CONDUITE A TENIR PENDANT LE TRAVAIL DANS LE CAS DE MORT DU FŒTUS
Lorsque les membranes se rompent prématurément, il faut soumettre la femme à une observation attentive, prendre sa température et son pouls matin et soir, rechercher si le liquide qui s’écoule par les organes génitaux ne présente pas d’odeur, en un mot s’assurer qu’il n’y a pas début de putréfaction du foetus. On redouble de précautions antiseptiques, on maintient la femme au lit; on veille avec soin à ce qu’il ne pénètre pas d’air dans le vagin en même temps que l’eau de l’injection.
Si la putréfaction existe, amenant des symptômes généraux plus ou moins graves du côté de l’organisme maternel, il faut intervenir et provoquer l’accouchement : le ballon Champetier de Ribes, d’un petit modèle si la grossesse est peu avancée, est ici indiqué d’une manière spéciale, puisqu’il permet d’arriver à une dilatation rapide de l’orifice utérin et à une extraction prompte du fœtus infectant.
B. Pendant le travail. — Si les membranes sont intactes , il faut essayer de retarder le plus possible leur rupture et ne jamais la pratiquer artificiellement, sauf lorsque la dilatation complète permet l’expulsion et l’extraction rapide du fœtus.
Pour éviter de rompre trop tôt les membranes, on ne pratique le toucher que le moins souvent possible et seulement dans l’intervalle des contractions utérines; il faut également faire les injections vaginales avec prudence, et retirer légèrement la canule au moment où la poche des eaux devient saillante sous l’influence de la contraction utérine.
Si, au cours du travail, la poche clés eaux se rompt de bonne heure, il suffit le plus souvent de faire des injections vaginales chaudes dans le double but d’assurer l’antisepsie et d’accélérer la marche du travail.
Dans les cas où surviennent des phénomènes de putréfaction, outre les injections chaudes, on peut recourir aux agents de dilatation, qui varieront suivant l’engagement de la partie fœtale (ballon de Champetier de Ribes, écarteur de Tarnier, etc.). Un moyen de faciliter la descente de la partie fœtale, et par suite la dilatation de l’orifice, consiste à pratiquer la craniotomie à travers un orifice à peine dilaté; le volume de la tête se réduit; elle appuie mieux sur l’orifice et l’expulsion est accélérée. Dans la plupart des cas, la simple craniotomie n’est pas suffisante pour amener une terminaison rapide de l’accouchement; s’il y a indication d’intervenir, on pratique la craniotomie avec le perforateur du basiotribe et Ton y adapte la branche gauche. On pratique le petit broiement. La dilatation ne tarde pas à se compléter ; on introduit la branche droite de manière à faire un broiement complet de la tête.
Il faut avoir bien soin de ne pas léser les parties maternelles, et d’irriguer abondamment le vagin pour le débarrasser des liquides plus ou moins infects qui s’écoulent de la tête fœtale perforée.
Lorsque la tête est extraite avec plus ou moins de peine des organes génitaux, on peut éprouver des difficultés pour l’extraction du reste du corps : il faut se rappeler qu’alors même qu’on n’a pas pratiqué d’opération mutilatrice sur la tète fœtale, par le seul fait qu’elle appartient à un fœtus mort, la tète fœtale présente une moindre résistance; elle passe par conséquent à travers