BASSIN CYP HO TI QUE
Fig. 588. — Bassin cyphotique vu par en haut. (Stadfeldt.) La forme en entonnoir de V excavation est bien visible.
insignifiante sur le bassin; c’est seulement lorsqu’elle siège dans la région dorso-lombaire et surtout dans la région lombo-sacrée qu’elle détermine des déformations notables ; le mal de Pott survenant dans la première enfance a surtout une influence marquée.
11 est de plus nécessaire, pour que la-cyphose retentisse d’une manière notable sur le bassin, que l’angle, que forment en avant les deux parties de la colonne vertébrale qui se trouvent au-dessus et au-dessous des vertèbres malades, soit assez aigu ; si la eoudure est à peine marquée, le centre de
gravité sera peu déplacé en avant, et par suite il n’y aura que peu de courbure de compensation.
Voyons les modifications apportées au squelette du bassin par la gibbosité cyphotique, suivant qu’elle siège au niveau de la région dorso-lombaire ou de la région lombo-sacrée.
1° Cyphose dorso-lombaire. — La partie supérieure du sacrum est reportée en haut et en arrière; à ce niveau, sa face antérieure forme avec les dernières vertèbres lombaires une surface un peü convexe; en bas, au contraire, le sacrum forme avec le coccyx une concavité qui rend cet os saillant en avant, de telle sorte que de haut en bas la face antérieure du sacrum est faiblement courbée en 8 italique et qu elle présente une augmentation de
Fig. 589. — Bassin vicié par cyphose lombo-sacrée.
longueur.
En arrière la hauteur du sacrum n’est pas augmentée ; les ailerons sont très saillants en avant. Le bassin est en rétroversion légère. Les diamètres
PRÉCIS d’oBSTÉTRIQUE.
BASSIN CYPHOTIQUE.
du détroit supérieur sont agrandis, notamment le diamètre antéro-postérieur; au niveau du détroit inférieur, les diamètres sont diminués, surtout le diamètre transverse.
Les os iliaques semblent avoir tourné autour d’un axe antéro-postérieur passant par le fond des cavités cotyloïdes : il résulte de ce mouvement d’inclinaison latérale que les fosses iliaques sont éloignées l une de l’autre et que les tubérosités ischiatiques et les épines sciatiques sont rapprochées. De plus les os iliaques sont allongés d’avant en arrière et la ligne innommée présente une courbure moins accusée que d’ordinaire. Les épines iliaques antéro-inférieures sont développées; la crête iliaque ne présente plus la forme d’un S. Quant au pubis, l’angle souspubien est plus aigu qu’à l’état normal ; les surfaces articulaires sont plus rapprochées en bas qu’en haut. Les branches ischio-pnbiennes sont reportées en arrière.
2° Cyphose lombo-sacrée. — Quand la cyphose siège au niveau de la région lombo-sacrée, les déformations du sacrum et du bassin sont encore plus accusées.
Le sacrum est diminué de volume : sa largeur est moindre que d’habitude, tant au niveau du détroit supérieur que des premiers trous sacrés. La concavité est moins accusée. Les trous sacrés sont petits et paraissent disposés irrégulièrement ; sur les parties latérales, le sacrum est plus mince et moins large qu’habituellement ; au lieu d’avoir sa largeur maxima au niveau du détroit supérieur, c’est au niveau des premiers trous sacrés qu’existe cette plus grande largeur. En arrière, la convexité du sacrum est moins accusée que d’ordinaire.
Les déformations des os iliaques et du pubis sont les mêmes, mais plus accusées que dans la cyphose dorso-lombaire. La forme en entonnoir (fig. 588) du bassin est encore plus marquée par [suite de l’élargissement plus grand du détroit supérieur et du rétrécissement transversal du détroit inférieur.
Enfin, dans la cyphose lombo-sacrée, le promontoire est abaissé, le sacrum est plus petit, tandis que, dans la cyphose dorso-lombaire, le promontoire est assez élevé.
ig. 590. — Squelette de femme ayant une cyphose très accusée de la région dorsolombaire. (D’api’ès Cazeaux.)
Les membres ont leur développement normal. Les doigts descendent au-dessous des genoux. Le bassin est peu vicié.