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TRAITEMENT DES CREVASSES DU MAMELON

sont nettement marquées, il faut compter trois ou quatre semaines avant qu’elles ne soient cicatrisées complètement ; dans certains cas, surtout pour les crevasses profondes de la base du mamelon, la cicatrisation n’est parfaite qu’au bout de sept à huit semaines. Du reste, à la condition de prendre les précautions de désinfection nécessaire, la crevasse, même incomplètement cicatrisée, n’a plus guère d’inconvénients si elle n’est pas douloureuse; la sécrétion lactée peut s’établir d’une manière suffisante, alors même qu’il persiste une plaie du mamelon.

Traitement. — Existe-t-il un traitement prophylactique des gerçures du mamelon, des crevasses du mamelon? Nous n’en connaissons pas; les lotions alcooliques ou astringentes faites sur le mamelon pendant les dernières semaines de la grossesse n’empêchent point les crevasses de se développer. Nous avons vu nombre de femmes faisant religieusement ces lotions matin et soir et chez lesquelles les crevasses devenaient assez intenses pour nécessiter la suspension de l’allaitement. Par contre, quantité de femmes qui n’ont eu recours à aucun soin préparatoire peuvent allaiter sans avoir de crevasses.

Il faut donc se contenter de panser le mieux possible ces petites plaies du mamelon, de manière à en favoriser la cicatrisation, mais surtout de manière à éviter les complications inflammatoires dont elles peuvent être le point de départ.

De nombreux topiques ont été employés pour panser ces plaies du mamelon : un certain nombre de médicaments et de pansements ne peuvent être utilisés, parce qu’ils ont une odeur plus ou moins désagréable qui empêche le nouveau-né de téter. Le gros inconvénient des pommades, des onguents, qui jouissent d’une certaine vogue, c’est de ne point être préparés d’une manière aseptique et de ne pas se conserver sans fermenter.

L'acide borique porphyrisé est utile pour saupoudrer le mamelon et l’aréole : c’est un antiseptique faible, mais qui est inoffensif pour le nouveau-né.

Pinard emploie depuis plusieurs années un pansement qui donne de bons résultats; il fait appliquer en permanence sur le sein un linge ayant été préalablement bouilli pendant une dizaine de minutes dans de l’eau boriquée saturée ou dans de l’eau stérilisée à l’autoclave : ce linge, appliqué sur le sein, est recouvert d’un carré d’imperméable (taffetas gommé, gutta-percha laminée), par-dessus lequel on met un peu d’ouate pour maintenir le pansement en place à l’aide d’une ceinture de flanelle. Lorsque la femme donne à téter, on retire le pansement du sein malade ; on nettoie le mamelon avec un petit tampon de coton aseptique imbibé de liquide antiseptique. Il est également bon de nettoyer la partie antérieure de la bouche de l’enfant qui pourrait inoculer le sein avec lequel elle se trouve en contact. Après la tétée, il suffit de nettoyer avec grand soin le mamelon et l’aréole, de manière à enlever le lait coagulé et la salive qui se trouvent déposés au voisinage de la plaie; puis on applique le pansement boriqué. Au bout d’un temps variable, les crevasses, les fissures, se cicatrisent et la femme peut continuer à allaiter. Lorsque cependant ces lésions sont étendues et profondes, la guérison à l’aide du simple pansement humide est assez longue à se faire.

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