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PNEUMONIE ET GROSSESSE

logistes, et en particulier de Netter, cette question est entrée dans une voie nouvelle (*).

La puerpéralité ne prédispose aucunement à la pneumonie; il semble même que cet état ne crée point un état favorable à révolution de la maladie. Lorsque cependant la pneumonie éclate chez une femme enceinte, elle s’accompagne d’une réaction fébrile plus marquée, et surtout d’une dyspnée intense due en partie à la gêne mécanique apportée au jeu du diaphragme. Elle ne présente pas de siège de prédilection ni de marche particulière. La pneumonie est plus grave chez une femme enceinte qu’en dehors de la puerpéralité, en raison du surmenage qu’impose au cœur la coexistence de la pneumonie et de la grossesse.

Ce qui est établi, c’est la fréquence de l’avortement et de l’accouchement prématuré qui surviennent, le premier dans plus du tiers des cas, le second dans les deux tiers des cas : de telle sorte que plus la grossesse est avancée, plus elle est exposée à être interrompue par la pneumonie intercurrente. Les causes qui amènent l’expulsion de l’œuf sont mal connues (hyperthermie, dyspnée, accumulation d’acide carbonique dans le sang, mort du fœtus, etc.).

Sur 213 cas qu’il a réunis, Flatté a noté que la grossesse n’avait pas continué 118 fois, soit 55,4 pour 100; sur ces 118 cas, il y a eu 42 avortements et 76 accouchements prématurés.

Le pronostic pour la mère diffère suivant que la grossesse continue ou non; il serait plus grave lorsque le fœtus est expulsé (Boli) . L’expulsion du fœtus est-elle bien la cause de la gravité plus grande du pronostic, ou ne laut-il pas plutôt admettre que la femme ne succombe, de même qu’elle n accouche, que parce que l’infection pneumonique possède une intensité particulière? D’ailleurs, dans certains cas, l’expulsion du fœtus est suivie d’une détente dans les troubles pulmonaires, d’un abaissement de la température et d’une prompte résolution de la maladie. Sur 243 cas, S. Flatté a noté la mort de la mère 75 fois; ce qui donne une mortalité de 35 pour 100. Il semble que la mortalité soit plus grande dans les trois derniers mois de la grossesse que dans les six premiers.

Le retentissement cle la pneumonie sur la vie et la santé du fœtus est l’une des questions les plus intéressantes de la pathologie générale : le fœtus issu d’une mère pneumonique peut ne pas être malade, mais il peut naître mort ou mourir dans les jours qui suivent sa naissance après avoir présenté des symptômes graves. Pour que l’infection du fœtus ait lieu, il faut, d’après Netter, qu’il y ait infection générale de la mère et présence de pneumocoques dans le sang maternel. Cette infection transmise au fœtus ne se traduit pas seulement par des lésions pulmonaires, mais elle peut déterminer d’autres localisations microbiennes qui sont l’origine de méningites, d’endocardites, d’abcès multiples, etc.

Le traitement de la pneumonie pendant la grossesse ne présente aucune indication spéciale, sauf peut-être celle de recourir à la saignée lorsqu’il y a

(*) Consulter S. Flatté, La pneumonie pendant la grossesse. Thèse de Paris, 1892.

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