RIGIDITÉ DU COL DE LTTÉRUS
Dans d’autres cas, la dilatation a commencé: la femme a des douleurs; elle souffre beaucoup et se plaint fortement à chaque contraction. Au toucher on trouve l’orifice étroitement appliqué sur la partie fœtale; les bords en sont minces, tranchants, et très douloureux; ces sensations caractérisent la rigidité spasmodique . Ces deux états peuvent persister pendant longtemps et 1 on a pu voir dans certains cas le fœtus succomber avant que l’orifice ne se soit dilaté.
Dans d’autres cas, la rigidité n’est que temporaire; peu à peu le travail marche régulièrement et l’accouchement se termine sans incidents, non sans
toutefois endommager le con-
tour de T orifice utérin qui présente une déchirure plus ou moins étendue.
Dans des cas rares, l’obstacle formé par le col rigide n’est surmonté qu’au prix d’une perte de substance assez considérable : une véritable calotte de tissu utérin, au centre de laquelle se trouve l’orifice, se détache du segment inférieur, créant ainsi une large voie par laquelle le fœtus va passer (fig. 406).
C’est en pratiquant l’examen histologique de fragments de tissu utérin ainsi détachés que Bouffe de Saint-Biaise et Wallich ont montré qu’il n’y avait point, dans ces parties, de lésions anatomiques; Wallich a de plus constaté qu’il existait une infiltration œdémateuse de la portion de tissu utérin détachée.
Voyons comment cette question a été successivement envisagée par les différents auteurs depuis le commencement du siècle; nous verrons ensuite comment, à notre avis, l’on peut comprendre ces faits et, par suite, quel traitement il convient d’appliquer suivant les cas. Mme Lachapelle considérait la rigidité de l’orifice utérin comme assez fréquente (1).
Pour Baudelocque, il semble (pie la rigidité du col et sa rétraction spasmodique soient la même chose. Baudelocque fait remarquer que, « sans
ig. 406. — Fragment de tissu utérin détaché dans un cas de rigidité du col. (D’après nature.)
Au centre (le la pièce se trouve un orifice arrondi (pu .est V orifice utérin en voie de dilatation A
(') « On la rencontre souvent, disait-elle, avec inertie par épuisement, soit comme cause, soit comme effet. De même que l’inertie, la rigidité de l’utérus nécessite souvent les secours de l’art pour l’extraction du fœtus; elle peut parfois être surmontée par les seuls efforts de la nature, et de même que l’inertie, la rigidité peut être temporaire, et quelques médications telles que les bains, la saignée, peuvent en abréger la durée. » Mme Lachapelle ajoute qu’on voit parfois l’orifice externe « conserver une épaisseur, une dureté assez considérable et résister aux contractions utérines, soit que cet effet soit dû à une sorte de spasme, soit qu’on doive le regarder comme une disposition organique particulière ».