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PORTION EXTRA-EMBRYONNAIRE. CORDON OMBILICAL

Le cordon ombilical (tige funiculaire ) est une tige arrondie, vasculaire qui se rend du placenta à l’ombilic du fœtus.

Développement. — Ce n’est qu’après la formation de la vésicule allantoïde que le cordon se constitue, c’est-à-dire vers le vingtième jour après la fécondation; c’est tout d’abord une gaine large, recouverte par l’amnios et comprenant dans son épaisseur les pédicules de la vésicule ombilicale et la vésicule allantoïde ; peu à peu par suite de l’atrophie de la vésicule ombilicale, le cordon ne comprend plus à proprement dire

GROSSESSE OU GESTATION

que les vaisseaux allantoïcliens ou ombilicaux se rendant à la vésicule allantoïde; le cordon se resserre en partant du chorion pour aboutir à

l’ombilic; si ce resserrement n’est pas suffisant au niveau de l’ombilic, il se produit une hernie ombilicale congénitale.

Calibre. — A terme, le cordon ombilical a la grosseur du petit doigt ; son calibre varie d’ailleurs : il est tantôt grêle , tantôt volumineux; ce qui tient à la plus ou moins grande abondance de la gélatine de Wharton.

Sa surface est polie par suite du revêtement que lui forme l’amnios et irrégulière à cause des saillies formées par les sinuosités et l’enroulement des vaisseaux qui le constituent.

Longueur. — Sa longueur est variable, elle est en moyenne de 50 centimètres ; elle est parfois exagérée et atteint, exceptionnellement, 1 mètre, lm,50,2 mètres et même 5 mètres de longueur. Elle peut être au contraire au-dessous de la moyenne : le cordon n’a plus que 25,20, J 5 et même 10 centimètres ( brièveté naturelle du cordon).

Quelquefois le cordon, de longueur normale, se trouve raccourci par suite de son enroulement ( circulaires ) autour du cou ou même d’un membre du fœtus : c’est la brièveté accidentelle . Dans les cas exceptionnels où le cordon manque et où le fœtus est pour ainsi dire greffé directement sur le placenta, le fœtus présente des vices de conformation.

Insertion ombilicale. — Au niveau de l’insertion fœtale, ombilicale du cordon, la peau se relève et forme un petit repli de quelques millimètres, 1 centimètre qui s’unit sans interruption avec la gaine amniotique. Lorsque ce repli cutané

Fig. 58. — Fragment de cordon ombilical aux deux extrémités duquel on voit la coupe de la veine (V) et des deux artères ombilicales (A).

est accusé, il forme après la chute du cordon, un petit bourrelet saillant pris souvent à tort pour un commencement de hernie : il importe, en tout cas, au moment de la ligature du cordon, de ne point appliquer le fil au

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niveau de la peau, de crainte de produire du sphacèle et une plaie. Chez certains foetus monstrueux, le cordon aboutit à la tète ou à une partie quelconque du tronc au lieu de s’insérer à l’ombilic.

Insertion du cordon sur le placenta. — Le cordon s’insère d’autre part en un point variable de la surface fœtale du placenta : tantôt et le plus

Fig. 59. — Face fœtale du placenta. ' Insertion Fig. 60. — Face fœtale du placenta. Insertion du cordon au centre du placenta. marginale du cordon.

habituellement au centre (ms. centrale, fig. 59); tantôt près du bord ou tout à fait sur le bord (ins. marginale).

Parfois le cordon s’insère sur les membranes (ins. vélamenteuse, fig. 61), de telle sorte que les vaisseaux ombilicaux, au lieu d’ètre en un seul faisceau, cheminent séparément dans l’épaisseur des membranes avant d’arriver au placenta ; cette disposition anatomique peut faire commettre une erreur lorsque les vaisseaux du cordon se trouvent ainsi sur la poche des eaux, leurs battements peuvent être pris pour ceux du cordon faisant procidence ; en outre la rupture des membranes à ce niveau expose à la déchirure d’un vaisseau.

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Torsion. — Le cordon n’est pas simplement arrondi : il est tordu sur lui-mème (fig. 58) et le sens de la torsion est le plus souvent à gauche, en partant de l’ombilic vers le placenta, c’est-à-dire que la spirale qui représente la torsion part de la face antérieure du cordon sur la partie latérale gauche, passe en arrière du cordon à droite, et revient en avant

(Nœgelé, Tarnier , Neugebauer, Hecker). Le nombre de tours de spirale est variable ; il ya quelquefois trois, quatre, huit, dix et même quinze tours de spirale ; la torsion peut même être plus considérable et devenir pathologique. Dans d’autres cas, c’est à peine s’il y a un tour de spire. Les tours de spirales sont quelquefois mal accusés : il est alors difficile d’en déterminer le nombre et la direction.

La torsion consiste dans un enroulement des deux artères accolées autour de la veine moins sinueuse (Hyrtl et Ber ger); nombre d’hypothèses ont été émises pour donner la cause de cette torsion : mouvements giratoires de l’embryon , développement des vaisseaux plus rapide que celui de la gaine qui les contient ; volume de la veine plus grand que celui des artères ombilicales, développement plus grand d’une artère ombilicale formée par une artère iliaque primitive plus volumineuse.

Nodosités. — Outre l’enroulement des vaisseaux, le cordon présente parfois des nodosités plus ou moins régulières : elles sont dues soit à une accumulation de la gélatine de Wharton, soit à l’entortillement, à la saillie formée par un ou plusieurs de ces vaisseaux, quelquefois à ces deux causes réunies.

Nœuds. — En outre, on trouve parfois sur le cordon de véritables nœuds ; il peut même exister deux ou trois nœuds sur le même cordon ;

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ces nœuds sont simples ou compliqués ; ils n’ont d’importance que lorsqu’ils sont trop serrés et peuvent alors interrompre plus ou moins complètement la circulation dans le cordon et amener la mort du fœtus.

Structure. — Le cordon est formé de deux artères et d’une veine engainées dans Yamnios et entourées d’une substance muqueuse appelée longtemps gélatine de Wharton.

Les artères ombilicales cheminent côte à côte autour de la veine, en formant des tours de spire en nombre variable ; elles renferment des valvules constituées par l’épaisseur des parois repliées à leur intérieur ; à un certain nombre de ces valvules correspondent extérieurement des rétrécissements brusques du vaisseau; il existe cependant des valvules en dehors de ces points rétrécis.

C’est surtout au niveau de la partie contournée de ces vaisseaux et au voisinage du placenta que se trouvent les valvules ; elles ont la forme de replis semi-lunaires ; l’un des bords adhère au vaisseau et l’autre bord concave est libre ; les extrémités du croissant se réunissent parfois pour former une espèce de diaphragme percé plus ou moins près de son centre. Outre les rétrécissements qui existent sur les artères au niveau des valvules, elles présentent des parties rétrécies allongées en forme de collets ; dans leur intervalle on trouve au contraire des dilatations.

La veine est deux ou trois fois plus volumineuse que chacune des artères ombilicales ; son calibre est. régulier, ne présente ni dilatation ni rétrécissement ; cependant au niveau des valvules il existe généralement une dépression. Les valvules sont moins développées que dans les artères ; ce ne sont même pas réellement des valvules, mais plutôt de simples replis semi-lunaires (Berger), puisqu’elles ne peuvent pas fermer complètement la lumière du vaisseau.

Les anomalies des vaisseaux ombilicaux sont exceptionnelles ; cependant on trouve parfois deux veines au lieu d’une, ou bien un cordon formé d’une veine et d’une ou de trois artères. Les vaisseaux en nombre normal peuvent se bifurquer prématurément; tantôt cette bifurcation persiste jusqu’au placenta ; tantôt elle disparaît et le vaisseau se reconstitue en un tronc unique ; sur un cordon observé par Tarnier et Pinard, la veine et l’une des artères ombilicales s’étaient dédoublées sur un point de leur trajet et redevenaient uniques au-dessus et au-dessous de ce point.

La gélatine de Wharton est formée par du tissu conjonctif muqueux qui n’est autre que le tissu conjonctif allantoïdien ; d’après J. Renaut, le tissu muqueux du cordon est formé par un réseau de fibres conjonctives, tapissé de cellules plasmatiques multipolaires ; il ne diffère guère du tissu conjonctif lâche que par la présence de la mucine qui distend ses mailles.

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La substance gélatineuse qui entoure les vaisseaux présente une structure alvéolaire assez serrée.

Certains observateurs, en particulier Cari Ruge, ont trouvé dans le cordon des fœtus peu âgés, non seulement des restes de vaisseaux vitellins, mais de véritables vasa propria, provenant des vaisseaux ombilicaux.

Les vaisseaux lymphatiques, décrits par Fohmann, sont niés par la

plupart des auteurs.

Quelques observateurs auraient vu des fdets nerveux provenant des plexus hépatique et hypogastrique et se rendant aux vaisseaux.

Du placenta. — Le placenta (i délivre , gâteau placentaire , arrière-faix) est formé chez la femme par une masse mollasse, régulièrement arrondie, de couleur rougeâtre, plus épaisse au centre qu’à la périphérie.

11 présente à étudier deux faces et une circonférence.

Face utérine. — La face utérine (fig. 62) est légèrement convexe ; débarrassée du sang, coagulé ou non, qui la recouvre souvent après l’expulsion du placenta, cette face est d’une coloration rougeâtre plus ou moins foncée suivant certaines circonstances ; elle est recouverte par une couche très mince de caduque utéro-placentaire qui pénètre dans les sillons de séparation des cotylédons , et les unit ainsi les uns aux autres; cette face est en effet divisée en un certain nombre de cotylédons (8, 10, 12) plus ou moins apparents. La consistance de cette face est mollasse, pâteuse.

Face fœtale. — La face fœtale est lisse, de coloration blanchâtre, recouverte par le chorion et l’amnios et forme une partie de la cavité qui contient le liquide amniotique et le fœtus; le cordon s’y insère en des points variables, généralement au centre (voy. p. 95) ; de ce point d’insertion les vaisseaux du cordon s’irradient sur cette face fœtale pour pénétrer en différents points, après avoir cheminé entre le chorion et l’amnios dans le tissu interannexiel de Dastre. L’amnios se laisse facilement détacher de toute la surface fœtale du placenta jusqu’à son insertion au pourtour du cordon ;

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