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PANSEMENT DES SEINS

Tarnier a employé (De l'asepsie et de l’antisepsie en obstétrique, p. 758) le pansement des seins avec une solution de sublimé à 0,c20 centigrammes pour 1000, et en a obtenu de bons résultats (4).

Lepage conseille d’appliquer, au niveau du mamelon et de l’aréole, un petit rond de linge aseptique imbibé d’un mélange à parties égales de glycérine et de liqueur de Van Swieten ou de la mixture suivante employée par Pinard à la clinique Baudelocque.

Glycérine neutre 500 grammes.

Eau stérilisée 450 —

. Alcool 50 —

Biiodure de mercure dix centigrammes.

Iodure de potassium Q. S.

Sous l’influence de ce pansement, le mamelon se cicatrise plus rapidement : la liqueur de Van Swieten n’est point absorbée par le nouveau-né, puisqu’on a le soin de nettoyer la région avant chaque tétée. Ce pansement des seins constitue la véritable prophylaxie des lymphangites et , par suite , des abcès du sein.

Il est une précaution également indispensable à prendre : c’est que les doigts qui se mettent en contact avec le mamelon soient chirurgicalement propres. Nous n’avons point à répéter ce que nous avons dit au sujet de la propreté des mains des personnes (médecin, garde) qui soignent la femme; mais il importe également que la femme, qui est obligée de toucher plus ou moins le mamelon avec ses doigts pour le mettre dans la bouche de son enfant au moment des tétées, fasse chaque fois un lavage soigneux des mains et des ongles. Nombre d’abcès du sein ne reconnaissent pas d’autre origine ; il importe de vulgariser la connaissance de cette cause, au lieu d'invoquer l’action du froid qui est aussi banale que douteuse.

Si l’on prend ces précautions, si l’on note avec soin la température matin et soir, on est averti de la moindre infection qui se produit par cette voie et l’on redouble de soins antiseptiques ; s’il y a un commencement de lymphangite, on suspend pendant quelques heures l’allaitement du côté malade, en faisant par-dessus le pansement un peu de compression ouatée. Il est rare qu’avec ces précautions un abcès arrive à se développer.

( 1 ) « Dès que la nouvelle accouchée a été transportée dans son lit, dit Tarnier, on étend sur

chacun des seins une compresse imbibée d’une solution de sublimé à 0,20 pour 1000 Chaque fois

que la mère veut donner à téter, elle retire l’une de ses compresses et se lave le sein soit avec de l’eau bouillie, soit avec de l’eau légèrement salée, ou encore avec de l’eau boriquée. Après la tétée, elle lave de nouveau le sein pour le débarrasser du lait qui pourrait y rester attaché, et le pansement est rétabli.... Il n’y a aucun danger pour les enfants de panser les seins de leurs mères avec des compresses de sublimé, en se conformant, bien entendu, aux précautions que j’ai dites, et l’on prévient de cette manière la production des abcès du sein. — Le seul inconvénient du sublimé ainsi employé est de provoquer quelquefois de l’hydrargyrie, surtout chez les femmes à peau fine et blanche. Cette hydrargyrie n’a jamais de gravité; néanmoins, il faut alors supprimer le pansement, laver le sein avec de l’eau bouillie ou légèrement salée et le recouvrir avec des compresses d’eau boriquée. — Avec les pansements au sublimé, les crevasses sont moins fréquentes et guérissent plus vite. Quand elles déterminent de vives douleurs pendant les tétées, je les fais badigeonner, cinq minutes auparavant, avec un pinceau imbibé d’une solution de chlorhydrate de cocaïne à 1 pour 20 ; puis je les recouvre avec un tout petit disque de coton hydrophile trempé dans la môme solution. Au moment de mettre l’enfant au sein, le mamelon est largement lavé avec de l’eau ordinaire afin d’empêcher l’empoisonnement par la cocaïne. »

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