DIAGNOSTIC DU BASSIN OBLIQUE OYALAIBE
facile : cette variété de bassin peut en effet exister chez des femmes n’ayant aucune déformation apparente du reste du squelette, ni aucun antécédent pathologique. Bien plus, chez telle femme qui est accouchée déjà deux ou trois fois spontanément ou sans trop de difficulté d’enfants petits, mais vivants, un nouvel accouchement peut nécessiter la mutilation du fœtus.
En examinant la femme dans son lit, on peut n’observer aucun signe extérieur qui appelle l’attention sur l’existence du bassin oblique ovalaire : le squelette paraît bien conformé, il n’y a point de stigmate de rachitisme, mais la partie fœtale n’est pas engagée. Avec un peu d’attention cependant on remarque que l’une des hanches est moins développée que l’autre; en faisant écarter les membres inférieurs et en examinant les organes génitaux externes, on voit que la vulve n’est point située verticalement sur la ligne médiane du corps, mais dirigée obliquement par rapport à l’axe du corps : elle est déviée de haut en bas et du côté malade vers le côté sain. Il est un autre signe de cette viciation pelvienne : normalement on peut, en palpant la partie postérieure du sacrum, déterminer la présence de l’apophyse épineuse de la première vertèbre lombaire et mesurer la distance qui la sépare de l’épine iliaque postérieure et inférieure ; dans le bassin oblique ovalaire, du côté malade, l’apophyse épineuse se trouve presque au contact de l’épine iliaque.
Au toucher , l’épine sciatique du côté malade est saillante, toute cette moitié du bassin est facilement accessible ; la ligne innommée, au lieu de présenter son contour arrondi, est plus rectiligne ; l’angle sacro- vertébral est difficilement accessible et ne se trouve point en face de la symphyse pubienne; aussi la mensuration des diamètres antéro-postérieurs du détroit supérieur n’a-t-elle que peu d’importance.
Les diamètres du détroit inférieur sont rétrécis ; on peut se rendre compte du degré d’angustie en mesurant le diamètre bi-ischiatique, soit avec la main introduite dans le vagin, soit en mesurant la distance qui sépare les deux ischions.
Lorsque la déformation pelvienne est peu accentuée, on ne peut affirmer l’existence du bassin oblique ovalaire qu’en examinant la femme pendant l’anesthésie chloroformique et en pratiquant avec l’une et l’autre main le toucher manuel. C’est surtout en explorant avec soin les parties latérales du promontoire que l’on constate d’un côté l’absencè d’aileron du sacrum en même temps que la ligne innommée est presque rectiligne.
Lorsque la femme est debout, si, la faisant découvrir, on la regarde par derrière (fig. 379), on constate un aplatissement d’un des côtés du bassin; la hanche du côté malade est moins saillante ; le pli fessier est plus élevé que du côté sain. Le pli interfessier est dévié obliquement de haut en bas et du côté malade vers le côté sain. De plus on peut contrôler le diagnostic de bassin oblique ovalaire par l’expérience du fil à plomb : si l’on met un fil à plomb, partant en arrière de la crête sacrée et un autre en avant de la symphyse pubienne, ces deux fils ne se trouvent pas dans le même plan.
Accouchement . — Les difficultés de l’accouchement, comme dans tout bassin vicié, dépendent du degré de viciation et du volume du fœtus qui