ANATOMIE PATHOLOGIQUE DES BASSINS VICIÉS PAH LE RACHITISME
breuses : tantôt il est très élevé et mesure 5 à 6 centimètres de hauteur; tantôt sa hauteur est inférieure à la normale, mais il présente une forme globuleuse, saillante en avant ou en arrière. On observe également d’assez grandes différences dans la direction de la symphyse, qui fait varier d’gutant la configuration de l’excavation.
Quant aux parties latérales des os iliaques, elles sont plus ou moins déformées ; si l’enfoncement est marqué seulement d’un côté, on a affaire au bassin asymétrique d origine rachitique.
Dans d’autres cas, les os iliaques ont subi de chaque côté une pression assez forte qui les a rapprochés l’un de l'autre, de manière à rendre le pubis saillant et à simuler, jusqu’à un certain point, le bassin osléomalacique.
Dans certains bassins rachitiques, on constate, sur le pourtour du détroit supérieur et en particulier au niveau de sa partie antérieure, des pointes osseuses , des crêtes transversales qui sont dues aux tiraillements exercés sur les os ramollis par les muscles; ces saillies, qui peuvent présenter quelque danger au moment de l’accouchement, répondent aux insertions des tendons sur les os. On les trouve surtout au niveau de la crête du pubis, au pubis ou au niveau de l’éminence ilio-pectinée (bassin épineux).
Les os du bassin rachitique sont généralement plus petits, moins épais,
moins développés que ceux du bassin normal ; les os iliaques sont même transparents, par places, au niveau des fosses iliaques.
Quelle est la configuration générale d’un bassin vicié par le rachitisme? C’est un bassin aplati (fîg. 364), c’està-dire que ses parois antérieure et postérieure sont rapprochées l’une de l’autre, au niveau du détroit supérieur ; il y a donc rétrécissement portant surtout sur le diamètre antéro-postérieur. un peu sur les diamètres obliques; quant aux diamètres transverses, ils sont habituellement normaux, quelquefois même agrandis, lorsque la contre-pression des fémurs n’est point venue détruire les effets de la bascule du sacrum en avant. Ce n’est que bien rarement que les deux parties latérales du bassin sont rapprochées l’une de l’autre et qu’il y a rétrécissement du diamètre transverse. Le bassin alors est petit en tous sens.
Les diamètres de l’excavation sont variables; les diamètres antéro-postérieurs vont en s’agrandissant de haut en bas; leurs dimensions diffèrent suivant la forme et l’inclinaison de la symphyse, suivant la courbure de la lace antérieure du sacrum.
Dans les cas où cette face antérieure du sacrum est plane ou même saillante par places, les diamètres sacro-pubiens sont très diminués; dans ceux
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au contraire où la concavité du sacrum est accusée, les diamètres antéropostérieurs sont plus étendus que sur un bassin normal. Quant aux diamètres. obliques et transverses, ils présentent des dimensions très variables, suivant les altérations que le rachitisme a fait subir au bassin.
Au détroit inférieur, les différents diamètres ont souvent leurs dimensions normales; quelquefois ils sont augmentés de longueur, par suite de la bascule en arrière de l'extrémité inférieure du sacrum.
Signes et diagnostic du bassin rachitique. — Pour reconnaître un bassin vicié par le rachitisme, on se base sur différents renseignements fournis par l’examen méthodique :
1° Interrogatoire . — Lorsque la femme a marché tardivement, vers l’âge de deux ans, de deux ans et demi ou de trois ans, il est probable que ce retard a été causé par le ramollissement des os produit par le rachitisme. Dans certains cas, répétant les renseignements donnés par ses parents, la femme déclare qu’elle a commencé à marcher de très bonne heure, mais qu’à un moment donné elle a cessé de marcher ou qu’elle a été obligée de porter des appareils mécaniques destinés à renforcer ses os.
D’une manière générale, lorsque la femme ne sait pas à quel âge elle a commencé à marcher, on peut, jusqu’à un certain point, en inférer que la marche a commencé à l’époque normale, c’est-à-dire à Làge de 12 h 14 mois ; mais il n’en faut pas moins pratiquer avec grand soin l’examen du squelette et l’examen du bassin.
Grâce à l’interrogatoire, la multipare fournit des renseignements sur ce qui s’est passé lors des accouchements antérieurs ; on recherche s’ils ont été longs, laborieux, si les enfants sont venus vivants, s’ils ont succombé pendant le travail ou si l’on a été obligé de pratiquer une opération (version, forceps, basiotripsie, symphyséotomie).
Chez certaines femmes, dont l’accouchement à terme s’est toujours terminé d’une façon désastreuse pour le fœtus, on peut presque affirmer, par induction, l’existence d’un rétrécissement du bassin.
2° Examen de la femme. — Certains signes extérieurs décèlent que la femme est rachitique : taille petite, tête volumineuse avec bosses frontales saillantes, maxillaire inférieur projeté en avant et peu arrondi, strabisme léger, asymétrie du visage, etc. C’est cet ensemble de traits que Pajot appelait Ta ir de famille des rachitiques .
Les membres inférieurs sont plus ou moins développés; la femme étant couchée, en faisant rapprocher les deux membres inférieurs l’un de l’autre, on voit qu’ils n’arrivent pas au contact par leur face interne.
Les fémurs présentent une certaine courbure à concavité antéro-interne (fig. 565), les tibias ont une courbure à concavité postéro-externe. 11 est nécessaire que la femme soit complètement déshabillée ou que, tout au moins, elle ait les membres inférieurs nus, pour que l’accoucheur puisse bien se rendre compte, par la vue et le palper, de la direction des courbures et de leur étendue.
On note, en outre, une saillie assez marquée des os, au voisinage des articulations (ce sont les anciennes nouures). On retrouve ces mêmes