BASSINS VICIÉS PAR SPONDYLOLISTHÉSIS
La spondylolisthésis («covSuagç, vertèbre, oXigôyjgiç, glissement) consiste dans le glissement d’un segment de la colonne vertébrale sur le segment inférieur; ce glissement a lieu surtout à l’union des parties lombaire et sacrée de la colonne vertébrale, amenant ainsi des déformations très importantes au niveau de la partie supérieure de l’excavation.
C’est Kilian (de Bonn) qui, en 1855, décrivit le premier ce mode de viciation du bassin due à un glissement vertébral et proposa le nom de spondylolisthésis; l’interprétation en avait échappé à Rokitansky qui avait décrit deux bassins de cette catégorie, mais avait considéré cette déformation comme une cyphose de la partie inférieure de la colonne vertébrale. Après Kilian, Breslau (1855), Schrœder décrivirent plusieurs bassins ainsi malformés; en 1880 Neugebauer put réunir 15 cas avec pièces anatomiques; depuis cette époque il put faire à diverses reprises le diagnostic de bassin spondylolisthésique sur la femme vivante; c’est grâce à ses travaux que, depuis quelques années, l’étude de ces bassins est mieux faite.
Description. — La principale lésion du bassin vicié par spondylolisthésis consiste dans le glissement de la colonne vertébrale et plus particulièrement de la cinquième lombaire qui vient faire saillie à la partie supérieure de l’excavation. Ce glissement entraîne d une part une exagération de la lordose lombaire et produit d’autre part une bascule en arrière de la base du sacrum dont l’extrémité inférieure se rapproche de la symphyse.
Ce mouvement de bascule du sacrum entraîne d’autres déformations du bassin : les crêtes iliaques s’éloignent l’une de l’autre, tandis que les tubérosités sciatiques se rapprochent. Le bassin est moins haut et prend la forme en entonnoir analogue à celle du bassin cvphotique.
En examinant la femme debout, on constate que le thorax et les membres sont normaux, tandis que l’abdomen est très court : les fausses côtes reposent presque sur les crêtes iliaques. Le ventre est en besace recouvrant le mont de Vénus, l’appendice xiphoïde est rapproché du pubis. Par derrière, on voit que les fesses sont aplaties, les hanches très saillantes; l’extrémité supérieure du sacrum proémine si fortement en arrière