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GERÇURES ET CREVASSES DU MAMELON

présenté de crevasses et qui, lors d’un troisième allaitement, ont des crevasses qui durent plus ou moins longtemps.

Ces faits prouvent que ce qui crée surtout la crevasse du mamelon, c’est le traumatisme causé par la succion et surtout par la succion répétée; certains enfants qui, suivant l’expression des mères, ont la bouche dure , tettent avec une telle force, qu’ils produisent rapidement des lésions du mamelon. On fait jouer aussi un rôle, peut-être exagéré, au défaut de propreté au point de vue de la production des crevasses du sein ; lorsqu’on ne lave pas le sein après chaque tétée, le mélange de lait et de salive qui stagne à la surface du mamelon irriterait les tissus en fermentant et favori serait la production des plaies mamelonnaires. L’absence de lavage doit favoriser plutôt l’infection de ces plaies que leur production elle-même.

Les crevasses du sein apparaissent généralement du troisième au cinquième jour après raccouchement; exceptionnellement elles peuvent ne débuter qu’au bout de quinze jours ou trois semaines.

Les crevasses du sein sont une des complications les plus ennuyeuses de l’allaitement, non pas seulement à cause des complications (lymphangite, galactophorite, abcès du sein, etc.) qui peuvent survenir, mais parce qu’elles peuvent être suffisantes pour entraver l allaitement et le rendre même impossible. Elles déterminent chez la femme, au moment de la tétée, des douleurs parfois très vives ; tantôt la femme ne souffre qu’au moment où l’enfant, saisit le sein, ou pendant les deux ou trois minutes qui suivent; tantôt, au contraire, la douleur persiste pendant toute la durée de la tétée et même pendant quelque temps après. « Cette douleur est, dans certains cas, véritablement atroce. Certaines femmes ne peuvent, au moment où l’enfant prend le sein, retenir leurs larmes et leurs cris. D’aucunes même, alors que l’enfant vient à peine de terminer son repas, songent avec terreur aux souffrances que leur amènera la prochaine tétée ; le défaut de sommeil vient souvent aggraver l’état nerveux de ces malheureuses mères, et, de guerre lasse, on se trouve trop souvent dans l’obligation de faire cesser l’allaitement » (Oui, Écho médical du Nord , 18 mars 1900).

Cette cessation d’allaitement peut résulter aussi de ce que, par suite des douleurs qu’éprouve la femme, la sécrétion lactée ne s’établit que d’une manière très imparfaite; Pinard insiste avec raison sur ce fait qu’en raison même des douleurs éprouvées, tant que durent les crevasses, la sécrétion lactée s’établit mal; ce qui fait que l’enfant tire d’autant plus brutalement sur le mamelon que le lait vient plus difficilement et en petite quantité. On est obligé de faire de l’allaitement mixte ; les fermentations qui se produisent dans la bouche du nouveau-né, qui prend du lait de vache, favorisent les complications mammaires.

Chez certaines femmes, même avec des crevasses peu étendues, il se produit, vers la fin de la succion, un petit suintement sanguin au niveau de la plaie du mamelon : l’enfant avale ce sang qu’il rendra quelquefois sous forme d’hématémèse ou de mœlena. Il faut, en pareil cas, suspendre temporairement l’allaitement.

Les crevasses du sein mettent un temps variable pour guérir; lorsqu’elles

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