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CONDUITE A TENIR LORSQUE LE SIÈGE EST DÉCOMPLÉTÉ

rompre les membranes : la poche des eaux est en effet un puissant agent de dilatation de l’orifice utérin.

L’accouchement par le siège décomplété (mode des fesses) peut être entièrement spontané, ne nécessiter aucune intervention de la part de l'accoucheur; ou bien on peut n’être amené à intervenir qu’à la fin de la période d’expulsion, alors que les membres inférieurs, repliés en attelle, empêchent F inflexion latérale du siège et du tronc nécessaire au dégagement. Dès que le siège apparaît suffisamment à la vulve, il faut glisser deux ou trois doigts le long de la cuisse antérieure et la porter dans l’abduction en lui formant attelle; la jambe se fléchit sur la cuisse et le pied tombe pour ainsi dire dans la main de l’opérateur, qui peut dès lors aisément dégager ainsi tout le membre inférieur. Pour dégager l’autre membre, on attend que la plus grande partie de la cuisse soit sortie des organes génitaux, et on procède alors de même que pour le membre antérieur. Le reste de l’extraction ne diffère guère de ce qui se passe pour le siège complet : la tête sort un peu moins facilement, la dilatation des parties molles ayant été moins complète.

Mais le siège décomplété peut être arrêté : a. Au momeni de rengagement; b. Au cours de sa descente dans la filière pelvi-génitale .

a. Quand le siège est arrêté au niveau du détroit supérieur , on introduit la main dans l’utérus, on va à la recherche du pied antérieur qu’on abaisse, sans procéder à l’extraction immédiate : à l’aide de ce pied, on pourra toujours, lorsqu’on le juge utile, exercer des tractions sur le siège.

Cette pratique, conseillée par Guillemeau (*), Mauriceau (2), Deventer, présente des difficultés lorsque les membranes sont rompues depuis un certain temps; l’utérus, rétracté sur le fœtus, empêche la main de pénétrer suffisamment dans sa cavité et d’y saisir un pied. Pinard a donné le conseil d’agir alors sur la cuisse du fœtus, qu’on peut toujours atteindre, de remonter jusqu’au creux poplité, d’exercer à ce niveau une pression qui porte la cuisse dans l’abduction; la jambe se fléchit alors sur la cuisse et le pied vient descendre à l’endroit où se trouve la main de F accoucheur (fig. *265) : rien de plus facile alors que de le saisir, de l’abaisser et de l’amener au dehors. Cette pratique est excellente et permet de terminer avec succès l'extraction du siège.

Elle est, d’une façon générale, préférable à l’application de forceps, qui peut produire des lésions du côté du bassin fœtal et qui dérape facilement, n’étant point construit pour être appliqué sur l’extrémité pelvienne.

b. Lorsque le siège décomplété (mode des fesses) est retenu dans /’ excavation, faut-il avoir recours aux lacs , aux crochets dont on se servait autrefois? Ce sont des moyens dangereux qui peuvent produire des lésions au niveau du point où ils sont appliqués (plaies cutanées, fracture du fémur, du bassin, etc.) et qu’il faut complètement abandonner.

L’usage du forceps est discuté. Olivier a montré que, dans les positions postérieures en particulier, le forceps, prenant un point solide par l’extrémité de ses cuillers sur les membres inférieurs relevés, donnait de bons

1 Guillemeau, De la grossesse et accouchement des femmes. Paris, 1621, in-8°, p. 279. ^2) Mauriceau, Traité des maladies des femmes, etc., 6e édit., p. 319. Paris, 1721.

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