PRÉSENTATION DU SIÈGE
qu’il n’y a pas de rétrécissement du bassin pouvant empêcher l’extraction rapide de la tête dernière. Le forceps est d’application délicate lorsque la tète est ainsi élevée, et peut déraper surtout lorsqu’on n’a pas une certaine habitude de l’instrument.
Si la tête en présentation de la face est engagée, le forceps seul est indiqué, à la condition que l’enfant soit vivant : rien n’est plus dangereux que de tenter, dans ces conditions, de refouler la tête fœtale et d’essayer la version. C’est exposer la femme à une rupture de l’utérus. Jusqu’en ces dernières années, lorsque plusieurs tentatives infructueuses d’applications de forceps avaient été faites et lorsque le fœtus avait cependant résisté à ces tentatives plus ou moins meurtrières, la seule ressource était de pratiquer la basiotripsie. Actuellement la symphyséotomie peut être employée dans certaines conditions déterminées lorsque l’enfant est vivant.
Il va de soi que si le fœtus est mort et que l’accouchement ne se termine pas, ni le forceps ni la version ne doivent être employés; a fortiori il ne peut être question de symphyséotomie : c’est au hasiotribe qu’il faut recourir.
Lorsque la face est en variété frontale, la conduite à tenir est d’autant plus importante que cette présentation constitue souvent un cas de dystocie sérieux : lorsque le bassin est normal et que l’accouchement traîne en longueur, il faut recourir à la version podalique par manœuvres internes, dès que la dilatation est complète; si le bassin est rétréci, on peut, suivant le degré de la viciation, recourir à la même version par manœuvres internes ou à la symphyséotomie d'emblée. Dans une discussion à la Société d’obstétrique, de gynécologie et de pédiatrie (juillet 1902), Pinard, tout en reconnaissant que dans les bassins rétrécis, la présentation du front nécessite souvent la symphyséotomie, fait remarquer que le forceps peut, dans certains cas, suffire à entraîner la tète engagée, mais non enclavée, en présentation du front.