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PUTRÉFACTION DU FŒTUS

sanguinolente. Parfois ce liquide a une coloration noirâtre, semblable à du marc de café, et une consistance épaisse.

4° Putréfaction. — Pour que le fœtus retenu dans la cavité utérine se putréfie , il faut que Pair puisse pénétrer jusqu’à lui, c’est-à-dire qu’il y ait rupture des membranes : le fœtus se trouve alors dans de bonnes conditions (air, chaleur, humidité) pour se putréfier. — Cette décomposition se fait plus ou moins rapidement suivant que le fœtus est mort depuis un temps plus ou moins long, suivant que l’antisepsie a été ou non instituée, il se produit une infiltration du tissu cellulaire par différents gaz; cet emphysème , qui est plus ou moins généralisé, augmente le volume des parties qu’il envahit et peut créer une véritable dystocie.

Les gaz s’accumulent dans la cavité utérine qu’ils distendent et rendent l’utérus sonore à la percussion (physométrie) .

Les tissus du fœtus prennent une coloration livide, marbrée, puis verdâtre ; il s’en exhale une odeur fétide , repoussante, due aux gaz qui s’échappent de ce corps en décomposition.

L’ augmentation de volume du fœtus peut être considérable ; parfois « le fœtus forme un véritable ballon absolument méconnaissable au toucher » (Championnière). Smellie avait jadis observé, dans un cas de putréfaction, un fœtus gonflé et distendu surnageant à la surface du liquide amniotique comme une outre gonflée flottant sur les eaux.

Un autre effet de la putréfaction, c’est de diminuer la consistance des tissus ; sous l’influence du ramollissement, les parties fœtales se séparent les unes des autres, à la moindre traction qu’on exerce sur elles : ce qui, pour le dire de suite, crée un cas des plus sérieux de dystocie.

Rigidité cadavérique. — Dans des cas assez rares, mais dont on ne peut mettre en doute U authenticité, le fœtus naît en état de contracture, de rigidité dite cadavérique. Pour les uns cet état résulterait de contractures se produisant au moment de la mort chez le fœtus vivant; Pinard a fortement battu en brèche cette théorie en faisant remarquer que généralement les membres atteints de convulsions sont dans l’extension, tandis que les fœtus qui présentent cette rigidité sont pelotonnés sur eux-mêmes, dans le sens de la flexion; aussi a-t-on comparé cet état du fœtus à la rigidité qui survient dans tout cadavre après la mort.

Symptômes et diagnostic. — Les signes de. la mort du fœtus diffèrent suivant l’époque de la grossesse à laquelle survient cet accident ; pendant les premiers mois, les manifestations diverses liées à la grossesse cessent brusquement en même temps qu’il se produit une montée laiteuse ou tout au moins une congestion mammaire plus ou moins prononcée. 11 est parfois facile de faire sourdre du mamelon un liquide jaunâtre. De plus, si l’on examine la femme deux ou trois semaines après un premier examen, on constate que le volume de l’utérus n’augmente pas, et qu’il a même plutôt tendance à diminuer. Toutefois ces examens, pour donner des renseignements positifs, ont besoin d’être renouvelés à plusieurs reprises.

Dans la seconde moitié de la grossesse, la disparition des mouvements actifs a une réelle importance, surtout si la femme constate en même temps

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