COLIQUE HÉPATIQUE ET GROSSESSE
ment indiqués pour combattre l’hyperthermie. C’est à tort qu’on a craint que, par suite de la brusque réfrigération, il y ait congestion utérine et production de décollement ovulaire et d’hémorragie placentaire. Sur 14 cas (thèse Duhaut) dans lesquels le bain froid a été employé, il n’y a eu que ô avortements et pas une femme n’a succombé. Les bains froids abaissent la température et, d’autre part, la diurèse qu ils produisent provoque l’élimination des microbes et de leurs toxines, et les empêche ainsi de traverser le libre placentaire : le fœtus court d’autant moins de risques d’infection.
Colique hépatique. — La colique hépatique peut exister pendant la puerpéralité, ainsi que l’ont établi les travaux ou observations de Tarnier, Willemin, Durand-Fardcl, IL Huchard, Bouchard, J. Cyr, etc.
Elle se montre parfois pendant la grossesse (I l fois sur 51 cas d’après la statistique de Cvr); le plus habituellement, elle n’éclate qu’après l’expulsion du fœtus ; dans les deux tiers des cas, elle survient pendant le mois qui suit f accouchement.
Les conditions qui, pendant la puerpéralité, prédisposent la femme à la colique hépatique sont multiples : l’exagération des fonctions nutritives amène une augmentation dans les matériaux de déchets qui ne sont plus suffisamment brûlés ou éliminés, surtout lorsque la femme a une hygiène défectueuse (défaut d’exercice, séjour dans un air confiné, etc.). Ajoutons-y l’entrave apportée au jeu du diaphragme par le développement de l’utérus, le séjour forcé au lit pendant la grossesse par suite d’une complication (varices par exemple). Le repos prolongé au lit auquel sont astreintes les femmes après l’accouchement explique la fréquence relative de cette complication à cette période de la puerpéralité.
Pendant la grossesse, le cours de la hile est ralenti par pression mécanique, par compression des canaux sécréteurs : ce qui favorise la précipitation de la cholestérine dans la vésicule.
D’après Huchard, cette compression des voies biliaires peut expliquer deux phénomènes opposés ; la production des calculs par' ralentissement de la hile et la suspension des crises par une compression plus complète qui empêche la migration des calculs après avoir aidé à leur formation. — Quelquefois c’est sous l’influence du travail, et en particulier des efforts de la femme, qu’un calcul s’engage dans le canal cystique.
D’après Skutsch, les modifications de la pression intra-abdominale, qui se produisent après l’accouchement, favorisent l’élimination des calculs qui existent dans la vésicule biliaire.
La colique hépatique est une manifestation de l’arthritisme : elle survient chez les femmes qui en présentent déjà certaines manifestations ou chez d’autres pour lesquelles la grossesse, avec ses tendances congestives, est une cause d’appel pour l’arthritisme (IL Huchard).
La symptomatologie de la colique hépatique est trop connue pour la rappeler ici; son apparition chez une femme enceinte ou accouchée donne lieu à des erreurs de diagnostic d’autant plus fréquentes que souvent on observe des formes frustes et en particulier des formes qui ne s’accompagnent pas d’ictère.