DU CHOIX D’UNE NOURRICE
plus nombreuses, quand on est obligé de se décider dans un bureau de placement, où une douzaine de nourrices au moins défilent devant nous, habillées, attifées, la plupart ayant préparé d’avance les réponses qu’elles doivent faire à des questions qu’elles ont prévues. 11 est bien inutile de leur demander si elles digèrent bien, si elles toussent, si elles ont eu quelque maladie de peau; elles vous répondront invariablement qu’elles jouissent d’une santé excellente et n’ont jamais fait un jour de maladie. Le meilleur parti est donc de ne faire que peu de questions et surtout de, les faire très précises relativement à l’existence de tel ou tel symptôme, dont la valeur ne peut être qu’imparfaitement appréciée par la nourrice ; ainsi telle qui n’avouera pas un rhume, vous dira bien qu’elle a eu une pleurésie^ Mais il faut surtout voir et toucher autant qu’on le peut et avec méthode , pour ne pas omettre, s’il est possible, l’examen d’un appareil important. »
Le premier examen qui doit être fait est celui du bébé de la nourrice : en règle générale, il ne faut prendre de nourrice qu’autant qu’on voit le nourrisson, qu’on s’assure qu’il est en bonne santé et qu’il ne présente aucune manifestation spécifique. Il faut donc examiner avec soin l’état des muqueuses buccale et anale de ce nourrisson, rechercher s’il n’a point de manifestation syphilitique au niveau de la plante des pieds ou de la face palmaire des mains, au niveau des testicules, etc. Comme ces accidents peuvent survenir pendant les cinq ou six premiers mois qui suivent la naissance, il ne faut prendre, autant que possible, qu’une nourrice accouchée depuis au moins quatre ou cinq mois G). D’ailleurs si reniant est malingre, chétif, s’il présente une certaine maigreur qu’on constate surtout bien au niveau des membres inférieurs, il est inutile d’examiner la nourrice. L’état de santé de l’enfant traduit en effet d’une manière nette les qualités de la mère comme nourrice/ll faut, bien entendu, être certain que l’enfant qui est présenté est bien celui de la femme qui veut se placer nourrice et — ce qui est plus difficile à contrôler — s’assurer que l’enfant a été exclusivement élevé au sein et non par l’allaitement mixte.
Lorsque l’enfant paraît en bonne santé, il faut procéder à l’examen de la mère et tenir compte de son habitus extérieur , etc. « La taille et Y embonpoint de la nourrice n’ont pas grande importance ; on voit de petites Berrichonnes trapues qui sont excellentes nourrices et qui par leur activité rendent plus de services dans une famille que certaines grandes, grosses et encombrantes Flamandes. — Plus important est l’air d e propreté et de soin de sa personne. Mais par ce côté la mère sera aussi bon juge que nous. » (P. Le Gendre.)
L’examen médical doit porter sur différents points : État des seins. — 11 faut apprécier non pas tant le volume total des seins, que celui de la glande mammaire qu’on reconnaît aux nodosités formées par le tissu glan-
( 1 ) Du reste l’article 8 de la loi Roussel prescrit que toute femme qui veut se placer comme nourrice sur lieu doit être munie d’un certificat du maire de sa résidence «. indiquant si son dernier enfant est vivant et constatant qu’il est âgé de 7 mois révolus, ou, s’il n’a pas atteint cet âge, qu’il est allaité par une autre femme ».