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COMPOSITION DU LAIT

La caséine se coagule dans l’estomac cln nouveau-né sous l’action du suc gastrique.

c . Les substances inorganiques sont surtout 'des sels (phosphate de chaux, chlorures de sodium, de potassium, phosphate de soude, de magnésie, de fer, etc.).

La richesse du lait de femme en éléments minéraux a été étudiée par différents chimistes : les uns ont évalué à 4gr,50 par litre la quantité moyenne de cendres totales, c’est-à-dire d’éléments minéraux; il semble que cette moyenne soit un peu élevée, puisque des recherches plus récentes ont évalué entre lgr,60 et 1 sr , 8 0 le total des cendres. Quant aux phosphates contenus dans le lait, leur quantité est sensiblement égale à la moitié des éléments minéraux, c’est-à-dire du total des cendres.

d. Le lait renferme en outre des gaz libres : acide carbonique, azote, oxygène.

Le microscope sert à constater dans le lait l’existence des corpuscules graisseux : on peut même en pratiquer la numération à l’aide du microscope. — Le microscope permet en outre de constater si le lait ne renferme pas de globules de pus, de sang, si l’on n’y a pas ajouté de corps étrangers (farine, amidon, etc.).

La composition du lait est modifiée par nombre de conditions physiologiques (régime alimentaire, conditions de vie de la femelle laitière, heure de la traite, période de l’allaitement, etc.); cependant on peut arriver à établir une moyenne de la teneur en différents éléments du lait de femme et des principaux animaux domestiques dont le lait sert à l’alimentation des jeunes enfants. Yoici la composition moyenne du lait de femme indiquée par Marfan, d’après les analyses de différents chimistes ; pour 1000 :

Caséine 15

Lactose 65

Beurre 58

Sels 2,5

Gaz dissous 212 cp,

Densité —J- 15° 1051

Nous donnons plus loin (p. 522) l’analyse du lait de femme comparé au lait de la vache, de la chèvre et de l’ànesse.

Chez la même femme, la composition du lait varie suivant différentes circonstances : des recherches de Johanessen, il résulte qu’après chaque tétée il y a diminution de la proportion des substances albuminoïdes et du sucre, et augmentation de la proportion de graisse. De même le lait varie suivant l’époque de la lactation; la proportion d’albumine diminue progressivement ainsi que la proportion de graisse, tandis qu’il y a augmentation dans la proportion de sucre.

Nous ne pouvons entrer dans tous les détails concernant les procédés employés pour contrôler la bonne composition du lait, pour rechercher les falsifications qu’on lui fait subir, non plus que les différents appareils (lactobutyromètre, crémomètre, etc.), destinés à apprécier la qualité du lait, sa richesse en globules graisseux, en beurre, etc.; dans la pratique, on n’a que rarement recours à ces analyses. Dans certains cas, il est utile cependant de constater que le lait de telle nourrice est peu riche en beurre : c’est une

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indication de faire d’assez bonne heure de l’allaitement mixte, ou même de supprimer l’allaitement au sein.

Le lait de femme se coagule dans l’estomac du nouveau-né en petits grains très fins, en flocons peu consistants: il en est à peu près de même pour le lait d’ànesse, tandis que les laits de vache et de chèvre forment des caillots épais, assez volumineux, insolubles dans l’eau. On ne peut augmenter la digestibilité de la caséine ni par le coupage, ni par l’addition d’aucune substance.

La quantité de lait produite en vingt-quatre heures est variable pour chaque femme, et chez la même femme elle diffère suivant l’époque de l’allaitement. La quantité moyenne est de 1000 à 1200 grammes. Elle peut s’élever à une quantité plus considérable (2 et même 3 litres) si la femme donne le sein à plusieurs enfants en même temps.

L’analyse chimique seule peut renseigner sur la composition du lait, et indiquer quelle est la proportion de caséine, de matières grasses qu’il renferme, etc. D’ailleurs, au point de vue pratique, on peut dire qu’une femme a de bon lait, c’est-à-dire du lait de bonne qualité et en quantité suffisante, si son nourrisson augmente de poids d’une façon régulière et présente tous les signes extérieurs d’une bonne santé.

Le lait d’une femelle saine contient-il des microbes? — Les avis sont partagés ; chez la vache, le lait recueilli au sortir du pis serait stérile (Chauveau). Chez la femme, le lait n’est pas toujours stérile; cependant, d’après Genoud (de Lyon), si l’on aseptise avec soin le mamelon et la peau environnante, et si l’on applique pendant deux jours un pansement au sublimé, le lait ne contient plus aucun organisme. Les micro-organismes du lait proviendraient donc de l’extérieur et siégeraient dans les gros canaux galactophores. Charrin (*) a repris ces recherches à la Maternité de Paris : sur 41 nourrices bien portantes et dont les enfants étaient en parfaite santé, il a trouvé que, 27 fois, les cultures du lait donnaient abondamment du staphylococcus albus, sans autre microbe. Avant de recueillir le lait à ensemencer, le mamelon était lavé soigneusement, et les nourrices faisaient sortir 30 ou 40 grammes de lait.

Variations dans la composition du lait. — Il est un certain nombre de conditions qui font varier dans une certaine mesure la composition du lait, mais qui n’ont guère été étudiées que chez les animaux et dont nous parlerons plus loin (p. 524) (influence de la race, de la taille, des saisons, de la température, de l’état hygrométrique, de l’exercice, de la fatigue, etc.).

On a remarqué que des vaches, soumises au même régime alimentaire, fournissaient non seulement du lait en quantité bien différente, mais encore de qualité bien diverse : c’est ainsi qu’on distingue les vaches à beurre et les vaches à fromage. Vernois et Becquerel ont fait les mêmes constatations pour la femme, et pensent qu’il y a des femmes beurrières et des femme fromagères .

D’après Monte, le lait doit être considéré comme bon et propre à l’alimen-

(l) Charrin, Société de biologie , 2 février 1895.

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tation de l’enfant, lorsque, avec un poids spécifique de 1050 à 1055, il renferme de 5 à 5 pour 100 de graisse, il y a d’ailleurs une relation directe entre le poids spécifique et la quantité de graisse du lait. La menstruation n’a pas d’influence bien marquée sur ces deux éléments.

L'âge de la femme a une action manifeste sur la composition du lait : c’est entre vingt et trente ans que la femme a le lait le plus nutritif; au delà de trente ans, le lait renferme moins de principes solides.

La multiparité a une influence très manifeste sur l’abondance et sur la qualité du lait à la condition que la femme ait déjà nourri lors des accouchements antérieurs. Il est d’observation vulgaire que, chez la primipare, il faut un certain temps pour que la sécrétion laiteuse s’établisse d’une façon régulière et pour que le lait ait toutes ses propriétés nutritives, tandis qu’à un second ou à un troisième allaitement la femme aura plus rapidement du lait de bonne qualité en quantité suffisante.

Menstruation . — Chez une femme qui nourrit, la menstruation amène habituellement une diminution dans la quantité du lait et une augmentation notable dans la proportion des matériaux solides, ainsi que l’ont établi les recherches de Becquerel et Vernois; l’extrait sec et le beurre sont augmentés dans beaucoup de cas. Ces modifications sont surtout marquées à l’époque même des règles. D’une manière générale, une bonne nourrice n’est pas réglée; c’est surtout chez les primipares qu’on voit ainsi la menstruation réapparaître au cours de l’allaitement. « On remarque que, pendant l’écoulement des règles, l’enfant a des digestions plus difficiles, des garde-robes > moins jaunes, moins homogènes, il est plus agité et crie plus souvent, son accroissement se ralentit — Puis, la période menstruelle passée, tout rentre dans l’ordre. Le lait revient avec la même abondance et reprend une composition normale. En résumé, le retour des règles est un phénomène fâcheux lorsqu’il apparaît dans le cours de l'allaitement surtout au début, mais il ne suffit pas généralement pour qu’on l’interrompe. » (Tarnier et Budin.)

Si la menstruation ne s’accompagne que d’une diminution dans la quantité du lait, il est facile d’y suppléer en donnant d’autre lait; si l’enfant, en même temps qu’il perd du poids, présente de la diarrhée et des vomissements, une éruption eczéma teuse, c’est qu’il y a une modification chimique dans la composition du lait. Lorsque les règles deviennent plus abondantes que d’ordinaire, c’est une indication de suspendre l’allaitement.

Grossesse. — La grossesse survenant pendant l’allaitement agit d’une manière différente suivant les femmes : chez les unes elle amène assez rapidement dans la quantité du lait une diminution telle que l’enfant n’augmente plus ou n’augmente que d’une manière insuffisante. Chez d’autres le lait, bien que diminué en quantité, est plus riche en matériaux solides, l’enfant continue à augmenter de poids.

Il est cependant souvent utile de faire suspendre l’allaitement dès que le diagnostic de grossesse est posé ; fournir ainsi les éléments nécessaires à l’accroissement d’un enfant et au développement d’un fœtus est en effet pour la mère une cause de fatigue ; en outre les succions exercées sur le mamelon peuvent avant l’heure éveiller la contraction utérine et amener.

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chez une femme prédisposée, l’avortement ou l’accouchement prématuré.

L’allaitement pratiqué par une femme enceinte est surtout nuisible au fœtus en train de se développer dans la cavité utérine.

Alimentation. — Une alimentation abondante et substantielle augmente la quantité du lait ainsi que sa qualité, mais il est à l’heure actuelle bien difficile de déterminer quels sont les aliments (azotés, amylacés, etc.) qui améliorent la sécrétion laiteuse. Les expériences faites à ce point de vue sur les femelles animales (vache, chienne, ânesse, etc. ) ne sont pas concordantes.

Ce qu’on peut dire d’une manière générale, c’est que, plus l’alimentation est complète , plus la sécrétion laiteuse sera suffisante pour le fœtus. « Du reste, le lait emprunte ses matériaux, non pas directement aux aliments, mais à l’économie, de sorte que si certains principes font défaut dans les aliments, le lait n’en est pas pour cela dépourvu, il les prend dans l’organisme et l’animal maigrit ; inversement, si l’animal se met à engraisser, la sécrétion lactée diminue chez lui. » (Tarnier et Budin.)

Les boissons augmentent la quantité du lait, mais en diminuent peut-être la qualité; cependant il est légitime d’admettre que les nourrices doivent absorber une plus grande quantité de liquides, puisque leur alimentation est plus abondante. La bière est généralement conseillée de même qu’un peu de vin pur; toutefois il ne faut pas en abuser, non plus que (les boissons alcooliques, dont la trop grande absorption amène une inflammation de la muqueuse stomacale et devient souvent la cause d’agitation et d’insomnies chez le nourrisson.

Influence des troubles du système nerveux. — Cette influence du système nerveux est manifeste : les femmes qui se tourmentent à tout propos, qui sont impressionnables à l’excès, sont généralement de mauvaises nourrices, à l’encontre des femmes calmes, que rien ne trouble.

Les émotions vives, les chagrins, amènent des modifications qui portent soit sur la quantité, soit sur la qualité du lait.

Influence des maladies aiguës. — Les maladies aiguës diminuent la quantité du lait et amènent des modifications profondes dans sa composition : l’eau et le sucre y diminuent souvent de quantité, tandis que les matériaux solides (caséine, beurre, sel) augmentent; dans la majorité des cas, l’existence d’une maladie aiguë oblige à cesser l’allaitement pour des raisons multiples. '

Des substances qui passent dans le lait. — Nombre de substances ingérées par la mère passent dans le lait et peuvent en modifier les caractères physiques ou les propriétés physiologiques; il ne suffit pas de savoir que telle ou telle substance passe dans le lait, il faudrait encore déterminer dans quelle proportion et si cette proportion est suffisante pour déterminer des troubles dans la santé du nourrisson. Tout cela est d'autant plus difficile à préciser qu’interviennent ici des prédispositions individuelles.

A. Au point de vue des aliments , un certain nombre (choux, carottes, navets, salades, asperges, ail, oignons, etc.) sont accusés de produire des troubles digestifs chez le nourrisson, lorsqu’ils sont ingérés par la nour-

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