DIAGNOSTIC DU TRAVAIL
Cette théorie de Y effacement du col pendant la grossesse , combattue par Stoltz et d’autres, est définitivement ruinée par les constatations anatomiques de A. Martin, de Braun, de Pinard et Varnier; elle ne peut donc servir à expliquer pourquoi l’accouchement a lieu presque toujours à la même époque. Il n’en est pas de même du ramollissement du col , qui s’opère de bas en haut et qui n’est complet qu’à la fin de la grossesse.
De même le muscle utérin s’hypertrophie bien pendant un certain temps de la grossesse, mais, à un moment donné, la paroi ne s’hypertrophie plus et l’ampliation de la cavité utérine n’a plus lieu que par distension (Scanzoni). Il est facile de concevoir que l’extensibilité de la paroi utérine a une limite et qu’à partir du moment où l’œuf ne peut plus se développer dans la cavité utérine, il presse davantage au niveau du col, qui, étant ramolli, n’oppose plus guère de résistance; par voie réflexe, naissent des contractions utérines plus fortes, qui deviennent douloureuses, qui tirent sur les fibres circulaires du col, en même temps que l’œuf pénètre peu à peu à travers cette ouverture du col en augmentant les réflexes et par suite les contractions utérines.
C’est pourquoi quelques auteurs, Power (1819), P. Dubois, Depaul, ont comparé Y accouchement, Y expulsion du fœtus , à la miction ou à la défécation. Dans la miction, par exemple, la vessie ne se contracte réellement bien que lorsqu’elle est suffisamment distendue et que l’urine, en venant se mettre en contact avec le col vésical, éveille les contractions vésicales. Il en serait de même pour F utérus : il faudrait que l’utérus fut suffisamment distendu, que le ramollissement du col et celui du segment inférieur fussent assez marqués pour que l’œuf vienne appuyer d’une manière directe sur l’orifice interne; la contraction utérine s’éveillerait d’une manière définitive et efficace.
Diagnostic du travail. — Rien n’est, dans la majorité des cas, plus facile à faire que ce diagnostic : il suffit d’entrer dans là chambre de la femme pour reconnaître, d’une manière certaine, à son attitude, à ses cris, à ses plaintes, revenant à intervalles de plus en plus rapprochés, qu’elle est en travail.
Dans d’autre-s cas, le diagnostic est déjà plus délicat ; la femme est au début du travail; les contractions utérines sont modérées, ne reviennent que toutes les quinze ou vingt minutes ; ce n’est qu’en restant pendant quelque temps auprès de la femme que l’on peut reconnaître si, oui ou non, elle a des contractions utérines douloureuses.
Quelques femmes prennent pour des contractions utérines du travail des phénomènes douloureux dus pour la plupart du temps à la compression exercée par la partie fœtale engagée ou qui tend à s’engager ; c’est surtout chez les multipares que ces fausses alertes s’observent, huit, assez souvent dix ou quinze jours avant le début du travail réel; l’erreur est ici d’autant plus facile qu’à ce moment on peut observer quelques contractions utérines, véritablement douloureuses. Tantôt ces douleurs durent quelques heures, persistent même pendant plusieurs jours au fur et à mesure que se produit précis d’obstétrique. 17