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BASSIN VICIÉ PAR LUXATION CONGÉNITALE UNILATÉRALE

sain; la hanche forme alors du côté malade une saillie très accusée, la fesse bombe en haut, et le pli fessier se trouve élevé.

Si l’on examine la femme au lit, on constate un raccourcissement du côté malade, ou, si les deux faces plantaires sont à la même hauteur, un abaissement de l’épine iliaque antéro-supérieure du côté luxé; en outre, le membre correspondant est moins développé; enfin la région inguinale est très déprimée, la vulve est asymétrique, la grande lèvre du côté malade étant un peu plus élevée que l’autre.

Pour se rendre compte des déformations subies par le bassin , il est nécessaire de pratiquer le toucher bi-manuel afin de voir s’il y a réellement asymétrie, quel est le côté le plus large et si les diamètres antéropostérieurs sont diminués.

P. Budin (4) s’est servi pour le diagnostic de la luxation congénitale de la hanche des données anatomiques fournies par Paul Rieher, qui a constaté qu’à l’état normal la hauteur de la jambe prise du sol à ï interligne articulaire du genou ou à Y extrémité inférieure de la rotule est égale à la distance qui va de ï interligne articulaire du genou au-dessus du grand, trochanter à V endroit où les téguments s'enfoncent sous la pression des doigts. Dans les cas normaux, la ligne épitrochantérienne, c’est-à-dire celle qui va d’une région trochantérienne à l’autre, coupe le pli de l’aine par son milieu; elle passe donc à égale distance de l’épine iliaque antérieure et supérieure et de l’épine du pubis; en arrière, elle passe au sommet du sacrum, à l’union de cet os avec le coccyx. Enfin, dans les conditions normales, la ligne qui va du sol au milieu de la rotule, reportée du milieu de la rotule en haut, aboutit à l’épine iliaque antérieure et supérieure.

Pour appliquer ces données anatomiques à la recherche des cas pathologiques, il faut d’abord s’assurer que la longueur de la jambe et celle de la cuisse sont dans des proportions normales. En faisant ces recherches dans un cas de luxation unilatérale on trouve du côté luxé : 1° que la ligne épitrochantérienne se trouve plus rapprochée de l’épine iliaque antérieure et supérieure que de l’épine du pubis; 2° que la distance du sol au milieu de la rotule, reportée en haut, aboutit au-dessus de l’épine iliaque antérieure et supérieure; 5° qu’en arrière la ligne épitrochantérienne passe au-dessus de l’union du sacrum et du coccyx, au voisinage de l’épine iliaque postérieure et inférieure. Ces différences sont encore plus marquées dans les luxations bilatérales, puisque les deux extrémités de la ligne bitrochantérienne se trouvent reportées en haut.

Budin (*) a signalé, en outre, dans la luxation unilatérale une largeur plus grande de la fesse du côté luxé : la distance qui va de la surface externe du grand trochanter au sillon interfessier ou à la ligne des apophyses épineuses du sacrum est généralement plus considérable de 2, 3, 4 centimètres que celle du côté opposé.

Pronostic. — D’une manière générale, l’accouchement dans les bassins

p) P. Budin, A propos du bassin ilio-fémoral. L'Obstétrique , janvier 1896.

(2) Budin, Soc. obstétr. de France , 1892, p. 155.

BASSIN COXALGIQUE.

viciés par luxation congénitale unilatérale est un peu plus difficultuéux que lorsque la luxation est double; cette différence tient à l’asymétrie du bassin. Toutefois, en règle générale, ces femmes accouchent bien, surtout si la partie large de la tête est en rapport avec le côté large du bassin.

Ce n’est que dans des cas exceptionnels qu’ayant constaté une diminution des diamètres antéro-postérieurs du bassin on est autorisé à provoquer l’accouchement.

Une statistique de Pinard (4), publiée en 1892, donne les résultats suivants : sur 24 femmes ayant fourni 45 accouchements, il y a eu 51 accouchements spontanés et 14 interventions (5 basiotripsies, 3 accouchements provoqués, 8 forceps). Une seule femme est morte. — Sur les 45 enfants, 2 étaient macérés et avant terme, 2 sont morts pendant le travail, 3 ont subi la basiotripsie.

Quant aux luxations qui ne sont pas d’origine congénitale, elles sont presque toujours liées à une maladie de la hanche, à une coxalgie; nous verrons leur influence minime sur la statique du bassin.

Les luxations traumatiques sont trop rares pour que nous en fassions un chapitre à part, d’autant que, si elles sont survenues alors que le bassin était déjà développé, elles ne peuvent guère modifier que son inclinaison.

B. Bassin coxalgique. — C’est ce bassin que Demelin (Revue génér. de clin, et de thérapeutique , 1890) désigne sous le nom de bassin coxo-tuberculeux, indiquant ainsi à la fois que les déformations que le bassin présente sont causées par une coxalgie de l’enfance et que c’est la tuberculose qui en est la cause presque unique. La dénomination de bassin coxalgique nous paraît suffisante à la condition qu’elle comprenne les cas dans lesquels la coxalgie s’accompagne de luxation.

Tout en rangeant dans la même catégorie les bassins viciés par luxation fémorale congénitale ou acquise, ce qu’il appelle les bassins ilio-fémoraux, Guéniot s’était fort bien rendu compte que cette classification n’était pas tout à fait logique, puisque, à propos du pronostic de l’accouchement dans ces bassins, il dit : « L’examen des difficultés rencontrées, soit dans la marche de la grossesse, soit dans la parturition, conduit aussi à penser que les luxations d’origine coxalgique sont beaucoup plus souvent la cause de complications que celles d’origine intra-utérine. Cette différence me paraît surtout due aux altérations osseuses et aux suppurations pelviennes qui accompagnent souvent pour les premières, et quelquefois pour les secondes, le déplacement du fémur. De plus, l’ankylose fréquente de ce dernier dans une adduction parfois extrême s’ajoute encore aux circonstances précédentes pour produire le même résultat. »

La coxalgie modifie d’autant plus le bassin qu’elle se développe chez un enfant plus jeune. Elle peut agir sur le bassin de deux manières différentes : lorsque le sujet marche, il porte instinctivement le poids du corps sur le membre sain, d’où une déformation de la ligne innommée du côté sain.

f1) Binard, De l’accouchement spontané chez les femmes à bassin coxalgique. Thèse Bruneau. Paris, 1892.

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