère grave ne présente rien de particulier chez la femme enceinte ; la seule question qui se pose parfois est celle de l’avortement ou de l'accouchement prématuré. Il faut chercher, dès l’apparition de l’ictère, à assurer uue antisepsie intestinale minutieuse en donnant le benzonaphtol, par exemple, à la dose de 2gr. 50 par jour en 5 cachets).

5° Ictère épidémique. — Un certain nombre d’épidémies d’ictère ont été

Page 1