PRONOSTIC DE L’ACCOUCHEMENT DANS LE BASSIN OBLIQUE OVALAIRE
Tchérépakhine, reprenant cette question, a montré que la plupart des observations publiées manquaient des renseignements nécessaires pour établir quelle influence exerce la position de l’occiput du côté rétréci ou du côté élargi sur la facilité ou la difficulté de l’accouchement et sur la mortalité des enfants. Il conclut, non sans raison, « que l’étude du mécanisme de l’accouchement dans le bassin oblique ovalaire type est à faire complètement; les conclusions de Nægele, de Simon Thomas, de Litzmann, sont inacceptables, en contradiction entre elles et avec quelques-uns des faits très rares qui sont suffisamment documentés. Il est à souhaiter que les cas soient à l’avenir mieux observés qu’ils ne l’ont été jusqu’à présent si l’on veut arriver à une solution de la question posée par Nægele».
Pronostic. — Il est bien difficile de formuler quel est à l’heure actuelle le degré de gravité du bassin oblique ovalaire pour la mère et pour le fœtus. Les faits qui ont servi à Nægele, Simon Thomas et Litzmann remontent à une époque où l’antisepsie était inconnue; c’est à l’aide de ces observations et de quelques-unes plus récentes que Tchérépakhine a établi quel était le pronostic pour 54 cas de bassin oblique ovalaire : sur ces 54 femmes, « 46 ont laissé leur bassin aux musées dont 44 à la suite d’un accouchement (4) ».
Quant aux femmes qui ont survécu, leurs accouchements ont présenté plus ou moins de difficultés. — On voit, d’après ces chiffres, que, tout en défalquant les cas où les femmes sont mortes d’infection, le pronostic est grave pour la mère.
Le pronostic pour les enfants n’est guère plus favorable : sur les 46 femmes dont on possède les bassins, 6 sont mortes sans être délivrées, les enfants étaient morts in utero. — Les 40 autres femmes ont accouché 83 fois, donnant naissance à 84 enfants (par suite d’une grossesse double).
Parmi ces 84 enfants, on manque de renseignements sur 5 :
68 ont succombé : 1 après accouchement spontané, 4 après accouchement prématuré artificiel et expulsion spontanée; 11 après accouchement prématuré artificiel suivi d’autres interventions ; 52 après des accouchements à terme terminés artificiellement.
il ont survécu sans qu’on sache pendant combien de temps; parmi eux 6 ont été expulsés spontanément dont 4 chez la même femme qui possédait un bassin oblique ovalaire géant (cas de Giessen). Dans les deux autres cas (Litzmann, Guignard), le bassin était grand.
(I) Sur les 44 femmes mortes en couches :
29 ont succombé lors du 'premier accouchement (11 de septicémie puerpérale, 5 non délivrées, les autres à la suite d’interventions (forceps, opération césarienne) ou à cause de rupture de l’utérus) ;
8 sont mortes lors du deuxième accouchement, l’une à la suite d’opération césarienne, l’autre par suite de rupture de l’utérus);
1 de fièvre puerpérale lors du troisième accouchement ;
1 de. fièvre puerpérale lors du cinquième accouchement artificiellement provoqué et terminé spontanément ;
7> femmes sont mortes lors du sixième accouchement, 2 rapidement par suite de rupture utérine, l’autre de fièvre puerpérale ;
1 lors du septième accouchement par septicémie à la suite d’accouchement provoqué;
1 lors du huitième accouchement par pyémie.