FORCEPS SUR LE SOMMET EN POSITION DROITE (VARIÉTÉ POSTÉRIEURE
qu’à ce qu’on atteigne, comme l’a conseillé Tarnier, l’oreille et la portion latérale droite de la tête.
Lorsqu’il s’agit d’une position gauche , variété postérieure , il est préférable d’introduire la main droite : c’est elle qui produit le plus facilement la mutation en gauche transversale ou antérieure ; de plus, lorsque cette évolution est accomplie, la main est tout naturellement placée déjà pour servir de main guide à la branche gauche qui, tenue de la main gauche, va être introduite la première.
Les mêmes remarques permettent de comprendre que, lorsque la tête est en position droite , variété postérieure , c’est la main gauche qu’il faut introduire pour faire exécuter le mouvement de rotation et guider la cuiller droite tenue de la main droite. Ainsi, d’après cette méthode, l’application de forceps pour une gauche postérieure se réduit à l’application faite pour une gauche transversale ; l’application pour une droite postérieure revient à faire une application en droite transversale.
A notre avis, cette pratique est bonne et doit être suivie dans tous les cas. Cependant, pour ré ondre à la critique de ceux qui objectent que, dans certains cas exceptionnels, soit par suite du volume delà tête fœtale, soit par suite d’une énorme bosse séro-sanguine, il peut être impossible d’obtenir le mouvement de rotation avec la main, nous allons décrire rapidement l’application de forceps classique pour chacune des deux variétés postérieures en commençant par la droite, la plus fréquente.
Application du forceps sur le sommet en position droite, variété postérieure. — La suture sagittale est dans le plan diamétral gauche, les deux cuillers du forceps doivent être appliquées suivant le plan diamétral droit (fig. 439) dont la partie postérieure se trouve à gauche et en arrière: c’est donc la branche gauche qui doit être placée la première.
1er Temps. Introduction de la main droite et recherche de l’oreille. — Main droite introduite doucement sur la partie latérale droite de la face, puis du pariétal : l’oreille est sentie facilement ; l’angle du pavillon est orienté en arrière.
2e Temps. Introduction et placement de la cuiller gauche. — La branche gauche, tenue de la main gauche, glisse sur la main droite et va s’appliquer en avant de l’oreille droite, le bord concave de la cuiller regarde la partie antéro-latérale gauche du bassin où se trouve la face du fœtus.
3e Temps. Introduction de la main gauche et placement de la cuiller droite. — Tenue de la main droite, la branche droite peut être introduite et placée de deux manières différentes. Suivant la règle adoptée, la main gauche pénètre péniblement vers la partie postérieure droite de
OPÉRATIONS OBSTÉTRICALES.
F excavation; péniblement, parce que la grosse extrémité de la tête se trouve logée là, à droite et en arrière.
La cuiller droite est glissée sur la main gauche et pénètre tant bien que mal assez profondément, puis est ramenée en avant pour se placer symétriquement par rapport à la branche gauche qui sert de point de repère.
Ou bien, la main est glissée de champ sur la partie latérale droite du bassin ; la branche droite est glissée sur la main et mise directement en place.
4e Temps. Articulation. — L’articulation ne présente aucune difficulté, la branche gauche se trouvant au-dessous de la droite ; la partie étroite du pivot est au niveau de la mortaise.
5 Temps. Extraction du fœtus. — Comme nous Lavons vu, les mouvements imprimés au manche diffèrent suivant qu’on veut exécuter un petit mouvement de rotation ramenant l’occiput directement en arrière ou suivant qu’on le ramène en avant par un mouvement de rotation étendu.
Dans le premier cas, le petit mouvement de rotation des manches décrit un petit arc de cercle de gauche à droite et de bas en haut. La tête est alors en occipito-sacrée et doit être dégagée suivant le manuel opératoire décrit p. 1145.
Dans le grand mouvement de rotation la tête fœtale, avant d’arriver à la position directe antérieure (occipito-pubienne), doit passer successivement par les positions intermédiaires : droite transversale, droite antérieure. En d’autres termes, l’angle de l’occiput partant de la symphyse sacro-iliaque droite doit successivement cheminer de gauche à droite et d’arrière en avant. Les manches de l’instrument décrivent donc une très grande circonférence suivant une flèche orientée d’abord de bas en haut, puis redescendant de haut en bas et de droite à gauche.
Le forceps est alors appliqué à l’envers par rapport au bassin, la concavité des cuillers tournée en arrière (fig. 432). Si la tête fœtale n’est pas trop volumineuse, elle peut être dégagée dans cette attitude; la flexion de la tète étant suffisante, on relève peu à peu les manches, mais en se rappelant que l’extrémité postérieure des cuillers, si elle déborde la tête, est toute prête à léser la paroi postérieure du vagin.
Ce dégagement ne peut guère être fait sans danger avec un forceps à longues cuillers comme le Levret : il est plus facile avec le forceps Tarnier. Si, toutefois, l’extrémité. des cuillers vient appuyer fortement sur la paroi vaginale postérieure, il est plus prudent de désarticuler l’instrument et de retirer les deux branches. On peut alors ou bien laisser à la femme le soin de terminer l’expulsion du fœtus, ou bien refaire une application