‹ Précis d'obstétriqueChapitre 300 sur 692 · DE L’ANÉMIE PERNICIEUSE PROGRESSIVE DES FEMMES ENCEINTES · texte numérisé non relu

DE L’ANÉMIE PERNICIEUSE PROGRESSIVE DES FEMMES ENCEINTES

une affection race, qui s’observe principalement dans l’état puerpéral. Entrevue en 1869 par Valsuani, sous le nom de cachexie puerpérale, elle a été surtout bien décrite en 1871 par Gusserow, qui en a réuni 5 cas suivis de mort. En 1877, Eichhorst en a rassemblé 39 cas (29 chez des femmes enceintes et 10 chez des nouvelles accouchées); d’assez nombreuses observations ont été publiées depuis par Quinquaud (1879), Mangiagalli (1882), Chiara (1883), etc. ; en 1894, Tarnier (4) a consacré une clinique à ce sujet en même temps que Pinard en observait à la clinique Baudelocque un cas intéressant, d’où il conclut que presque toujours le syndrome dénommé anémie pernicieuse progressive est en réalité dû à une néphrite intense (2).

Symptômes. — Elle débute insidieusement : la femme, qui était déjà fatiguée et anémiée par la grossesse, devient très faible, s’alanguit; le moindre mouvement lui est pénible et s’accompagne de palpitations, de dyspnée et de tendance syncopale. Les téguments sont décolorés ; la face est pâle, un peu bouffie. La langue est plus ou moins sèche et, bien que les fonctions digestives se fassent mal, l’amaigrissement n’est pas très accusé. Les troubles digestifs les plus habituels sont des vomissements répétés et une diarrhée rebelle. Ces symptômes peuvent faire défaut, comme chez une malade (observée par Tarnier) qui a toujours eu un appétit suffisant et paraissait bien digérer. C’est surtout l’état général qui est mauvais; les syncopes sont fréquentes. La fièvre est plus ou moins marquée.

Le cœur présente un souffle systolique, de siège variable, avec retentissement dans les vaisseaux du cou; à une période plus avancée, le souffle disparaît et les bruits du cœur deviennent sourds. L examen du sang montre que l’hémoglobuline diminue considérablement ainsi que le nombre des globules rouges, qui tombe à 2 000 000, à 1 000 000 et même beaucoup plus bas (378 000, Lépine), de même que les matériaux solides du sang. Les urines ne contiennent pas d’albumine, ou n’en contiennent que fort peu.

Il existe une hydropisie qui, d’abord localisée aux membres inférieurs, au tissu cellulaire, envahit peu à peu les séreuses et donne lieu à des troubles fonctionnels déplus en plus intenses. Parfois des hémorragies (épistaxis, etc.) viennent compliquer assez brusquement la situation; Quinquaud a signalé les hémorragies rétiniennes qui augmentent les troubles de la vue.

Marche. — Pronostic. — Terminaisons. — La marche de cette maladie est presque toujours fatale; les femmes tombent peu à peu dans une prostration eomplète et succombent épuisées. Elles accouchent assez souvent prématurément, vers le septième ou le huitième mqis, et meurent généralement dans les quelques jours qui suivent l’expulsion du fœtus. Quelquefois la femme succombe avant qu’il y ait expulsion de l’œuf. Parfois la maladie présente une forme subaiguë, avec des intermittences et des rémissions plus ou moins marquées; mais elle n’en aboutit pas moins à une terminaison fatale. — Le pronostic est donc de la plus haute gravité pour la mère et pour le fœtus.

Diagnostic. — L’anémie pernicieuse progressive des femmes enceintes,

(4) Tarnier, Bull, médical , 16 déc. 1894.

(2) De l’anémie grave dans la grossesse. Thèse Ch. Husson, Paris, 1895. — Pathogénie cl diagnostic de l’anémie pernicieuse progressive des femmes enceintes. Thèse A. Plicot, Paris, 1895.

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