DES ŒDEMES AU COURS DE LA GROSSESSE
Il est assez commun de voir au cours de la grossesse, surtout pendant les deux ou trois derniers mois, survenir de l’œdème au niveau des membres inférieurs; dans un certain nombre de cas, cet œdème reconnaît comme cause soit une affection locale telle que les varices, soit une affection générale telle que l’albuminurie, soit le développement anormal de l’utérus dû cà l’hydramnios ou à une grossesse double, qui entrave la circulation en retour. Il nous parait inutile de décrire avec détails la symptomatologie si variée de ces œdèmes, qui disparaissent ou tout au moins diminuent sous l’influence du repos et du régime lacté.
Depuis quelques années, Pinard appelle l’attention sur certains œdèmes plus ou moins généralisés qui semblent être une des manifestations de V auto-intoxication gravidique ; chez certaines de ces femmes, il n’y a pas de varices, l’utérus n’est pas très volumineux, les urines ne contiennent pas d’albumine et cependant ces femmes présentent un œdème considérable des membres inférieurs, de l’œdème de la paroi abdominale et en particulier de l’œdème sus-pubien. Ces œdèmes, cette anasarque, sont dus à des modifîca-
HYDROPISIES DES SEREUSES.
tions du sang causées par l’auto-intoxication gravidique. Si ces femmes ne sont pas soumises à un traitement sévère par le repos au lit et le régime lacté, elles pourront être bientôt atteintes d’autres manifestations de l’autointoxication et en particulier d’albuminurie et d’éclampsie.
Chez certaines femmes, fatiguées par la grossesse, cette anasarque peut persister après raceouchement et mettre les jours en danger; ce sont ces états particuliers que Baudelocque neveu, Stolz, ont décrits sous le nom de cachexie séreuse. Dans certains cas, l’œdème généralisé a envahi les organes génitaux externes : les grandes lèvres sont infiltrées et œdématiées. Cette infiltration prédispose aux déchirures, aux plaies contuses au moment de l’accouchement; il n’est point rare de voir des escarres survenir les jours qui suivent l’accouchement. Ces femmes sont tout particulièrement prédisposées à l’infection génitale ; aussi faut-il redoubler chez elles les soins antiseptiques.