MONTÉE LAITEUSE
Lait. — Lorsque la sécrétion lactée est établie, la fonte cellulaire est complète : le lait représente une véritable émulsion dans laquelle on trouve seulement au microscope de petites sphères réfringentes, les globales du lait , qui contiennent des matières grasses (oléine, margarine, stéarine). Ce qui différencie le colostrum du lait , c’est que dans le premier liquide les éléments figurés ne sont pas intimement mélangés au sérum du sang, tandis que, dans le lait, c'est une véritable émulsion dans laquelle se trouvent les gouttelettes graisseuses dissociées .
Montée laiteuse. — La sécrétion lactée est évidemment un phénomène réflexe, mais il est encore difficile, malgré les expériences faites sur les nerfs intercostaux et sur les branches du sympathique, de déterminer par quelle voie nerveuse se produit ce réflexe. Ce que l’on sait, c’est que la sécrétion du lait s’établit d’une manière habituelle dans les jours qui suivent l’accouchement. La grossesse prépare la glande à cette fonction en l’hypertrophiant, en lui faisant subir différentes modifications qui la rendent apte à la sécrétion du lait.
Cette sécrétion apparaît généralement de quarante à soixante heures après l’accouchement; elle est habituellement un peu plus tardive chez les primipares que chez les multipares, et se montre plus rapidement chez les femmes qui allaitent que chez celles qui n’allaitent pas.
Au moment de la montée laiteuse, les seins, qui étaient jusque-là de consistance et de volume à peu près normaux, deviennent plus gros et plus durs, douloureux au palper; par suite de la distension de la glande, le mamelon est moins saillant et plus difficile à saisir par le nouveau-né. Aussi est-il nécessaire de mettre l’enfant plusieurs fois au sein avant la montée du lait, alors que le mamelon est plus facile à saisir. Il existe parfois, au niveau de l’aréole et même au pourtour de la glande, un léger oedème sous-cutané dû à l’afflux sanguin considérable qui se produit au niveau de la glande.
On peut observer au moment de la montée laiteuse des tumeurs uni- ou bi-latérales siégeant sur le bord externe du grand pectoral, près du creux axillaire. Ces tumeurs qui sont douloureuses ne sont autres que des mamelles supplémentaires ou des globules glandulaires aberrants. A leur niveau, la peau ne présente aucun changement de coloration (ce qui les différencie de l’adénite axillaire). La tumeur présente des bosselures et une consistance analogues à celles de la glande mammaire. Assez souvent il est possible de sentir un pédicule (conduit galactophore probablement) qui la réunit à la glande mammaire principale. Généralement le gonflement qui se produit au niveau de cette tumeur diminue et disparaît quelques jours après la montée laiteuse. Dans certains cas, la succion du mamelon amènerait la diminution de la glande mammaire accessoire, en même temps que de la glande mammaire principale.
Dans des cas plus rares, il existe au voisinage du sein une autre glande mammaire rudimentaire, munie d’un petit mamelon par lequel on peut faire sourdre du colostrum et du lait; cette ébauche de glande mammaire est indépendante de la glande mammaire principale ; on dit en pareil cas qu’il y a polymastie.