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DES SOINS A DONNER DANS LES CAS DE MORT APPARENTE

C’est à tort que quelques accoucheurs, frappés de la coloration violacée des téguments, ont cherché à lutter contre cet état asphyxique, en faisant écouler par le cordon deux ou trois cuillerées à café de sang; cette pratique de la saignée du cordon, aujourd’hui complètement abandonnée, reposait sur une conception physiologique fausse. La coloration violacée des téguments ne tient pas, en effet, à un excès de tension dans la circulation fœtale, à un état congestif, mais au défaut d’oxygénation du sang. Or, la meilleure manière de produire cette oxygénation est de faciliter la respiration.

Dès la fin du xvme siècle, on a imaginé un certain nombre d’appareils, composés d’un réservoir à Laide duquel on projetait de l’air ou de l’oxygène à travers une canule introduite dans la bouche ou les fosses nasales, cet air pénétrait plus dans l’œsophage que dans les poumons. Chaussier (*) imagina d’employer un tube (fig. 291) dont l’extrémité pénétrait dans le larynx. Son

tube laryngien fut adopté et presque exclusivement employé en France jusque vers 1880 (2).

Modifié par Depaul, et plus tard par Pinard, le tube de Chaussier a trouvé sa place dans la trousse de tous les accoucheurs. 11 est cependant loin d’être irréprochable.

11 est en effet assez difficile à introduire dans le larynx; il se déplace aisément et quitte le larynx : il ne permet pas de débarrasser complètement par aspiration les voies aériennes des mucosités et du liquide visqueux parfois mélangés de méconium qui les obstruent ; il ne s’oppose pas au reflux de l’air, et n’indique pas à chaque instant s’il n’a pas quitté le larynx pour pénétrer dans l’œsophage.

Dans le but de remédier à ces défauts, Piibemont-Dessaignes a fait construire en 1877 un insufllateur (3) que Tarnier a présenté le 4 septembre de la même année à l’Académie.

Description de l’insufflateur de Ribemont-Dessaignes. — - Comme le tube de Chaussier, il se compose de deux parties, une rectiligne, l’autre recourbée (fig. 29 2).

(A) Chaussier, Yoy. Acad. roy. de méd ., 1780-1781, p. 346.

(2) L’insufflateur de Chaussier se compose d’un tube métallique conique de 18 à "20 centimètres de longueur, aplati latéralement afin de ne pas rouler dans les doigts et de pénétrer plus aisément dans l'ouverture de la glotte. La grosse extrémité peut recevoir un soufflet ou être placée dans la bouche de l’opérateur. L’extrémité laryngienne porte deux ouvertures latérales et se termine par une surface arrondie. Enfin ce tube présente à 55 millimètres de sa petite extrémité une courbure arrondie où se trouve placée en travers une rondelle métallique sur laquelle on fixe une petite épongé molle et fine destinée à s’opposer au reflux de l’air hors du larynx.

(3) Rtbemoxt-Dessaignes, Recherches sur l’insufflation des nouveau-nés et description d’un nouveau tube laryngien. Progrès médical, 1878.

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