ACCÈS ÉCLAMPTIQUES
les urines; si l’albumine réapparaît, on revient au régime lacté intégral. Si, au contraire, l’albumine ne revient pas au bout de quelques jours de régime mixte, on cesse complètement le lait.
Parfois l’albuminurie gravidique est tenace; elle persiste, à de faibles doses, pendant des mois et môme des années. Faut-il continuellement soumettre les femmes au régime du lait? Evidemment non. Un certain nombre de ces albuminuries légères et tenaces sont d’origine gastro-hépatique et doivent être traitées en conséquence. On voit de nouvelles grossesses survenir chez ces femmes sans que la quantité d’albumine augmente d’une façon notable. Chez certaines femmes l’albumine disparaît peu de temps après l’accouchement pour ne réapparaître qu’au cours d’une nouvelle grossesse : l’urine est normale dans l’intervalle des grossesses. C’est à ces cas que Royer, Litzmann, Bartels, Vinay, ont appliqué l’épithète de rein gravidique récidivant : cette expression n’est pas à conserver, puisqu’il n’est pas démontré que le rein soit seul en cause.
DES ACCÈS ÉCLAMPTIQUES
Pinard s’est élevé en 1893 contre l’expression d 'éclampsie puerpérale qui peut faire croire qu elle constitue une maladie bien caractérisée ; il préfère la dénomination d 'accès éclamptiques en spécifiant que ces accès ne sont qu’une des manifestations de l’auto -intoxication gravidique.
Les accès éclamptiques sont caractérisés par des convulsions toniques et cloniques s’accompagnant de perte de la sensibilité, de l’intelligence avec ou sans élévation de température.
Fréquence et causes . — La fréquence de cette complication varie suivant que les femmes sont ou non examinées pendant leur grossesse, suivant qu’elles sont soumises ou non au régime lacté. Sur 38 000 accouchements environ, Mme Lachapelle en a observé 61 cas ; en additionnant de nombreuses statistiques, on arrive à une moyenne de 1 cas d’éclampsie sur 550 accouchements environ. Lôhlein ( Congrès de la Soc. ail. de ggn.y mai 1891) a réuni les statistiques de diverses cliniques d’Allemagne, d’Autriche et de Suisse, et, sur un total de 52525 accouchements, a noté 325 cas d’éclampsie, c’est-à-dire 1 femme éclamptique sur 151. Dans les Maternités, la proportion parait un peu plus forte qu’elle ne l’est en réalité, parce que nombre de femmes éclamptiques, qui comptaient accoucher chez elles, y sont apportées à cause de cette complication. La statistique de Pinard à Lariboisière donne 35 cas d’éclampsie sur 19 515 accouchements, soit 1 sur 200 accouchements; sur 78105 femmes accouchées à Baudelocque de 1895 à 1900, 57, c’est-à-dire 1 sur 217, ont présenté des accès d’éclampsie : 45 (sur 7595) étaient primipares, 12 (sur 10510) étaient multipares.
Il est exceptionnel , en effet, que Y éclampsie survienne sans que l’albuminurie ait existé au préalable. Sur 168 éclamptiques dont les urines ont été examinées avec soin, Olshausen n’a constaté qu’une fois l’absence totale d’albumine. 11 n’est que peu d’observations où la femme ait préprécis d’obstétrique, 41