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SUBSTANCES QUI PASSENT DANS LE LAIT

rice; très souvent cet ostracisme résulte d’une grossière erreur d’interprétation. C’est ainsi que la couleur verte des selles, résultant d’un allaitement mal dirigé, est souvent attribuée à ce que la nourrice a mangé de la salade ou des légumes verts; en réalité, il n’y a guère d’aliments qui soient interdits à la nourrice, à la condition que ces aliments ne soient pas altérés et qu’ils ne soient pas pris en trop grande quantité. Cependant il ne faut rien nier à 'priori : il est possible, que, par suite d’une prédisposition particulière, tel aliment retentisse sur la santé du nourrisson. Il suffit d’observer le fait, et d’en déduire les conséquences.

Du reste, il y a certains faits dans lesquels l’influence de l’alimentation sur la composition du lait ne peut être discutée ; c’est ainsi qu’on a retrouvé dans le lait les principes de l’asperge, de la carotte, du cresson, etc.

Chez les animaux, on a constaté que quelques plantes donnaient au lait une coloration particulière (rouge avec la garance, jaune avec le safran, etc.), ou une odeur spéciale (anisée, alliacée, etc.). Le lait de chèvres ayant brouté du colchique a pu produire des nausées, des vomissements chez les personnes qui en avaient bu.

D’après Cazeaux, la rhubarbe, administrée aux nourrices, produirait un effet purgatif sur l’enfant.

L 'alcool (4) absorbé en trop grande quantité amènerait à la longue des phénomènes d’agitation, d’insomnie, des convulsions et un amaigrissement progressif.

La glande mammaire en lactation détruit l’alcool plus activement que les reins, la peau ou les poumons. On peut donc administrer aux nourrices, à petites doses, des boissons alcooliques de bonne qualité: on ignore en effet comment se comporte la glande mammaire vis-à-vis des huiles empyreumatiques que l’on trouve dans les alcools de mauvaise qualité.

B. Médicaments. — Quant aux substances médicamenteuses , elles passent presque toutes dans le lait; tels sont la scammonée, les sels de soude et de magnésie, l’arsenic, les préparations solubles d’antimoine, le zinc, le bismuth, le plomb, I iode, le chloral, la jusquiame, l’iodoforme, etc. Le mercure y passe sûrement, et c’est une méthode de traiter le nouveau-né suspect de syphilis que d’administrer le traitement spécilique à la mère.

D’après Houselot (2) la digitale, l’ergot de seigle, l’antipyrine, le salicylatc de soude, passent aussi dans le lait, mais ces médicaments s’éliminent en si petite quantité qu’ils peuvent être prescrits sans inconvénients.

Différents auteurs (Lewald, Burdel, Lediberder, Saint-Vel) ont recherché si le sulfate de quinine administré à une nourrice passait dans le lait et si ce médicament n’avait pas quelque action fâcheuse sur le nourrisson; d’après

(g Des expériences faites sur les chèvres ont montré que l’alcool ingéré à la dose de 50 centimètres cubes ne passe pas dans le lait; à une dose plus forte (100 à 200 centimètres cubes), on trouve une portion de 0,2 à 0,5 pour 100 de la quantité ingérée. Klingmann a fait les mêmes recherches chez la femme à la Clinique de Bonn : il a fait prendre à des nourrices une quantité d’alcool variant de 45 à 58 centimètres cubes sous forme de vin mousseux ou de Porlo. Pendant les vingt-quatre heures suivantes le lait, extrait artificiellement, fut examiné avec soin : on n’y trouva pas trace d’alcool.

(2) Houselot, De la thérapeutique chez les nourrices dans ses rapports avec la sécrétion lactée. Thèse de Paris , 1900.

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