DIAGNOSTIC DU BASSIN COXALGIQUE
Dans d’autres cas, l'inflammation de la cavité cotyloïde s’étend à l’os iliaque et détermine de l’ostéite et de la périostite proliférantes qui produisent des ostéophytes, des épaississements (Lannelongue). Dans des cas exceptionnels (Hecker, Manuel), ces saillies anormales ont pu produire un rétrécissement très marqué de la cavité pelvienne.
Pathogénie . — Avant d’indiquer les variétés de déformations qui sont observées dans les bassins coxalgiques, voyons comment on peut les expliquer suivant l’évolution même de la maladie, suivant que la malade s’est levée plus ou moins tôt. Léopold a beaucoup étudié cette influence du décubitus au lit ou de la marche sur les déformations du bassin, alors que la cause première de la déformation est la même.
Ainsi, lorsqu’un enfant atteint de coxalgie succombe sans avoir pu quitter le lit, la lésion principale, en dehors des lésions articulaires, consiste dans une atrophie de l’os iliaque du côté malade ; le côté rétréci se trouve donc du même côté que la lésion de la hanche.
Lorsque le malade se lève, à l’action dystrophique de la coxalgie vient s’ajouter l’action mécanique qui résulte de ce que le poids du corps porte plus sur un membre que sur Y autre.
Il est d’observation que la ligne innommée est surtout redressée au niveau de Vos iliaque qui se trouve le plus élevé. Cette différence de hauteur des deux os iliaques résulte des attitudes diverses que prend le membre inférieur à la suite d’une coxalgie. Si la malade guérit de sa coxalgie sans ankylosé, sans attitude vicieuse, ce qui est rare, il n’existe pas de claudication; par suite, les os iliaques se trouvent à la même hauteur. Si cette coxalgie bénigne a laissé quelques traces du côté du bassin, c’est du Côté correspondant à la lésion qu’on trouve un certain degré d’aplatissement.
Le plus habituellement la coxalgie guérit avec ankylosé, s’accompagnant d’abduction et de rotation en dehors du fémur du côté malade. Il en résulte un raccourcissement du membre amenant une inclinaison du bassin de ce côté; par suite, le poids du corps se trouve reporté du côté opposé, et c’est de ce côté sain qu’existe l’aplatissement.
A un degré plus avancé de la maladie, l’ankylose s’accompagne d’adduction du fémur malade et d’élévation de l’os iliaque de ce côté : l’aplatissement a donc lieu du côté malade.
Lorsque la coxalgie s’accompagne de luxation avec ou sans ankylosé, les déformations existent aussi accusées, mais la coexistence de la luxation n’a qu’une importance relative au point de vue de la viciation pelvienne.
Diagnostic. — Le bassin coxalgique, qui est asymétrique comme celui de Nægele, est cependant facile à différencier de lui aussi bien sur la femme vivante qu’à 1 état sec. En effet, la femme qui présente un bassin oblique ovalaire à type de Nægele ne boite pas, ou, si elle boite légèrement, on constate que son articulation coxo-fémorale est normale et qu’elle ne présente ni luxation ni coxalgie. Le diagnostic serait seulement embarrassant dans les cas complexes, mais rares, où une femme ayant un bassin oblique ovalaire se trouverait atteinte secondairement de coxalgie.