CONDUITE A TENIR DANS LE BASSIN OBLIQUE OVALAIRE
Quant aux 8 femmes qui ont survécu à leur accouchement, elles ont eu 22 enfants dont 1 1 morts (10 après des accouchements à terme avec interventions et 1 après un accouchement provoqué et intervention); 11 enfants sont nés vivants.
Tchérépakhine, à qui nous empruntons ces chiffres, donne également la mortalité fœtale d’après le mode de terminaison de l’accouchement : c’est ainsi que, sur 54 femmes ayant eu 112 accouchements et 5 fausses couches, on trouve :
15 accouchements spontanés à terme : 10 enfants vivants, 4 inconnus;
1 accouchement prématuré spontané : 1 enfant vivant ;
7 accouchements prématurés artificiels suivis d’expulsion spontanée : 1 enfant vivant ;
12 accouchements prématurés artificiels avec intervention : 1 enfant vivant;
21 accouchements à terme terminés par le forceps : 4 enfants vivants, 1 inconnu.
5 accouchements à terme terminés par la version : 3 enfants vivants;
1 accouchement à terme terminé par extraction manuelle ;
31 accouchements à terme terminés par perforation;
4 accouchements terminés par opération césarienne : 2 enfants vivants;
2 accouchements présentant des difficultés extrêmes;
6 accouchements non terminés;
7 accouchements sans renseignements;
3 fausses couches.
Le pronostic, grave pour la mère et le fœtus, a fait considérer longtemps le bassin oblique ovalaire comme la source des plus redoutables difficultés en obstétrique.
Conduite à tenir. — Le point capital est de faire le diagnostic de bassin oblique ovalaire pendant la grossesse ou tout au moins au début du travail ou avant d’ètre intervenu par des opérations dangereuses pour la mère et pour le fœtus.
Grâce à l’antisepsie et depuis la découverte du hasiotrihe, le bassin oblique ovalaire avait perdu une partie de sa gravité par rapport à la mère ; mais c’était le plus habituellement aux dépens du fœtus que se terminait l’ accouchement.
En présence d une femme, ayant un bassin oblique ovalaire, on pratiquait l’accouchement prématuré artificiel, et, comme nous l’avons vu, bien exceptionnellement l’enfant naissait vivant.
Lorsque l’accouchement à terme ou prématuré nécessitait une intervention, tout le savoir de l’accoucheur consistait à ramener l’occiput du côté large du bassin; s’il s’y trouvait naturellement, on appliquait le forceps; dans le cas contraire, on avait recours à la version. Lorsque, par l’un ou l’autre de ces procédés, l’extraction était impossible, on pratiquait la basiotripsie.
La symphyséotomie devait-elle améliorer le pronostic? Pas toujours. Comme nous le verrons, pour que cette opération donne un agrandissement réel du bassin, il faut que les deux os iliaques soient un peu mobiles au niveau des articulations sacro-iliaques; or, dans le bassin de Nægele, il n’y a pas d’articulation sacro-iliaque d’un côté, ou tout au moins il y a synostose, ce qui empêche tout mouvement de l’os iliaque correspondant. De telle sorte que, pour avoir un écartement donné, il faut que l’articulation sacro-iliaque