FŒTUS JUMEAUX
filles, bien que cependant le rapport des sexes soit légèrement modifié en laveur des filles. En effet, au lieu de trouver 106,6 garçons pour 100 filles comme dans les grossesses simples, on n’en trouve que 104 dans les grossesses doubles (1).
Bertillon a étudié les combinaisons de sexe dans les grossesses gémellaires et leurs causes; il a montré que les causes qui, dans les grossesses simples, amènent tantôt un garçon, tantôt une fille, ne sont pas les mêmes quand il y a émission simultanée de deux ovules par 1’ ovaire ; que, de plus, les ovules à deux germes favorisent la production des couples unisexués, et qu’enfin l’âge respectif des époux a une action incontestable sur la sexualité. Aussi y a-t-il lieu de séparer, au point de vue du groupement des sexes, les grossesses univitellines des grossesses bivitellines. En 1887, sur 22 cas de grossesses univitellines, Pinard a trouvé 22 fois les fœtus du même sexe. P. Bar et Eleuterescu ont examiné 24 cas de grossesses multiples dont 8 étaient univitellines et 16 étaient bivitellines. Dans les 8 grossesses univitellines les fœtus étaient du même sexe. Sur les 16 cas de grossesses bivitellines, 8 fois les couples étaient de sexe différent et 8 fois de même sexe (4 fois du sexe masculin et 4 fois du sexe féminin). De telle sorte que, sur les 24 grossesses multiples, il y avait 16 couples d’enfants du même sexe, c’est-à-dire les 2/3 du nombre total; c’est la proportion donnée par Bertillon sans distinguer le mode de genèse des grossesses multiples.
Développement. — Le poids et le volume des jumeaux sont presque toujours au-dessous de la moyenne, même lorsqu’ils naissent à terme, ce qui est exceptionnel et ne s’observe guère que chez les multipares. Leur poids varie surtout de 2000 à 5000 grammes. Assez souvent les deux fœtus sont d’inégal volume.
Il peut arriver que l’un des fœtus soit bien conformé, tandis que l’autre présente des malformations. Enfin l’un des enfants peut être mort depuis un temps variable, tandis que l’autre est parfaitement développé et vivant.
Attitude des fœtus. — Quant à l’attitude des fœtus dans la cavité utérine, elle est soumise à la même loi d’accommodation que pour la grossesse simple. Toutefois l’accommodation pelvienne ne peut exister pour le second fœtus, qui est toujours contenu dans la grande cavité abdominale. On trouve le plus souvent (fig. 305) les deux fœtus ayant tous deux la tête en bas, le tronc de l’un à droite, le tronc de l’autre à gauche; ou l’un ayant la tête en bas, l’autre la tête en haut (fig. 506). Enfin on rencontre aussi les deux têtes en haut (fig. 507). En additionnant les chiffres donnés par Depaul et Tarnier,
P) Sur 150 grossesses gémellaires Pinard a constaté :
2 garçons 46 fois.
2 filles 46 —
1 garçon et 1 fille 58 —
Dans une statistique portant sur 32 accouchements gémellaires observés sur 2727 accouchements, Etienne (de Nancy) a trouvé :
2 filles
2 garçons ....
1 fille et 1 garçon
11 fois. 13 — '
SIGNES DE LA GROSSESSE GÉMELLAIRE
on constate que, sur 516 accouchements gémellaires, les présentations ont
> ainsi combinées :
Deux sommets
151 fois.
Sommet et face
4 fois.
Sommet et siège. . . .
Face et sommet
Siège et sommet. . . .
Siège et face
Deux sièges
Epaule et sommet. . . .
Sommet et épaule. . .
Epaule et siège
Siège et épaule ....
Deux épaules
Sur 1 50 cas Pinard ;
i constaté :
Deux sommets
56 fois.
1er sommet, 2e face ...
1 fois.
1er sommet. 2e siège.
lre face, 2e siège ....
1er siège, 2e sommet. .
1er. front, 2e sommet. . .
Deux sièges
lre épaule, 2e siège ...
Ie1' sommet, 2e épaule .
lre épaule, 2e sommet . .
1er siège, 2e épaule . .
Ignorée
Budin distingue trois variétés dans la situation relative des œufs et des fœtus :
1° Dans la première, qui est classique, les deux fœtus sont placés Fun à côté de l’autre ; Fun occupe la partiedroite, l’autre la partie gauche de l’utérus.
2° Dans la seconde variété, les fœtus sont placés Fun au-dessus de l’autre. Ils sont superposés ; Fun occupe le fond de l’utérus, l’autre son segment inférieur.
5° Dans la troisième variété, ils sont placés Fun au-devant de l’autre; Fun d’entre eux occupe la partie antérieure de l’utérus, l’autre la partie postérieure.
Ces deux dernières variétés doivent être rares ; elles sont niées par différents accoucheurs. Rihemont-Dessaignes a observé un cas type de la troisième variété.
Les fœtus sont parfois fusionnés (œuf unique) et se présentent sous forme de monstres doubles (voy. Dystocie fœtale).
Variétés rares de grossesse dourle. — Signalons certains faits exceptionnels de grossesse double. C’est ainsi qu’on peut observer une grossesse gémellaire développée dans un utérus séparé en deux par une cloison : en pareil cas les œufs sont absolument distincts et complets, c’est-à-dire que chacun d’eux, outre ses membranes fœtales, possède une caduque ovulaire et une caduque utérine.
On a cité des faits de grossesse gémellaire dans laquelle il y avait à la fois grossesse utérine et grossesse extra-utérine.
Signes de la grossesse gémellaire. — Quand chez une femme enceinte on observe quelque discordance entre les constatations faites à l’aide des différents moyens d’exploration mis en œuvre et les renseignements fournis par la femme sur l’époque de ses dernières règles, lorsque la grossesse semble plus avancée que ne le dit la femme, on doit penser à l’existence d’une grossesse gémellaire. Songer à sa possibilité, c’est se placer dans les meilleures conditions pour ne pas la méconnaître.
1° Interrogatoire. — Les troubles digestifs et nerveux sont plus accusés.
SIGNES DE LA GROSSESSE GÉMELLAIRE
Les femmes remarquent généralement un développement insolite de l’abdomen ; celles qui ont eu déjà des enfants constatent que leur ventre est plus volumineux qu’il ne l’était lors des grossesses antérieures à une époque correspondante. Certaines femmes perçoivent des mouvements fœtaux de différents côtés à la fois et pour ainsi dire dans tout l’utérus. Cependant il n’est pas rare de voir, même chez des multipares, la grossesse gémellaire évoluer, même pendant les derniers mois, sans donner lieu à une symptomatologie spéciale.
A une époque variable se produisent des phénomènes de compression dus au développement excessif du ventre : la compression des gros troncs vasculaires situés sur la partie postérieure de l’abdomen produit une gêne de la circulation en retour et amène de l’œdème et des varices au niveau des membres inférieurs et de plus V œdème sus-pubien.
Depaul attachait une grande importance à ce signe, surtout lorsqu’il coïncidait avec des varices des membres inférieurs, de la vulve et
des veines hémorroïdales. Tarnier et Pinard ne lui reconnaissent pas même valeur et l’ont rencontré souvent dans les grossesses simples, avec un fœtus volumineux ou dans les cas d’hydropisie de l’amnios. De plus il n’existe pas toujours dans les grossesses gémellaires.
En outre, la femme éprouve une dyspnée plus ou moins accusée due au refoulement du diaphragme (Peu) ; elle marche assez difficilement et ressent des crampes dans les membres inférieurs.
2° Inspection. — Lorsqu’on examine la femme, on constate par la vue, outre l’œdème des membres inférieurs, de la région sus-pubienne, que l'abdomen est volumineux, que le développement de l’utérus n’est pas en rapport avec l’âge de la grossesse , qu’il est plus considérable qu’il ne devrait être. La forme de l’utérus présente quelques particularités : son fond peut être distendu d’une manière anormale au niveau de chacune des deux cornes par les tètes des deux fœtus ; une dépression qui sépare ces deux