‹ Précis d'obstétrique (volume 2)Chapitre 259 sur 317 · FAIBLESSE DES CONTRACTIONS UTÉRINES · texte numérisé non relu

FAIBLESSE DES CONTRACTIONS UTÉRINES

Tantôt il y a seulement un intervalle trop grand entre deux contractions; tantôt les contractions se suivent d’une manière irrégulière. Pendant une heure ou deux les contractions utérines existent, puis elles se suppriment plus ou moins complètement pendant un certain temps. Le travail reste stationnaire ; l’effacement et la dilatation du col se font avec une lenteur désespérante.

Dans un certain nombre de cas, cette paresse de l’utérus n’est que secondaire; la partie fœtale, appuyant mal sur l’orifice utérin, le réflexe qui produit la contraction utérine n’est point suffisant; ce défaut de pression de la partie fœtale sur l’orifice utérin tient soit à un rétrécissement du bassin, soit à la présence du plapenta sur le segment inférieur; la rupture prématurée des membranes* qui reconnaît souvent cette dernière cause, agit encore d’une autre manière en empêchant la formation de la poche des eaux.

Nous ne pouvons passer ici en revue toutes les causes qui rendent l’accouchement très long; d’ailleurs il est certaines femmes dont l’utérus se contracte mal soit par suite d’une structure particulière du muscle utérin, soit par suite d’une sorte d’innervation faible. On observe assez souvent ces particularités chez des femmes fortes, grandes, plus ou moins obèses et qui mettent quarante, cinquante, soixante heures et même plus pour accoucher.

Le pronostic du travail long pour la mère n’est pas sérieux ; ces femmes à travail lent sont un peu plus exposées que d’autres parce que le toucher vaginal est pratiqué plus souvent et qu’il est parfois nécessaire de terminer l’accouchement; mais en réalité, si l’antisepsie est bien faite, la femme ne présente point d’élévation de température pendant les suites de couches. — Quant au fœtus, dans nombre de cas, le travail lent n’atteint en aucune façon sa vitalité ; dans certains cas cependant, surtout lorsque l’œuf est ouvert, on voit peu à peu le liquide amniotique se colorer par le méconium ; les bruits du cœur se modifient ; on est obligé d’intervenir. n

La conduite à tenir, dans les cas où les contractions utérines sont lentes et espacées, est d’user de beaucoup de patience : rassurer la femme et l’entourage sur l’issue de Taccouchement, lui montrer qui si ses douleurs sont prolongées, .elles sont en revanche peu intenses. Lorsque la dilatation est déjà un peu avancée, il est parfois utile de rompre les membranes; mais c’est un moyen dont il faut user avec prudence; car le trar vail peut en être retardé.

On a abandonné complètement Y ergot de seigle et même l’électricité ; le seul traitement efficace consiste à employer les injections vaginales

DYSTOCIE.

avec de l’eau antiseptique à 48 degrés. Les injections ainsi pratiquées, alors que la femme est en travail, excitent la contraction utérine, en augmentent l’intensité et la fréquence.

Dans certains cas, où la dilatation reste trop stationnaire, on peut employer, s’il y a indication, le ballon Champetier ou l’écarteur Tarnier.

Des anomalies de l’effort. — Pendant toute la période de dilatation, la femme n’a pas à intervenir et ne doit pas intervenir volontairement par l’effort ; la dilatation progresse d’une manière réflexe par suite des contractions utérines.

Dans certains cas où la tète est profondément engagée avant que la dilatation ne soit complète, la pression qu’elle exerce sur le bassin mou incite d’une manière réflexe la femme à pousser; cet effort prématuré n’est pas sans inconvénient. L’action des muscles abdominaux venant se joindre à celle du muscle utérin, triomphe trop rapidement de la résistance offerte par rorifice utérin, qui se déchire quelquefois dans une assez grande étendue : aussi ne faut-il jamais laisser la femme faire des efforts et pousser, sans s’ètre assuré que la dilatation est suffisante ou mieux complète.

Dans certains cas, la contraction des muscles abdominaux, Yeffort n’est pas prématuré, mais il est trop énergique; c’est surtout chez les femmes qui ont une exagération de la contraction utérine que l’on observe ce phénomène : il a pour résultat de produire l’accouchement trop rapide avec ses conséquences. — Habituellement elles n’ont guère d’importance : la femme a passagèrement un peu d’accélération du pouls, un peu d'anbélation ; quelquefois l’utérus, trop rapidement débarrassé de son contenu, se contracte mal ; d’où hémorrhagie qui distend la cavité utérine.

Dans certains cas, exceptionnels sous l’influence des efforts exagérés de la femme, on a noté de Y emphysème sous-cutané , qui se produit au niveau de la région du cou, par suite de la rupture des vésicules pulmonaires. Cet emphysème peut s’étendre à la partie inférieure de la face, au niveau du thorax : on le reconnaît à la crépitation gazeuse que l’on sent en promenant le doigt sur les régions envahies. C’est un accident qui s’observe plutôt chez les primipares que chez les multipares : il est généralement sans gravité; l’emphysème disparaît au bout de 5 à 0 jours. Ce n’est que lorsqu’il reste localisé au poumon que l’on peut observer des' phénomènes graves d’asphyxie.

Plus rares encore que cet emphysème sont les fractures du sternum que l'on a observées à la suite des efforts de l’accouchement.

Au lieu d’observer l’exagération de l’effort, il est plus commun de voir

Page 1