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PRÉSENTATION DU SIÈGE

Définition et variétés. — Nous avons vu (page 228) que le fœtus peut se présenter par l’extrémité pelvienne de diverses manières :

a. Le siège étant complet, c’est-à-dire les cuisses modérément fléchies sur le bassin, les jambes très fléchies sur les cuisses : le fœtus se trouve dans une position qui ressemble à celle du tailleur assis (fig. 245).

b. Le siège étant décomplété : 1° Mode des fesses. — Les membres inférieurs se sont repliés au-devant du plan antérieur du corps, de telle sorte que les pieds se trouvent à hauteur du cou du fœtus (fig. 242).

CAUSES DE LA PRÉSENTATION DU SIÈGE

2° Mode des pieds. — Les membres inférieurs sont étendus, les pieds descendent les premiers.

5° Mode des genoux. — Les cuisses sont dans l’extension par rapport au bassin, les jambes sont fléchies sur les cuisses.

Fréquence. — Moins fréquentes que les présentations du sommet, les présentations du siège s’observent plus souvent que les présentations de l’épaule et de la face : d’après les statistiques, on verrait une présentation du siège sur 27 accouchements (Mme Lachapelle), sur 55 (Mme Boivin), sur

50 (Pinard), sur 58 (Pinard et Lepage) ; en outre les présentations du siège seraient un peu plus fréquentes chez les multipares que chez les primipares.

Cette proposition classique a besoin d’être contrôlée : ainsi, suivant une statistique (4) dressée à la Clinique Baudelocque sur des femmes ayant le bassin normal, en ne prenant que les enfants pesant au moins 2000 grammes à la naissance et vivants au début du travail, Lepage trouve 161 présentations du siège chez les primipares et 152 chez les multipares ; d’une manière absolue la présentation du siège serait plus fréquente chez les premières que chez les secondes. Cette proportion s’accentue encore si l’on réfléchit que le nombre total des femmes multipares qui viennent accoucher dans les Maternités est supérieur à celui des primipares.

La proportion d’une présentation du siège sur 50 accouchements comprend tous les cas d accouchements à terme ou avant terme; si l’on envisage seulement les cas de présentation du siège dans les accouchements à terme, on arrive à la proportion de 1 sur 62. Quant à la fréquence relative des variétés de présentation du siège, en se reportant à la même statistique, on trouve : pour les primipares, sur 161 présentations du siège, 41 sièges complets, 115 sièges décomplétés (115 mode des fesses et 2 mode des pieds). Dans

p) Yoy. L. Néret, Étude statistique sur la présentation du siège. Thèse de Paris , 1809.

Fig. 212. — Présentation du siège décomplété, mode des fesses en position droite, variété postérieure (SID P).

CAUSES DE LA PRÉSENTATION DU SIÈGE

cinq cas la variété de présentation n’est pas spécifiée. Pour les multipares, 132 présentations du siège : 50 sièges complets, 75 sièges décomplétés (69 mode des fesses, 5 mode des pieds, 1 mode des genoux), 7 inconnus.

Causes. — Elles sont nombreuses et peuvent être divisées en deux grandes classes :

A. Celles qui produisent la variété franche, définitive de la présentation du siège; ainsi, dans certains cas, la cavité utérine présente un développement inégal dans ses deux segments, le segment inférieur est plus développé que le segment supérieur. Quelquefois (dans l'hydrocéphalie , par exemple ) c’est le fœtus dont l’extrémité céphalique, plus volumineuse que l’extrémité pelvienne, vient se loger dans la partie supérieure de l’utérus; d’autres fois, le fœtus, ayant acquis déjà un certain développement, est surpris le siège en bas par une contraction utérine, il lui est impossible, par suite de la petite quantité du liquide amniotique, d’exécuter à nouveau une évolution complète, de telle sorte qu’il reste définitivement le siège en bas : c’est la variété franche de la présentation du siège, que l’on rencontre surtout chez les primipares.

B. Quant aux autres présentations du siège, qui ne sont qu 'accidentelles, elles peuvent avoir des causes nombreuses, c’est-à-dire qu’elles s’observent lorsqu existent les conditions qui empêchent l accommodation pelvienne

g. 245. — - Coupe antéro-postérieure d’une femme près du terme : le fœtus se présente par le siège complet, en position gauche (4).

( ) Cette ligure est reproduite d après F. Ahlfeld ( Lehrbuch der Geburtsliilfe , Leipzig, 1894), qui l’a empruntée lui-même à Waldever ( Medicuischniit einer Hochschwangeren, Bonn, 1886). La femme qui est représentée mourut après un grave traumatisme (fracture des deux cuisses et de la vertèbre sacrée). Celte l,e vertèbre sacrée a glissé en avant de la 2e vertèbre sacrée, comme dans le bassin vicié par spondylolislbèse.

pendant la grossesse on mieux lorsque font défaut les conditions qui sollicitent 1 accommodation du fœtus au canal utéro-pel vieil.

Les principales causes de la présentation du siège sont :

Du côté du fœtus : petitesse, gémellité, mort ayec ou sans macération;

Du côté de f œuf : hydropisie de l’amnios ou au contraire insuffisance de la quantité de liquide amniotique, insertion du placenta sur le segment inférieur;

Du côté de Y organisme maternel : laxité de la paroi utérine et de la paroi abdominale qui ont été surdistendues par les grossesses antérieures, rétrécissement du bassin, malformation ou tumeur de l’utéru.s , etc.

Toutes ces conditions ne favorisent point l accommodation du fœtus pendant les derniers temps de la grossesse ; quelques-unes la rendent même impossible : au début du travail le fœtus est surpris le siège en bas et reste dans cette attitude, si l’accoucheur ne la modifie pas.

Signes et diagnostic de la présentation du siège pendant la grossesse. — Lorsque le fœtus se présente par le siège, Y interrogatoire et Y inspection ne fournissent guère de renseignements utiles; tout au plus peut-on être amené à rechercher avec un peu plus de soin l’attitude du fœtus, si l’on apprend qu’aux grossesses antérieures le fœtus s’est présenté par le siège ou si la femme accuse une douleur localisée à une zone qui répond à la place qu’occupe la tête fœtale.

C’est le palper qui, pratiqué méthodiquement, permet de reconnaître que 1 extrémité pelvienne est en bas. Le plus souvent l’excavation est vide : les deux mains de l’accoucheur, déprimant la paroi abdominale, ne rencontrent pas de partie fœtale et peuvent ainsi plonger assez bas dans le bassin. C’est au niveau ou plutôt un peu au-dessus de l’aire du détroit supérieur que les mains rencontrent une partie fœtale, assez volumineuse, irrégulière, ayant une résistance moins grande que la tète fœtale, et accompagnée de petites parties fœtales : c’est Y extrémité pelvienne , qui assez souvent empiète un peu sur Lune ou l’autre fosse iliaque.

Ballottement céphalique abdominal. — Cette sensation se confirme bientôt quand on explore le pôle fœtal qui se trouve dans la partie opposée de Lutérus. En cherchant à en reconnaître les caractères, on s’aperçoit que cette partie fuit sous la main, qu’elle ballotte. Elle présente en outre une forme régulière, arrondie : c’est Y extrémité céphalique. Ce ballottement céphalique abdominal , que l’on trouve au fond ou près du fond de l’utérus, est un signe important, mais qui n’est pas caractéristique : dans certains cas, en effet, lorsque la quantité de liquide amniotique est un peu au-dessus de la normale, une région fœtale autre que la tète, le siège par exemple, peut donner la sensation du ballottement.

D’autre part le ballottement céphalique n’est pas toujours facile à percevoir; lorsque le fœtus est gros ou lorsque le siège repose en partie sur la fosse iliaque gauche, la tète fœtale peut être cachée sous les fausses côtes, dans l’hypochondre droit; elle est difficilement accessible.

Pour trouver le ballottement, il faut déplacer le fœtus et rendre la tête

accessible : « Dans ces cas il est nécessaire de mobiliser le fœtus, de le faire lentement évoluer en pressant en sens inverse sur ses deux pôles, ou en n’agissant que sur le pôle inférieur, si le supérieur est inaccessible, de façon à ramener la tête sur la ligne médiane, ou bien au contraire à la faire descendre un peu plus bas vers l’un des côtés. En un mot, il faut la rendre plus superficielle, et par cela même plus accessible, plus palpable (4). » (Pinard.)

Recherche du sillon du cou. — Lorsqu’on a senti la tête en haut, on cherche de quel côté est le dos : en suivant la tête fœtale, avant d’arriver sur le plan résistant, les doigts sentent une dépression très accusée qui est le sillon du cou ou, mieux, le sillon de la nuque. Au-dessous de lui le plan résistant est accessible sur toute son étendue et se continue en bas, sans dépression, avec le siège.

Pinard (2) attache une grande importance à ce signe du sillon de la nuque : « Pour moi, dit-il, le signe caractéristique , pathognomonique de la présence de la tête au fond de l’utérus, est la constatation du sillon du cou. Le ballottement peut être obtenu... alors que le siège est en haut et que l’on a affaire à une occipito-postérieure, tandis que la perception du cou indiquera nettement où se trouve la tête. Voici comment on doit procéder pour obtenir cette sensation. — Les deux pôles ayant été rencontrés, il faut rechercher où se trouve le plan résistant ; puis alors on déprime avec la pulpe des doigts la paroi abdominale en rapport avec le tronc du fœtus, je dirai centimètre par centimètre, en faisant cheminer très lentement les doigts. Or tandis qu’on perçoit un plan continu, une surface unie entre le siège et le tronc, on sent une dépression, un vide assez marqué entre le tronc et la tête, les doigts s'enfonçant au niveau de la région cervicale. »

Si l’on conserve quelque doute sur ces sensations, on peut les contrôler en pratiquant à plusieurs reprises le palper de haut en bas, puis de bas en haut. On explore d’abord la partie fœtale située en bas, on remonte en suivant le plan résistant, puis les doigts sentent une dépression, au-dessus de laquelle se trouve l’extrémité arrondie, la tête, qui ballotte avec plus ou moins de facilité, puis on pratique le même examen en sens inverse, c’està-dire de la tête vers le siège. Du côté opposé de L utérus, on perçoit des petites parties fœtales, moins accessibles que dans la présentation du sommet et la rénitence du liquide amniotique.

Diagnostic entre le siège complet et le siège décomplété. — Avec un peu d’habitude du palper, on arrive à faire non seulement le diagnostic de présentation du siège, mais on peut même dire si le siège est complet ou décomplété , ce qui est important au point de vue de la conduite à tenir; car nous verrons que la version par manœuvres externes, relativement facile, quand le siège est complet , devient très difficile lorsque le siège est décomplété. Dans le premier cas, en effet, on rencontre les membres pelviens fléchis et plus ou moins accolés au siège; la masse qui en résulte est assez volumineuse, irrégulière. Lorsque le siège est décomplété, il constitue une partie moins volumineuse, les membres inférieurs peuvent être suivis de

( 1 ) Pinard, Traité du palper, p. 174.

(2) Pinard, toc. cit., p. 174.

DIAGNOSTIC DES POSITIONS DU SIÈGE

bas en haut et la saillie des talons et surtout du talon antérieur est sentie près de l’extrémité céphalique (fig. 242) qui ballotte généralement moins que lorsque le siège est complet. Dans certains cas même, lorsque le dos est orienté un peu en arrière, on peut sentir sur presque toute leur étendue les membres inférieurs ainsi défléchis.

Dans les cas relativement exceptionnels où le siège est engagé, le diagnostic peut errer surtout par inadvertance : on est tellement habitué à considérer comme présentation du sommet toute partie fœtale engagée pendant la grossesse, qu’à un examen un peu rapide on prend le siège pour la tête; nous avons vu que cette présentation du siège définitive s’observait surtout chez les primipares. Or, justement chez elles le palper est moins facile, en raison de la résistance plus grande des parois abdominale et utérine. Avec un peu d’attention cependant on reconnaît que l’extrémité céphalique est en haut à ses caractères de tumeur arrondie, ballottant, et surtout à ce qu elle est séparée du plan dorsal par le sillon de la nuque.

L’ auscultation seule ne peut suffire à établir le diagnostic de présentation du siège, comme l’a prétendu Depaul, qui pensait que le foyer d’auscultation était au niveau ou même au-dessus de l’ombilic. Sans doute le foyer d’auscultation est élevé dans la présentation du siège, mais ce fait ne tient pas tant à l’attitude du fœtus qu’à ce que le fœtus n’est pas habituellement engagé au cours de la grossesse (Ribemont-Dessaignes). Il y a même un fait intéressant, c’est qu’avec une présentation du siège non engagée les bruits du cœur peuvent s’entendre plus bas que dans une présentation du sommet dont l’engagement n'est pas plus accusé (Pinard). Les bruits du cœur se transmettent en effet jusqu’à la partie inférieure de la colonne lombaire.

Le toucher ne rend guère plus de services au point de vue du diagnostic de la présentation pendant la grossesse : si le siège n’est pas engagé, le doigt constate que l’excavation est vide, il atteint difficilement la partie foetale qui tend à s’engager. Il sent parfois des parties fœtales petites, irrégulières, mais il est difficile d’affirmer que ce ne sont point de petites parties fœtales accompagnant une extrémité céphalique.

Pour aider le diagnostic, on peut pratiquer le toucher en ayant soin d’abaisser avec une main la partie fœtale qui se présente et de la rendre ainsi plus accessible au doigt; de cette façon on arrive parfois à reconnaître les caractères du siège. Quand on fait ainsi le diagnostic, c’est que la femme se laisse facilement examiner, qu’elle a des parties molles peu résistantes et que par conséquent le palper est chez elle particulièrement facile.

Quand le siège est engagé, le toucher devient déjà plus utile : si le segment inférieur est peu épais, il permet parfois de sentir la tumeur irrégulière formée par le siège; à plus forte raison la certitude devient-elle complète si, à travers un col largement entr’ouvert, on arrive sur des parties caractéristiques du siège.

Diagnostic des positions et des variétés de positions du siège pendant la grossesse. — Le diagnostic se fait uniquement par le palper et peut être jusqu’à un certain point contrôlé par l’auscultation.

DIAGNOSTIC DES POSITIONS DU SIÈGE

î° Position gauche , variété antérieure (SIG A). — Le siège sis audessus de l’aire du détroit supérieur ou plutôt reposant en partie sur la fosse iliaque gauche forme une massé volumineuse qui est irrégulière du côté droit (fig. 244).

La tète est située en haut et un peu à droite de la ligne médiane ; elle est plus ou moins accessible, ballottant nettement, assez souvent cachée en partie par le foie ; le sillon du cou est généralement facile à sentir.

Le plan résistant est situé en avant et à gauche ; il s’éloigne plus ou moins de la verticale suivant que la ligne est plus ou moins éloignée de la ligne médiane. Avec de l’habitude on trouve assez facilement l’épaule gauche du fœtus qui se trouve en avant et à droite de la ligne médiane.

Cette sensation de l’épaule est d’autant plus utile à percevoir que c’est dans son voisinage que se trouve le foyer d’auscultation. Les bruits du cœur sont en effet transmis par le plan latéral gauche; c’est dire qu’en raison de la facilité avec laquelle on arrive sur ce plan latéral les bruits du cœur seront très fortement entendus en un foyer situé au voisinage de l’ombilic, mais qui en sera plus ou moins éloigné suivant le volume et le degré d’inclinaison du tronc du fœtus.

2° Position droite , variété postérieure (SID P). — Le siège se trouve en partie sur la fosse iliaque droite, le sacrum tourné vers la symphyse sacro-iliaque du même côté. Le siège est difficilement exploré : on fait surtout le diagnostic en raison de la sensation fournie par les parties fœtales multiples qui se trouvent en avant et à gauche.

L’extrémité céphalique est située au fond de l’utérus, plus ou moins à gauche; le sillon du cou qui sépare le plan résistant de l’extrémité céphalique est facile à reconnaître. Au-dessous de lui on explore non pas le plan dorsal du fœtus, mais le plan latéral droit du fœtus, situé très à droite de la ligne médiane.

Il est facile de constater dans la partie opposée de l’utérus la rénitence du liquide amniotique et les petites parties fœtales que l’on sent très facilement.

Comment sont transmis les bruits du cœur fœtal? Par le plan latéral

Fig. 244. — Présentation du siège complet non engagé en position gauche, variété antérieure (SI G A).

388 DIAGNOSTIC DES POSITIONS DU SIÈGE

droit; le foyer d’auscultation est donc à droite de la ligne médiane, au niveau et plus souvent au-dessus de l’ombilic; les bruits du cœur y sont beaucoup moins nets que dans la SIGA.

Dans la figure 242, le fœtus se présente par le siège décomplété, mode des fesses en SIDP, l’épaule antérieure est abaissée ; le foyer d’auscultation sera plus bas que précédemment, au-dessous, mais très à droite de l’ombilic.

5° Présentation du siège en position gauche , variété postérieure ( SIGP ). — Le siège est situé en partie dans la fosse iliaque gauche, le

sacrum orienté en arrière ; les petites parties fœtales sont situées à droite et en avant (fig.

L’extrémité céphalique est située en avant et un peu à droite; elle ballotte assez difficilement Le

tus est orienté en arrière' et à gauche; ce n’est que sur le plan latéral gauche que la main peut arriver.

En avant et dans la partie droite de l’utérus, on trouve les petites parties fœtales et la rénitence' du liquide amniotique.

Les bruits du cœur s’entendent ici très nettement; car ils sont transmis par le plan latéral gauche ; le foyer d’auscultation est situé à gauche de l’ombilic, et à peu près à la hauteur de ce point de repère.

4° Position droite , variété antérieure (SIDA). - — Le siège est assez facile à reconnaître (fig. 246); il repose en partie sur la fosse iliaque droite ; les petites parties qui l’accompagnent sont accessibles du côté gauche.

La tête est située vers le fond de l’utérus, plus ou moins à gauche de la ligne médiane; elle est presque toujours accessible et ballotte avec une certaine facilité.

Le plan résistant occupe la partie droite de I utérus; il se délimite bien. « Partant de la fosse iliaque droite, tantôt il s’élève directement à droite pour ne s’incurver à gauche qu’au-dessus de l’ombilic, tantôt il se dirige tout de suite vers le flanc gauche, en coupant la paroi abdominale en diago-

plan dorsal du fœ-

Fig. 2fô. — Présentation du siège ‘complet en position gauche postérieure (SIGP).

DIAGNOSTIC DES POSITIONS DU SIEGE

nale. — Dans tous les cas, il est bien facile de le circonscrire, de le prendre, pour ainsi dire, entre les deux mains. » (Pinard) (1).

Les bruits du cœur peuvent être ici entendus au niveau du plan latéral gauche, c’est-à-dire d’une manière intense; il suffit de se représenter quelle est la situation qu’occupe le plan latéral du fœtus pour comprendre que le foyer d’ auscultation va se trouver au-dessous de l’ombilic, et tout à fait sur le bord droit de F utérus , c’est-à-dire loin de la ligne médiane.

Cette description des principales attitudes qu’occupe dans l’utérus gravide le fœtus se présentant par le siège est forcément schématique. Toutes les fois que la partie fœtale qui se présente n’est pas engagée, le fœtus jouit, en effet, d’une certaine mobilité ; aussi est-il impossible de reproduire dans une description d’ensemble les attitudes si variées que prend le fœtus suivant que sa colonne vertébrale s’incurve plus ou moins d’avant en arrière, ou latéralement, suivant la situation que prennent ses membres inférieurs et suivant qu’il est plus ou moins d’aplomb sur l’aire du détroit supérieur.

Signalons cependant deux variétés de position qu’occupe le fœtus, les variétés transversales (droite et gauche) ; ce que nous avons dit des autres variétés obliques (droite et gauche) nous dispense d’une longue description.

Il est bien évident que dans la position gauche , variété transversale (SIGT), le fœtus occupe une situation intermédiaire à celle qui est observée dans la SIGA et la SIGP : le dos est à gauche, difficilement accessible; c’est surtout le plan latéral gauche que l’on explore facilement. Le foyer d’auscultation est situé à gauche de la ligne médiane, et à hauteur de l’ombilic.

De même la position droite , variété transversale ( SIDT ) (fig. 247), est intermédiaire entre la SIDA et la SIDP : la fesse droite est à peu près au niveau de la symphyse pubienne ; la tète est le plus habituellement sur la

216. — Présentation du siège complet non engagé en position droite, variété antérieure (SIDA.)

[l) Pinard, Traité du jjalper abdominal, 2e édit., p. 177 PRÉCIS D’OBSTÉTRIQUE.

DIAGNOSTIC DE LA PRESENTATION DU SIEGE PENDANT LE TRAVAIL

ligne médiane. Le plan latéral droit est accessible : le foyer d’auscultation y est situé à droite de la ligne médiane, et les bruits du cœur n’y sont pas très intenses.

Quant au\ positions directes, sacro-pubienne (SP) et sacro-sacrée (SS),

nous les signalerons dans le paragraphe suivant.

Diagnostic de la présentation du siège, des positions et de leurs variétés pendant le travail. — Lorsqu’on est appelé auprès d’une femme en travail, chez laquelle le fœtus se présente par le siège, il est encore possible de faire le diagnostic par le pnlper : c’est même la méthode qui donne les meilleurs résultats lorsque la dilatation est peu avancée ou lorsque les membranes tendues rendent difficile par le toucher l’exploration de la partie fœtale qui se présente.

T PM «nnsations obtenues

Fig. 217. — Présentation du siège complet en position droite, variété transversale (S II) T).

sont les mêmes que celles perçues pendant la grossesse (voy. p. 566); toutefois, le siège est moins facile à reconnaître, parce qu il commence a s’engager; la tête est un peu abaissée en raison même de la descente du fœtus qui est en train de s’accomplir. Le foyer d’ auscultation varie également de hauteur suivant la situation occupée par le fœtus.

Le toucher fournit des renseignements importants au point de vue du diagnostic. Au début du travail, si la partie fœtale est élevée, si 1 on constate seulement la présence d’un petit membre flottant dans le liquide de la poche des eaux, il ne faut pas se hâter de croire à une présentation du siège : ce peut être une présentation de l’extrémité céphalique avec procubitus d un membre.

Peu à peu la dilatation progresse : même avec des membranes non rompues, il est possible, en touchant avec précaution dans l’intervalle des contractions, de reconnaître la présentation du siège; mais lorsque les membranes sont rompues, le diagnostic est encore plus facile, puisque le doigt touche directement les parties fœtales. 11 est arrivé cependant que la fesse, infilt rée par la bosse séro-sanguine, a été prise pour une poche des eaux recouvrant une présentation du sommet : dans une observation recueillie par

DIAGNOSTIC DE LA PRÉSENTATION DU SIÈGE PENDANT LE TRAVAIL

Lepage un médecin a persisté à prendre pour une poche des eaux ànormaa lement résistante un siège sur lequel il a enfoncé à diverses reprises le perce-membranes et même le bistouri.

A. Si le siège est complet, on arrive sur une partie plus ou moins étendue de la région du siège qui est la plus accessible : tantôt c’est sur une fesse* généralement l’antérieure , qui présente une consistance mollasse, pâteuse, et qui est dépressible.

En la contournant, on sent le sillon interfessier, l’anus, la pointe du coccyx et la partie postéro-inférieure du sacrum; on peut, dans certains cas, atteindre l’autre fesse. En portant le doigt dans la partie opposée du bassin, on arrive sur un pied (les jambes

, , , . Fig. 248. — Détroit inférieur vu par en bas. Présentation du siège

étant généralement croi- complet enSIGA. (D’après Farabeuf et Varnier.)

sées Lunes sur l’autre) ou même sur les deux pieds.

Chemin faisant , on pose parfois le diagnostic du sexe du fœtus : si, en avant de l’anus, on ne sent pas de saillie, mais une simple dépression, une fente quasi linéaire, c’est la vulve. Si, au contraire, on sent les bourses contenant ou non les deux testicules , on affirme alors qu’il

s’agit d’un garçon. C’est surtout la sensation fournie par les testicules de petits corps ronds, durs, mais mobiles, qui permet de faire le diagnostic du sexe. On ne l’annonce, d’ailleurs, que lorsqu’on est absolument sùr de ces sensations.

Voyons, pour chacune des positions, les signes fournis par le toucher qui permettent d’en établir la variété.

1° Position gauche , variété antérieure (SIG A) (fîg. 248). — Dans cette situation, en touchant avec l’index de la main droite , on trouve sous l’arcade pubienne la fesse antérieure (fesse gauche), puis, en promenant le

Fig. 249. — Présentation du siège complet en SI DP, vue par sa partie inférieure. (D’après Farabeuf et Varnier.)

doigt de droite à gauche et d’avant en

arriéré.

suivant le contour du bassin.

on arrive successivement sur le pli interfessier, la pointe du coccyx et la lusse postérieure. En ramenant le doigt au niveau de l’extrémité inférieure du coccyx, on remonte un peu pour suivre la crête sacrée, afin de bien con-

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