GERÇURES ET CREVASSES DU MAMELON
cipes odorants passent dans le lait : asperge, ail, oignon, etc.; elle devra volontiers manger, outre la viande, les œufs, le poisson, des purées de lentilles, de haricots, de marrons, etc.
Le vin coupé d’eau, le lait, la bière, constituent de bonnes boissons pour les nourrices. L’allaitement occasionne une soif assez vive que la femme doit satisfaire en prenant du vin, de la bière; si ces boissons ne suffisaient pas, elle prendrait un peu de tisane ou d’eau pure. La nourrice doit éviter de prendre de l’alcool ; il est d’observation que l’insomnie, l’état d’agitation de certains nourrissons ne reconnaissent souvent pas d’autre cause que les excès alcooliques de leurs nourrices sur lesquels Yallin a de nouveau appelé l’attention à l’Académie de médecine. Le café, le thé, peuvent être pris en quantités modérées, dans le but de favoriser les digestions.
Gerçures et crevasses du mamelon. — Lorsque la femme allaite, surtout pour la première fois, elle présente souvent des lésions du mamelon plus ou moins marquées. L’épiderme s’exfolie; le derme, mis à nu, s’excorie; il se produit une plaie dermique qui peut s’infecter et qui se cicatrise d’autant moins facilement que persiste la cause qui l’a produite, c’est-à-dire la succion du mamelon. Ces lésions du mamelon sont dénommées différemment suivant leurs caractères. «La simple érosion devient bientôt une excoriation , par suite de l’action continue des mêmes causes, et le derme, mis à nu, saigne à chaque effort de succion. Puis cette excoriation se creuse de plus en plus, s’allonge en général sous forme de fente et prend le nom de fissure , de gerçure ou de crevasse , suivant son étendue et sa profondeur » (Duplay).
La gerçure peut atteindre seulement la pointe du mamelon ou quelques points de sa circonférence ; on peut observer deux ou trois ulcérations sur le mamelon ; dans certains cas exceptionnels , il existe, à la base du mamelon, une crevasse étendue, qui la circonscrit entièrement et qui peut devenir si profonde qu’elle en amène la chute.
Causes. — Elles peuvent être divisées en causes prédisposantes et en causes déterminantes .
Un certain nombre de causes prédisposent la femme à avoir des crevasses ; c’est ainsi qu’on les observe surtout chez les primipares blondes , à peau très fine. Les mamelons courts, peu extensibles, peu saillants, sont plus exposés que les autres aux crevasses, en raison même des difficultés qu’éprouve le nouveau-né à les saisir ; lorsque le mamelon fait une saillie insignifiante et surtout lorsqu’il est ombiliqué,, les plaies du mamelon sont pour ainsi dire fatales, et si l’enfant est vigoureux, en quelques séances d’essais de tétée, il aura vite produit non seulement des plaies du mamelon, mais de la peau environnante. Au contraire, si le mamelon est bien conformé, s’il est facilement saisi par l’enfant, il restera le plus souvent indemne.
Lorsqu’une femme allaite pour la première ou la seconde fois, elle est plus exposée aux crevasses que lorsqu’elle a déjà nourri plusieurs fois ; dans ce dernier cas,, en effet, les mamelons sont plus faciles à prendre, la peau est plus résistante et s’excorie moins facilement. Exceptionnellement cependant on voit des femmes ayant allaité un ou deux enfants sans avoir