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VARIÉTÉS DU BASSIN

étroit; les parois de l’excavation convergent en bas de manière à présenter une forme en entonnoir.

Les modifications qui surviennent dans la conformation du bassin à mesure que Y enfant se développe tiennent à deux grandes causes :

1° Le développement du sacrum , qui s’accroît plus en largeur qu’en hauteur et qui augmente déjà le diamètre transverse ; en outre, les os iliaques sont gênés dans leur développement horizontal puisqu’ils sont presque soudés l’un à l’autre en avant et qu’ils sont calés en arrière par le sacrum, de telle sorte qu’ils ne peuvent guère se développer qu’en s’incurvant; l'accroissement du sacrum et des os iliaques (surtout au niveau de la partie pubienne) étant plus prononcé chez les filles que chez les garçons, on comprend pourquoi l’amplitude du bassin sera plus grande chez la femme que chez l’homme ;

2° Le poids du tronc pousse le sacrum en avant, de telle sorte que la base de cet os bascule plus ou moins en avant, tandis que la partie inférieure de l’os se trouve entraînée en arrière. Ce double mouvement est limité de diverses façons : d’une part, le sacrum est immobilisé entre les deux os iliaques ; en outre, la base du sacrum est solidement amarrée par les ligaments sacro-iliaques postérieurs ; cette tension des ligaments s’exerce en même temps sur la partie postérieure des os iliaques, de telle sorte que ceux-ci, maintenus en avant au niveau de la symphyse pubienne, tiraillés fortement en arrière, s’incurvent encore et que le maximum de cette incurvation se produit un peu en avant des symphyses sacro-iliaques.

Le mouvement de bascule en avant du sacrum est donc limité en haut ; il l’est encore en bas par les ligaments sacro-sciatiques ; il résulte de cette immobilisation relative que, sous l'influence du poids du tronc, le sacrum s’incurve, et que sa face antérieure, de plane qu’elle était primitivement, devient légèrement concave.

11 est une autre cause qui agit sur le bassin pour lui donner sa conformation, c’est la contre-pression exercée au niveau de la cavité cotyloïde par les fémurs, lorsque l’enfant commence à se tenir debout et à marcher. Nous retrouverons l’influence de ces causes dans la pathogénie des viciations du bassin.

Le développement du bassin n’est guère complet que vers dix-huit ou vingt ans.

d. Suivant la taille . — Les dimensions du bassin sont en rapport avec le reste du squelette, c’est-à-dire en rapport avec la taille de l’individu ; de telle sorte qu’en règle générale les femmes grandes ont de grands bassins, tandis que les femmes petites ont le bassin moins développé. Chez ces dernières, cependant, le bassin a peu de hauteur, de telle sorte qu’une fois le détroit supérieur franchi, l’accouchement peut être plus rapide que chez des femmes de plus haute stature.

Nous venons d’envisager le bassin osseux ou ostéo-ligamenteux ; ce n’est là qu’une partie de la filière pelvi-génitale que doit traverser le fœtus au moment de l’accouchement.

Bassin mou. — Au bassin osseux succède, en effet, un canal formé

d’o::ctétrique.

BASSIN MOU

surtout de muscles et d’aponévroses, qui s’insèrent pour la plupart sur le bassin ostéo-ligamenteux. Ce bassin s’amplifie, se dilate au moment du passage du fœtus : l’importance de ce bassin mou , connu des accoucheurs depuis longtemps, a été bien mise en relief par les travaux de Fabbri, Pinard, Boissard, Sabatier, Farabeuf et Varnier. Ces deux derniers auteurs ont surtout insisté sur la disposition de la sangle musculaire formée par le releveur de F anus.

On peut donner aussi le nom de bassin mou à toute cette partie du bassin située au-dessous du bassin osseux et qui s'étend d'avant en arrière du pubis au coccyx et à la partie inférieure du sacrum et qui latéralement remonte jusqu'à F orifice inférieur de l'excavation.

Extérieurement , ce bassin présente trois orifices (uréthral, vaginal, anal), qui sont les embouchures de trois canaux (urèthre, vagin, rectum), creusés dans son épaisseur.

La portion comprise entre le vagin et l’anus porte le nom de périnée proprement dit ou de périnée antérieur ; celle située en arrière de l anus jusqu’à la partie inférieure du sacrum est le périnée postérieur. Ces deux périnées, peu marquis à l’état statique , subissent une ampliation considérable à l’état dynamique , au moment de l’accouchement.

La peau du périnée se continue latéralement avec la peau des régions lèssière et sacrée; elle est déprimée sur la ligne médiane et forme le sillon interfessier.

Le tissu cellulaire sous-cutané est plus ou moins abondant suivant les femmes et comprend plusieurs feuillets cellulaires, dont le fascia superficialis.

Au-dessus se trouve une couche musculo-aponévrotique qui comprend :

Un muscle très important que les anciens auteurs appelaient releveur de l’anus et que Farabeuf, en y réunissant le muscle ischio-coccygien , comme l’avait proposé P. Dubois, désigne sous le nom de releveur coccy-périnéal.

Varnier (*), dans sa thèse inaugurale, le décrit ainsi : « Véritable diaphragme pelvien, il forme une espèce d’entonnoir dont la partie large s’attache à l’orifice inférieur de l’excavation, et dont le plan rase en avant le dessous de la symphyse, en arrière la pointe du sacrum, sur les côtés le bord inférieur des épines sciatiques.

« C’est là qu’à l’état physiologique finit le bassin osseux, par une espèce de cadre immuable, duquel naissent les faisceaux du muscle releveur coccypérinéal.

c( De chaque côté en effet, sur la ligne intérieure étendue de l’épine sciatique à la partie basse du pubis, des faisceaux musculaires s’insèrent, qui se portent en arrière et en bas vers le bord du coccyx, la pointe du coccyx et le raphé périnéal pré-coccygien ou ano-coccygien.

« Les faisceaux du releveur doivent, au point de vue de leurs insertions, être divisés en plusieurs groupes.

« Tout d’abord un certain nombre de fibres, distinctes à peine des

(*} II. Varnier, Du détroit inférieur musculaire du bassin obstétrical. Paris, G. Stcinheil, 1888.

BASSIN MOU

autres au point de vue anatomique, s’insèrent à l’épine sciatique. Elles forment ce que l’on désignait jusqu’à présent sous le nom de muscle ischiococcygien. Nées de la face interne et des bords de l’épine sciatique, ainsi que du sommet du grand ligament sacro-sciatique, elles vont en divergeant s’attacher à toute l’étendue des bords du coccyx et un peu aussi à la face antérieure de cet os.

« Les autres faisceaux du releveur, suivis d’avant en arrière, s’insèrent en grande partie sur une longue arcade fibreuse qui s’étend de l’épine scia-

Fig. 137. — Coupe du bassin montrant l’ampliation du releveur de l’anus au moment du passage du fœtus. (D’après Farabeuf et Yarnier.)

1, angle sacro-vertébral. — 2, symphyse pubienne. — 5, mont de Vénus. — 4, fosse iliaque interne. — 5, paroi latérale de l'excavation. — 6, trou sous-pubien. — 7, échancrure sciatique. — 8, coccyx rétropulsé. — 9, vessie. — 10, muscle ischio-coccygien. — 11, contour de l'ischion. — 13, rectum aplati. — 14, anus. — 15, muscle constricteur de la vulve. — 16, faisceaux pubo-pré-anaux. — 17, faisceaux pubo-rétro-anaux. — 18, faisceaux. pubo-co ccy giens . — 19, faisceaux pubo-précoccygiens.

tique vers le pubis, puis à la partie inférieure du corps du pubis et à la partie correspondante de sa branche horizontale.

« Les faisceaux nés de la bandelette fibreuse de l’obturateur interne convergent en arrière vers la pointe et les bords latéraux du coccyx.

« Quant aux fibres, de beaucoup les plus solides, qui naissent du pubis, elles peuvent être divisées en trois faisceaux :

« Les faisceaux pubo-coccygiens qui vont par leurs tendons s’insérer devant la quatrième pièce du coccyx;

« Les faisceaux pubo-précoccyg iens, qui vont s’insérer à un petit carré fibreux précoccygien qui les rend indissociables;

« Les faisceaux pubo-rétro-anaux qui s’entre-croisent sur la ligne médiane et sont dissociables.

« Enfin les fibres les pins superficielles par l’intérieur, celles qui naissent

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