REGIME DE LA FEMME QUI ALLAITE
Dans des leçons faites en 1895, Pinard (*) a fait connaître les quantités de lait prises à chaque tétée, pendant les dix premiers jours, par des enfants de primipares et de multipares ; il a tiré des chiffres obtenus les conclusions suivantes :
La quantité de lait tétée chez les primipares peut être a peu près nulle LES TROIS OU QUATRE PREMIERS JOURS; ELLE ATTEINT OU DÉPASSE 400 OU 500 GRAMMES LES JOURS SUIVANTS.
Chez les multipares la quantité de lait prise par le nourrisson peut atteindre 400 ou 500 grammes dès le quatrième jour, et atteindre ou dépasser 600 GRAMMES les jours suivants.
A PARTIR DU CINQUIÈME JOUR, LA QUANTITÉ DE LAIT VARIE DE 400 A 600 GRAMMES SUIVANT LE VOLUME DE l’eNFANT.
11 est difficile de savoir la quantité de lait nécessaire à son développement que doit prendre le nourrisson; la balance fournit des renseignements précieux en permettant de constater Paugmentation régulière du poids de l’enfant et d’apprécier exactement la quantité de lait prise à chaque tétée.
Lorsque l’enfant prend du lait en trop grande quantité, il rejette généralement de suite après la tétée le trop plein de son estomac, il régurgite quelques grammes de lait; de plus, il présente de la diarrhée, des selles fréquentes liquides et mal digérées. Lorsque les troubles gastro-intestinaux sont plus marqués, on observe des alternatives de diarrhée et de constipation.
Au fur et à mesure que l’enfant avance en âge, la quantité de lait ingéré à chaque tétée augmente d’autant plus que la femme est meilleure nourrice et que les tétées sont moins fréquentes. Dès le 5e ou 4e mois, la quantité de lait ingérée par vingt-quatre heures peut atteindre, chez de gros enfants, 800 à 900 grammes; dans une observation publiée par P. Segond [Ann. de gyn ., 1874, t. II), une fille pesant à sa naissance 4 kilogrammes prenait par jour, du 12e au 20e jour, 7 à 800 grammes de lait; du 20e au 50e jour, 8 à 900 grammes; du 51e au 45e jour, 900 à 1000 grammes; du 45e au 60e jour, de 1000 a 1100 grammes.
Ces chiffres sont intéressants à connaître, mais ce qui importe surtout, ce n’est pas tant la quantité de lait ingéré, que sa qualité et la manière dont il est assimilé : il n’y a, pour apprécier l’allaitement à ce double point de vue, de meilleur critérium que l’augmentation de poids régulier de l’enfant. Tous les accoucheurs sont d’accord pour reconnaître l’importance des pesées faites chez les nouveau-nés. (Yoy. P. Budin, Leçons de clinique obstétricale , p. 271, Paris, 0. Doin, 1889.)
Régime de la femme qui allaite . — Les femmes qui allaitent doiventelles suivre un régime alimentaire particulier? Non ; il faut que l’alimentation soit variée et suffisante. On a beaucoup exagéré l’influence des aliments et des boissons sur la qualité et la quantité du lait. La nourrice ne doit guère proscrire de son alimentation que certaines substances dont les prim
f1) Yoy, YVallich, Sur la façon de diriger l’allaitement maternel. Revue d'obstétrique et de pédiatrie , 1894.