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PLEURÉSIE ET GROSSESSE

une cyanose très accusée; les autres émissions sanguines, ventouses scarifiées, etc., peuvent être également utiles. Quant aux indications de F avortement ou de l’accouchement prématuré, elles sont exceptionnelles : lorsque l'état de la femme est très grave, lorsqu’elle est asphyxiante, l’accouchement provoqué pourra être tenté comme une dernière ressource.

Lorsque la femme pneumonique est accouchée, peut-elle donner le sein sans danger pour son enfant? C’est une question qu’on ne peut trancher avant de savoir si le pneumocoque passe ou non dans le lait.

Pleurésie. — Elle est exceptionnelle au cours de la grossesse, sur laquelle elle ne semble pas avoir d’action manifeste. Elle peut amener toutefois des troubles dyspnéiques par suite de l’abondance de l’épanchement, de la bilatéralité ou de son siège particulier (pleurésie diaphragmatique) ; quelquefois elle détermine l’accouchement prématuré.

La pleurésie gravidique peut revêtir toutes les variétés cliniques; elle peut être fibrineuse, séro-fibrineuse, voire purulente d’emblée (l). Elle semble peu influencée par la grossesse (P. Le Gendre).

Le traitement ne présente rien de particulier : il faut avoir recours, suivant les indications, aux révulsifs, aux ventouses scarifiées, aux diurétiques, aux purgatifs légers, etc. Parmi les diurétiques, le régime lacté doit tenir le premier rang.

La thoracentèse est indiquée surtout dans les derniers mois, lorsqu’il y a de l’orthopnée avec un épanchement assez abondant. La ponction doit être faite dans le cinquième espace intercostal : on a soin de relever un peu la pointe du trocart pour ne pas blesser le diaphragme qui est très refoulé en haut vers la fin de la grossesse. « Dans le cas d’épanchement longtemps stationnaire et assez abondant pour entraver notablement la respiration, il paraît également indiqué de donner à la malade le bénéfice de la thoracentèse : tel est l’avis de Charpentier avec Duguet, Verneuil, Dieulafoy. Loin de favoriser l’avortement, la ponction de la plèvre donne à la femme plus de chances de mener la grossesse jusqu’au terme physiologique, puisqu’on facilite l’hématose et par suite la vitalité du fœtus. » (P. Le Gendre.)

Les pleurésies qui surviennent après l’accouchement sont encore mal Connues : l’examen microbiologique permet de différencier les pleurésies simples des pleurésies infectieuses survenant soit comme manifestation isolée de la septicémie, soit comme l une des localisations diverses d’une septicémie généralisée.

Leucémie. — Les observations en sont rares pendant la grossesse; la leucémie est caractérisée par les symptômes habituels, augmentation des globules blancs, hypertrophie de la rate. D’après Sânger, la leucémie serait transmissible de la mère au fœtus.

(L Charrin et Nobécourt ont observé (Soc. de biol., 15 juin 1895) chez une femme enceinte de sept mois et demi une pleurésie gauche s’accompagnant d’une dyspnée intense et d’un état général grave ; le liquide peu abondant était purulent, d’une odeur fade, nauséeuse et fétide; il contenait des gaz et un bacille, le proteus vulgaris. La ponction n’a pas amené d’amélioration; l’expulsion prématurée du fœtus s’est produite au bout de dix-sept jours et la femme a succombé quelques heures après. L’enfant, pesant 2550 grammes à la naissance, ne pesait plus que 2500 grammes au bout de vingt-neuf jours.

MALADIES DU CŒUR ET GROSSESSE

Hémophilie. — Les femmes hémophiliques sont tout particulièrement prédisposées aux hémorragies pendant la grossesse. C’est surtout pendant l’accouchement que l’on peut voir survenir des hémorragies assez graves, mortelles même ; il en est de même au moment de la délivrance ou pendant les suites de couches.

On combat ces hémorragies par les moyens habituels; c’est dans ces cas qu’on est parfois obligé de recourir au tamponnement ou à la compression prolongée de l’aorte. Les hémorragies qui surviennent chez les hémophiles sont rarement assez inquiétantes pour nécessiter l’interruption de la grossesse.

Purpura. — Le purpura qui se rencontre pendant la grossesse peut présenter deux aspects cliniques différents : tantôt il est simple et disparaît au bout de quelques jours de repos; tantôt, au contraire, ce n’est qu’un symptôme d’un état général hémorragipare ; il y a, en même temps des épistaxis, des hématuries. Le pronostic est alors particulièrement grave.

En présence d’un cas de purpura chez une femme enceinte, il est utile de rechercher si dans le sang de la malade il y a rétraction du caillot sanguin et formation de sérum. Hayem a montré en effet que, par suite de la diminution du nombre des hématoblastes, la rétraction du caillot ne se fait pas dans quelques états pathologiques, et, en particulier, dans le purpura hémorragique; Bensaude (Soc. méd. des hôp ., 15 janvier 1897) a repris ces recherches et a montré que par l’examen du sang on peut porter le diagnostic de purpura hémorragique dans des cas ayant les apparences d’un purpura simple ou caractérisé simplement par des ecchymoses cutanées.

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