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MALFORMATIONS DE L’UTÉRUS ET DU VAGIN

se pratique habituellement le coït. C’est par ce conduit vaginal qu’est expulsé, généralement avant terme, le produit de conception. La cloison vaginale se trouve seulement refoulée sur le côté, et n’oppose aucun obstacle à la sortie du fœtus.

b) . Si la cloison vaginale est incomplète, et si la partie fœtale vient buter contre sa partie supérieure, on l’incise, au moment du travail, lorsqu’elle paraît épaisse, résistante et qu’elle gêne la progression du fœtus.

c) . Lorsqu’il existe seulement des brides falciformes, incomplètes dans le vagin, elles cèdent le plus habituellement sans difficulté au moment de la période d’expulsion.

Malformations utérines. — 1° Utérus unicorne. La grossesse est possible et peut même aller à terme, ainsi que le prouvent les observations de Chaussier et d’Everard-Home.

Le Fort a distingué deux variétés d’utérus unicorne : une première dans laquelle un des tubes est atrophié sur toute son étendue, l’autre dans laquelle le canal de Müller s’est seulement atrophié au niveau de l’utérus ; en réalité cette dernière variété représente un utérus bicorne dont l’une des moitiés est restée rudimentaire.

Est-il possible de reconnaître l’existence de l’utérus unicorne? Oui, d’après Schrœder, si l’utérus augmenté de volume se dirige en formant un arc, et en se terminant par en haut en pointe vers la crête iliaque de l’un des côtés et si l’exploration combinée, interne et externe, permet de reconnaître de l’autre côté une petite tumeur adhérente à l’utérus par un court pédicule.

2° L 'utérus didelphe ne présente guère d’intérêt au point de vue obstétrical : les principaux faits ont été observés chez des petites filles ayant des malformations utérines multiples, et ayant succombé peu de temps après la naissance.

Presque toutes les observations d’utérus didelphe existant chez des adultes doivent plutôt rentrer dans la classe des utérus bicornes.

3° Utérus bicorne. Les deux tubes de Müller, réunis au niveau du col, s’écartent à la partie supérieure : il existe deux cornes utérines isolées à droite et à gauche, et qui sont nettement distinctes.

Lorsque l’utérus est bicorne, l’une des cornes est généralement moins développée que l’autre; la conception peut avoir lieu dans les deux cornes ; aussi la marche de la grossesse est-elle différente suivant que la corne gravide est plus ou moins développée; l’accouchement à terme ou près du terme s’observe d’autant mieux que la corne utérine peut atteindre un plus grand développement.

Ainsi chez certaines femmes, ayant l’utérus bicorne, la grossesse va

DYSTOCIE.

jusqu’à terme lorsque le fœtus se développe dans la corne droite, tandis que l’avortement survient lorsque l’œuf est situé dans la corne gauche. Goutermann a ainsi rapporté l’observation d’une femme chez laquelle les neuf grossesses de la corne droite se sont terminées par avortement, sauf une où l’expulsion eut lieu à 7 mois; au contraire les trois grossesses de la corne gauche ont évolué jusqu’à terme.

Lorsque la grossesse évolue dans une corne utérine suffisamment développée, l’accommodation du fœtus ne se fait pas d’une façon normale, l’utérus n’ayant pas la forme ovoïde. Aussi les présentations vicieuses du siège, de l’épaule, sont-elles communes.

Au moment de l’accouchement, la présence de la corne vide, mais hypertrophiée, peut venir gêner l’engagement du fœtus, en oblitérant une partie du bassin. Müller et Borinski ont rapporté deux faits de cette nature.

Dans certains cas l’une des cornes utérines ne communique ni avec le vagin, ni avec l’autre corne, et cependant elle peut devenir gravide; d’après Kussmaul, l’orifice de communication entre les deux cornes a existé, mais a disparu sous l’influence de la grossesse. Les observations de Schrœder ont cependant montré que l’orifice de communication peut réellement faire défaut et la fécondation avoir lieu par la voie péritonéale : un spermatozoïde passe à travers la corne bien développée et va féconder un ovule provenant de l ovairc correspondant; cet ovule fécondé est recueilli par la trompe du côté opposé qui le conduit dans la corne rudimentaire (migration externe de l’œuf). Dans d’autres cas, c’est le spermatozoïde qui chemine ainsi sur le péritoine, et va féconder un ovule du côté opposé (migration externe du sperme).

La marche de la grossesse dans une corne ainsi rudimentaire ressemble beaucoup à la marche de la variété tubaire de la grossesse extra-utérine : la rupture se produit généralement entre le 4e et le 5e mois : quelquefois la rupture est plus précoce ; elle peut manquer.

C’est ce qui s’observe lorsque le fœtus succombe; il peut survenir des phénomènes de faux travail avec expulsion de la caduque normalement développée. Le fœtus subit toutes les transformations que nous avons décrites à propos de la grossesse extra-utérine.

Le diagnostic de la grossesse développée dans une corne rudimentaire est presque impossible à faire avec la grossesse extra-utérine ; il présente même des difficultés à l’autopsie. Toutefois l’insertion du ligament rond est alors un précieux point de repère : dans l’utérus bicorne, elle a lieu en dehors du sac fœtal ; dans la grossesse tubaire, elle est située entre l’utérus et le sac fœtal.

4° Utérus biloculaire. — C’est celui dans lequel la cloison de sépara-

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