VARICES
Elles sont fréquentes chez la femme enceinte, et peuvent siéger sur les différentes parties du corps; mais elles existent surtout : 1° aux membres inférieurs ; 2° aux organes génitaux externes et internes ; 5° au rectum et à I’anus.
Nous laisserons de côté des varices plus rares siégeant au niveau du tronc, de l’urètre, de la vessie et qui, bien qu’observées pendant la puerpéralité, ne présentent guère d’intérêt au point de vue obstétrical-
VARICES ET GROSSESSE
1° Varices des membres inférieurs. — Ce sont celles qu’on rencontre de beaucoup le plus souvent. Elles peuvent être divisées en superficielles et profondes .
a. Varices superficielles. — Elles varient d’aspect suivant leur siège et leur degré de dilatation.
Quelquefois ce sont des varices capillaires, siégeant à la face dorsale du pied, au niveau des malléoles ou de la partie inférieure de la jambe. Suivant leur profondeur, les veinules dilatées prennent un aspect bleuâtre ou rougeâtre qui rappelle la couleur des nævi. Lorsqu’elles siègent sur la cuisse, elles prennent une forme étoilée.
Fréquemment ce sont des veines plus volumineuses (saphènes et leurs collatérales) qui sont dilatées; tantôt elles forment des réseaux à mailles losangiques, tantôt elles se contournent et présentent des flexuosités avec des renflements en forme d’ampoule. Si ces flexuosités sont nombreuses, on observe une véritable tumeur variqueuse qu’on a comparée à une tète de Méduse.
Les tissus qui entourent les varices sont plus ou moins indurés suivant l’état de la veine : si celle-ci a conservé son épaisseur, la peau reste lisse et souple; si la veine s’est indurée ou amincie, la peau devient moins épaisse et la varice est tout à fait superficielle.
Généralement le tissu cutané est épaissi, infiltré; le membre est plus ou moins augmenté de volume, œdématié.
Les varices débutent rarement pendant la première grossesse; habituellement c’est à la deuxième ou à la troisième grossesse qu’elles apparaissent, à une époque d’ailleurs variable de la gestation. Chez quelques femmes, c’est peu de temps après la fécondation qu’elles se montrent; chez d’autres, c’est seulement pendant les derniers mois.
Elles surviennent même chez des femmes qui ne présentaient antérieurement aucune varicosité; plus rarement on observe que les varices qui existaient depuis longtemps n’augmentent pas de volume.
Les varices déterminent de la pesanteur dans le membre atteint , de la gêne dans la marche et quelquefois une douleur obtuse accompagnée de picotements, de fourmillements. Ces symptômes sont peu inquiétants, à moins qu’il ne survienne une complication.
Lorsque les varices se développent réellement sous Lintluence de la grossesse, elles disparaissent presque toujours plus ou moins complètement dans les jours qui suivent l’accouchement.
Si le fœtus vient à succomber dans la cavité utérine, les varices s’affaissent et diminuent (Budin et Rivet). Cette modification survient aussi parfois lorsque la partie fœtale s’engage profondément dans les derniers temps de la grossesse. Au moment du travail, les varices peuvent devenir gonflées et turgescentes (Cazin).
b. Varices profondes. — Elles donnent lieu â des symptômes un peu plus accusés (pesanteur, crampes dans les mollets, fatigue à la marche, empâtement du membre). Verneuil a démontré que, d’une manière générale, les varices profondes précédaient presque toujours les varices superficielles; il en est de même chez la femme enceinte.
VARICES ET GROSSESSE
Complications. — Les varices chez la femme enceinte sont généralement sans inconvénient; dans certains cas cependant, chez les femmes qui sont obligées de travailler debout, elles empêchent fexercice de la profession; parfois même la marche devient impossible. Ces différents troubles peuvent provenir du développement considérable des varices ou des complications dont elles sont le siège. Les complications les plus fréquentes sont : 1° Y œdème; 2° les ulcères variqueux ; 5° la thrombose; 4° la phlébite et la périphlébite; 5° les ruptures avec hémorragies.
1° L’ œdème est très fréquent; il siège surtout au niveau de la face dorsale du pied et de la partie inférieure de la jambe; il diminue ou disparaît habituellement sous l’influence du repos et du séjour au lit. Chez certaines multipares, cet œdème est très marqué et vient s’ajouter à l’empâtement du membre causé par les varices profondes.
2° C’est également chez ces femmes qu’on voit survenir au niveau des varices des modifications cutanées (eczéma, etc.) qui favorisent la production des ulcères variqueux; mais, pour que ces lésions se produisent, il faut que la femme ait présenté avant sa grossesse des lésions variqueuses assez développées.
Il faut tenir au lit les femmes atteintes d’ulcères variqueux pendant leur grossesse et appliquer des pansements variés ; s’il y a simplement de l’eczéma variqueux, on doit faire un pansement calmant pour empêcher la femme de se gratter.
5° La thrombose est rare pendant la grossesse.
4° Plus fréquente est la phlébite, qui se développe sans cause appréciable ou à la suite d’un traumatisme; la femme éprouve au niveau d’une varice une douleur assez vive qu’exagèrent mouvements et pressions.
A l’examen, on constate, au niveau de la varice enflammée, une tumeur plus ou moins volumineuse, rougeâtre, de consistance plus ou moins dure; la peau présente de l’élévation de température. Les symptômes généraux (frisson, fièvre, etc.) sont plus ou moins intenses.
Sous l’influence du repos absolu, de l’élévation du membre inférieur, des résolutifs locaux (cataplasmes, pansements humides, etc.), la phlébite guérit ; mais, dans un certain nombre de cas, l’inflammation se propage aux tissus voisins (périphlébite). Cette périphlébite peut exceptionnellement devenir phlegmoneuse et nécessite alors un traitement chirurgical.
Le fait est rare; de plus, il importe de savoir qu’ÛNE femme qui a eu pendant SA grossesse de la phlébite ou de la périphlébite n’est pas plus exposée qu’une