SIGNES DE LA MORT DU FŒTUS
une diminution du volume du ventre et une montée laiteuse. Les troubles qui persistent à cette époque s’atténuent et disparaissent; c’est ainsi que, par suite de la diminution de volume de l'utérus, les varices s’affaissent (Budin et Rivet), l’albuminurie diminue, etc.
Les symptômes généraux manquent le plus habituellement; c’est à tort qu’on a décrit des troubles divers tels que symptômes fébriles, céphalée, changement de caractère, etc. Comme Cazeaux La bien précisé, on voit des femmes « porter plusieurs mois un fœtus mort sans s’en douter et quelquesunes même s’applaudir de l’amélioration survenue dans leur état général, grâce à la disparition subite des troubles sympathiques de la gestation ».
Giuseppi a observé X acétonurie sept fois sur 98 femmes enceintes : dans les sept cas la femme portait dans l’utérus un enfant mort et macéré. L’acétonurie aurait son origine dans la destruction des matières albuminoïdes du fœtus.
Les accidents fébriles, infectieux ou non, ne surviennent que quand l’œuf étant ouvert, le fœtus se putréfie dans la cavité utérine. Les liquides qui s’écoulent par les organes génitaux prennent assez rapidement une odeur infecte; des gaz dus à la putréfaction s’accumulent dans la cavité utérine et s’échappent par le vagin; sous L influencé de la putréfaction, le muscle utérin se paralyse, se laisse distendre et lorsqu’on percute l’utérus, au lieu de la matité, on constate du tympanisme dû à la physométrie. La femme présente en même temps de l’élévation de température, des frissons plus ou moins répétés; la langue devient sèche, l’haleine fétide, etc.; si la putréfaction date de plusieurs jours, si une désinfection énergique du canal génital n’est pas pratiquée, les symptômes d’infection purulente ou putride se confirment.
En dehors de ces complications dues à la putréfaction fœtale , les symptômes généraux sont généralement nuis et c’est seulement par un examen attentif que l'accoucheur peut reconnaître que le fœtus a cessé de vivre.
Pendant la première moitié de la grossesse, le palper peut fournir des renseignements utiles, surtout s’il est pratiqué à diverses reprises; il permet ainsi de constater que l’utérus cesse d’augmenter de volume.
Le palper, combiné au toucher, permet seul de soupçonner la mort du fœtus; le volume de l’utérus n’est pas aussi gros qu’il devrait l’être à cette époque présumée de la grossesse ; mais il est impossible, à moins d’examens répétés, d’affirmer la mort du fœtus, puisqu’à cette époque il est difficile d’affirmer l’existence de la grossesse.
Dans certains cas, le volume de l’utérus ne peut être facilement apprécié : sa consistance est mollasse, pâteuse, et ce n’est qu’au moment où survient une contraction utérine qu’on peut reconnaître que cette tumeur est l’utérus.
Ces sensations peu distinctes, l’absence de ramollissement du col, la disparition des phénomènes d'intoxication de la grossesse, peuvent faire soupçonner la mort du fœtus, mais ne permettent point de l’affirmer. La plus grande réserve s’impose alors ; pour donner une idée des difficultés de diagnostic, rappelons que, dans les cas où le fœtus meurt dans les deux premiers mois