RIGIDITÉ DU COL DE L’UTÉRUS
prend pour le col obstrué n’est pas une bride du vagin ou n’est pas un col présentant un vice de conformation.
En pratiquant le toucher vaginal avec soin, on finit par sentir avec le doigt que le col présente en un point une diminution d’épaisseur et de résistance : c’est à ce niveau qu’est l’orifice externe. S’il s’agit d’une oblitération de l’orifice externe, il suffit le plus souvent de faire avec la pulpe de l’index un peu de massage à ce niveau pour sentir l’orifice lenticulaire s’agrandir peu à peu et, en continuant avec le doigt la dilatation, on obtient assez rapidement une dilatation large. Ce n’est que bien exceptionnellement que, ne trouvant pas du tout l’orifice même avec la pointe d’un stylet ou d’une sonde cannelée, on est obligé de créer à l’aide du doigt (Eustache) (4) ou du bistouri une ouverture artificielle. Si, pendant l’expulsion du fœtus, il se produit une déchirure du col, elle ne dépasse pas généralement les limites de la portion vaginale.
Il faut de plus se rappeler les faits de dilatation sacciforme de l’utérus, dans lesquels la paroi postérieure du segment inférieur est très distendue, très amincie et dans lesquels le col utérin est dévié en haut; pour l’atteindre, il est parfois nécessaire d’introduire la main dans le vagin pour glisser le doigt derrière la symphyse pubienne. Cependant, d’après Tarnier, « l’oblitération réelle du col n’est pas douteuse; elle ne diffère, à vrai dire, de la simple agglutination de l’orifice externe, que par une résistance plus grande des adhérences qui ne pourraient être détruites que par une opération » . Si cette complication est constatée, il faut débrider l’orifice oblitéré avec un bistouri ou des ciseaux.
Chez certaines femmes ayant subi l’opération de Schrœder ou une opération analogue (amputation du col), il existe au niveau du col du tissu de cicatrice qui peut gêner la dilatation (voy. chap. à la fin du volume).
2° Rigidité du col de l’utérus. — Le col est dit rigide lorsque son effacement et sa dilatation ne progressent pas ou ne s’opèrent qu’avec une extrême lenteur.
Cette question de la rigidité du col est encore controversée à l’heure actuelle, tout au moins au point de vue des distinctions qu’il faut établir parmi les différentes variétés de rigidité; c’est ainsi que différents auteurs admettent la rigidité anatomique , la rigidité spasmodique, la rigidité pathologique. Cette dernière existe réellement : elle consiste dans les obstacles qui résultent de lésions du col, cicatrices anciennes, manifestations syphilitiques, etc.
Quant aux variétés anatomique et spasmodique , elles sont discutées, bien que leur description réponde à certains états du col que l’on constate au cours du travail : parfois, en effet, le col ne s’efface et ne se dilate que péniblement; il reste épais, dur, infiltré; si la dilatation a commencé, elle ne progresse plus, les bords de l’orifice sont infiltrés, œdématiés. On a comparé la sensation fournie par le col atteint de rigidité anatomique à celle donnée par le cuir bouilli.
(*) Nonv. arch. d’obst. et de gyn 1895.