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DES INFECTIONS OMBILICALES CHEZ LE NOUVEAU-NÉ

une zone rougeâtre qui envahit peu à peu la paroi abdominale ; la teinte rouge de la peau est moins accusée que dans l’érysipèle de l’adulte, il en est de même du bourrelet qui se trouve à la périphérie de la plaque érysipélateuse. Dans certains cas, le tissu cellulaire sous-cutané s’enflamme et l’érysipèle devient phlegmoneux. Cette forme est plutôt favorable pour le pronostic. Trousseau, Bouchut, etc., avaient constaté la guérison d’érysipèles par formation d’abcès. La bactériologie nous explique ce qu’a constaté depuis longtemps la clinique, car, lorsqu’il y a suppuration, il y a réaction phagocytaire.

D’autres fois, la peau est frappée de sphacèle, elle prend une teinte livide, elle se couvre de phlyctènes bientôt suivies d’eschares, qui se détachent par lambeaux, lorsque la vie du petit malade se prolonge (Picot et d’Espine). La température est généralement très élevée, sans rémission notable. Achalme donne le nom de sous-cutané à cet érysipèle périombilical et l’assimile à l’érysipèle chirurgical.

B. Lymphangite. — Dans certains cas, il existe seulement une lymphangite superficielle qui se traduit par une rougeur limitée sans retentissement sur l’état général. La rougeur diminue et disparaît en quelques jours et la cicatrisation de la plaie ombilicale se fait d’une façon normale.

C. Vomphalite est caractérisée par une inflammation de l’ombilic qui s’accompagne de phlegmon des régions voisines. Tantôt ce phlegmon est peu étendu, tantôt il peut envahir en superficie et en profondeur toute la paroi abdominale et déterminer même de la péritonite. Dans certains cas les vaisseaux ombilicaux s’enflamment et une infection générale se produit. Le pronostic dépend de l’étendue des lésions et du retentissement de cette variété d’infection sur l’état général.

D. La gangrène et Y ulcère de l’ombilic s’observaient assez souvent jadis dans les Maternités : le cordon se sphacélait d’abord (gangrène humide), puis il se produisait consécutivement de la gangrène de la peau avoisinante par suite de thromboses qui survenaient dans les capillaires nourrissant les téguments. Dans certains cas, c’est à la suite d’une inflammation de la région péri-ombilicale que la peau se nécrosait; la gangrène existait alors sans sphacèle primitif du cordon. Les parties mortifiées qui s’éliminaient laissaient à leur place des pertes de substance plus ou moins considérables qui mettaient un long temps h se cicatriser et exposaient le nouveau-né aux infections générales.

Les lésions des vaisseaux ombilicaux peuvent s’observer dans ces diverses variétés d’infection ; l’artérite est beaucoup plus fréquente que la phlébite ; elle atteint habituellement les deux artères qui se présentent sous forme de cordons durs, de coloration brunâtre; elle présente cet

PATHOLOGIE DU NOUVEAU-NÉ

aspect jusqu’au niveau de la vessie. Le tissu conjonctif péri-vasculaire est très enflammé. Dans les vaisseaux on trouve une thrombose adhérente, rougeâtre à la périphérie, puriforme au centre.

Les lésions de la veine sont de même nature que celles des artères, elles ne dépassent pas la veine porte.

Lorsqu’il existe des lésions des vaisseaux, on peut observer des foyers infectieux au niveau des différents viscères de l’économie (foie, poumons, rate, reins, etc.).

Aussi, le pronostic des infections ombilicales, relativement bénin tant qu’elles restent limitées à la région ombilicale, devient-il grave quand il existe des lésions importantes des vaisseaux.

Le véritable traitement des infections ombilicales est prophylactique ; c’est en favorisant la momification rapide du cordon et en pansant avec soin la plaie qui persiste après sa chute qu’on évite les infections graves qu’on observait autrefois. Les pansements humides, ou avec les corps gras, sont complètement abandonnés; le pansement sec, avec de l'ouate aseptique, est de beaucoup préférable. Il y aurait lieu de rechercher si la cicatrisation aseptique de la plaie ombilicale n’est pas réalisée d’une manière plus sûre avec de l'ouate imbibée de glycérine et maintenue par plusieurs tours de bandes de tarlatane.

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