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CONDUITE A TENIR DANS LA GROSSESSE GÉMELLAIRE

fœtus avant la sortie du second fœtus ; Monteiro n’a relevé ce fait que deux fois sur 164 cas. C’est dans ces cas exceptionnels qu’on a pu voir la grossesse continuer à évoluer pour un seul fœtus.

Il faut se rappeler que, dans la délivrance gémellaire, la femme est tout particulièrement exposée à perdre du sang; son utérus se rétracte et se contracte mal, parce qu’il a été surdistendu pendant la grossesse et surmené au cours du travail. En outre, le placenta, même décollé, en raison de son volume exceptionnel, peut tarder à s’engager.

Pronostic . — La grossesse gémellaire est d’un pronostic un peu moins favorable pour la mère et surtout pour les fœtus que la grossesse simple.

Lanière a généralement une grossesse plus pénible; les phénomènes dits sympathiques de la grossesse (vomissements, etc.) prennent assez rapidement un caractère pathologique. De plus, les phénomènes de compression se traduisent par de l’œdème des membres inférieurs, des varices et surtout par de l’albuminurie, qui vient singulièrement compliquer cet état. — La femme arrive ainsi au moment du travail, dans de mauvaises conditions, fatiguée par une grossesse pénible ; le surmenage causé par un travail laborieux vient ajouter son action nocive et met ainsi la femme dans des conditions favorables au développement des infections. — Faut-il ajouter que l’hémorragie de la délivrance vient encore débiliter la femme et la rendre un terrain de culture microbienne très favorable?

11 ne faut cependant pas croire que la femme qui présente une grossesse gémellaire soit beaucoup plus exposée qu’une autre ; elle a besoin d’être surveillée de plus près, d’être soignée très attentivement et surtout elle a besoin d’être mise à un repos complet dès le sixième ou le septième mois ; mais il ne faut pas oublier que, surtout chez les multipares et chez les femmes ayant une assez haute stature, la grossesse gémellaire peut évoluer jusque près du terme et même jusqu’à terme sans aucune complication.

Chez ces mêmes femmes, le pronostic pour les deux fœtus n’est guère moins favorable que dans la grossesse, simple ; une statistique, dressée par Lepage, montre la différence du pronostic pour les jumeaux issus de primipares ou de multipares : sur 18 jumeaux issus de primipares, 10 seulement ont survécu; sur 38 jumeaux issus de multipares, 4 seulement sont morts. Ces différences tiennent surtout à ce que, chez la primipare, la grossesse gémellaire se termine à une époque assez éloignée du terme : de telle sorte que les fœtus naissent petits, et qu’en raison même de ce faible volume ils sont assez exposés au cours du travail, qui est long, laborieux.

D’une manière générale, le pronostic pour les jumeaux doit être un peu réservé, parce qu’en raison de la non-accommodation pelvienne les seconds fœtus peuvent se présenter en attitude vicieuse qui nécessite une intervention .

Conduite à tenir dans la grossesse gémellaire. — Pendant la grossesse, il est utile de faire le diagnostic aussitôt que possible; est-il besoin d’ajouter qu’il ne faut jamais affirmer ce diagnostic qu’autant qu’on en a la certitude absolue ? Une telle affirmation est trop facile à contrôler au moment de l’accouchement, pour qu’on puisse l’avancer à la légère.

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