‹ Précis d'obstétrique (volume 2)Chapitre 258 sur 317 · DYSTOCIE DES PARTIES MOLLES · texte numérisé non relu

DYSTOCIE DES PARTIES MOLLES

Ce chapitre comprend non seulement l’étude des obstacles maternels — autres que les viciations pelviennes — qui empêchent la progression du fœtus, mais encore l’étude des anomalies que l’on constate dans la contraction utérine ou dans les efforts que fait la femme pour expulser le fœtus.

Nous allons successivement passer en revue l’influence :

1° Des anomalies qui surviennent dans la contraction utérine (inertie) ou dans les efforts que fait la femme au moment de la période d’expulsion ;

2° De la dystocie causée par le col (rigidité) et par les tumeurs les plus communes de l’utérus, cancer et fibromes;

5° Des tumeurs de voisinage, et en particulier des kystes de l’ovaire;

4° Des tumeurs du vagin et de la vulve ;

5° Des arrêts de développement ou plutôt des malformations de l’utérus et du vagin.

1° Des anomalies qui surviennent dans la contraction utérine.

— Elles sont nombreuses, et leur variété même empêche d’en donner une description précise. Il est bien difficile de dire quand l’utérus se contracte d’une manière insuffisante ou exagérée-, pour chaque femme l’utérus a presque une manière particulière de se contracter; tantôt les contractions utérines sont fortes et rapprochées, tantôt au contraire elles ont une intensité moindre et sont plus espacées, mais si l’accouchement traîne en longueur, est-ce le défaut ou l’insuffisance de la contraction utérine qui en est réellement la cause?

Avant de l’affirmer, il faut s’assurer qu’il n’y a point d’anomalie du côté de la partie fœtale qui se présente, ni du côté du bassin.

Les auteurs divisent les anomalies provenant de la contraction utérine en trois groupes suivant que cette contraction est exagérée , diminuée ou irrégulière .

1° Contractions utérines exagérées. — L’exagération des contractions utérines peut porter sur leurs différents caractères ; tantôt les contractions sont intenses, prolongées, douloureuses, tantôt elles restent normales à «es différents point de vue, mais elles se suivent à intervalles beaucoup

DYSTOCIE.

trop rapprochés. L’utérus se contracte d’une manière presque incessante; les douleurs se suivent avec une telle rapidité qu’il n’y a plus pour la femme un seul instant de calme, de repos; et elles amènent un état de surexcitation douloureuse telle qu’on a beaucoup de peine à maintenir la femme au lit.

Cet état ne dure généralement pas longtemps; lorsqu’il existe, en effet, il ne tarde pas à produire l'expulsion rapide du fœtus; ce qui n’est pas sans inconvénient pour l’intégrité du col et du périnée.

Cette exagération de la contraction utérine est également mauvaise pour le fœtus : la circulation fœto-placentaire se trouve profondément troublée, d’autant qu’elle ne peut se rétablir puisqu’il n’y a pas de période d’accalmie. L’enfant naît souvent en état de mort apparente et quelquefois même il ne peut être ranimé. Sa vitalité peut être d’autant plus facilement compromise que l’auscultation est rendue impossible par l’état de contraction permanente de l’utérus.

Les contractions exagérées amènent une déplétion brusque de l’utérus qui peut être suivie d’inertie du muscle; tantôt la contraction persiste et le placenta est rapidement expulsé; mais si l’utérus ainsi surmené ne se rétracte pas suffisamment, on observe une hémorrhagie plus ou moins abondante. Tantôt au contraire, après cette expulsion rapide du fœtus, le muscle utérin ne se contracte pas suffisamment pour produire le décollement et la sortie du placenta; cet état nécessite la délivrance artificielle.

Dans certains cas, non seulement le muscle utérin ne se contracte pas, mais il ne se rétracte pas suffisamment : d’où résulte une hémorrhagie plus ou moins abondante. A l’exagération des contractions a succédé une inertie complète.

Que convient-il de faire au cours du travail chez une femme qui présente cet excès de contraction utérine? Dans la pluralité des cas, il n’y a rien à faire que d’exhorter la femme à la patience en lui faisant observer que plus les contractions sont fortes et rapprochées, plus le travail sera rapide; on l’engage à modérer ses efforts au moment de la période d’expulsion.

Si cependant ce travail trop rapide détermine des douleurs trop intenses, si la femme surexcitée par cet état douloureux devient indocile, il y a intérêt à lui administrer du chloroforme à dose analgésique pour modérer l’intensité de la douleur; la marche du travail en est facilitée.

2° Faiblesse et irrégularité des contractions utérines. — Chez certaines femmes l’utérus ne se contracte pas suffisamment ou se contracte d’une manière irrégulière ; le travail est lent (tœdious labor des Anglais), [irrégulier.

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