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ANOMALIES DU CORDON OMBILICAL

Quand, pendant la grossesse, les phénomènes de compression deviennent inquiétants, lorsqu’ils ne s’amendent pas sous l’influence du repos et du régime lacté, lorsque surtout ils augmentent, il faut interrompre le cours de la grossesse, quelle que soit l’époque à laquelle se produisent les accidents. La méthode qui s’impose ici, c’est la déplétion rapide de l’utérus, que l’on réalise en ponctionnant les membranes au niveau du col ; le liquide amniotique s’écoule, et le plus souvent la femme entre bientôt en travail. Si celui-ci tardait à se déclarer ou si le liquide amniotique se reformait rapidement en grande quantité, il faudrait rompre à nouveau largement les membranes et recourir à l’un des moyens usités pour provoquer l’accouchement.

Dans quelques cas rares, la ponction de l’œuf a été faite par la voie abdominale; ce n’est point toujours à la suite d’une erreur de diagnostic, mais plutôt par suite d’un embarras de diagnostic. L’un de nous a rapporté une observation prise à la Maternité de Lariboisière, dans un cas où Pinard pratiqua ainsi la ponction de l’œuf à travers la paroi abdominale parce que la distension de l’abdomen ne pouvait être attribuée d’une manière certaine à l’hydramnios. Les membranes n’étaient en effet que peu tendues au niveau du segment inférieur. Au cours de l’opération on vit qu’il s’agissait d’une grossesse gémellaire avec hydropisie de l’œuf qui n’était point en contact avec le segment inférieur. La femme guérit, mais accoucha quelques jours plus tard.

Au moment du travail, l’hydramnios crée une indication spéciale : il faut rompre les membranes de manière que l’utérus ne soit plus surdistendu et que sa contraction devienne efficace. Sous l’influence de cette surdistension, l’utérus se contracte en effet d’une façon irrégulière et peut même se contracturer, se tétaniser : le travail alors ne progresse pas. La rupture artificielle des membranes a un autre avantage : elle permet, en appliquant la main sur la vulve comme l’a conseillé Tarnier, de régler à volonté l’écoulement du liquide, dont l’issue trop brusque pourrait entraîner avec lui le cordon ou un petit membre, d’autant mieux que le plus souvent ce n’est qu’après l’évacuation du liquide que la partie fœtale s’engage.

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