RIGIDITÉ DU COL DE L’UTÉRUS
aucune modification de structure , par simple rigidité, l’orifice utérin peut n’être pas disposé à s’ouvrir et retarder ainsi l’accouchement. Souvent les douleurs sont en même temps faibles et rares et l’orifice paraît ne pas se dilater, par suite d’un état vicieux de la contractilité utérine. »
Cazeaux et Tarnier considèrent la rigidité anatomique du col, d’origine mécanique, comme beaucoup plus rare que le spasme, c’est-à-dire que la rigidité spasmodique. Ils attribuent cette rigidité anatomique à ce que, sans qu’aucune altération puisse l’expliquer, les fibres du col offrent une résistance extraordinaire à l’action des fibres du corps. « Cette résistance du col se rencontre surtout chez les femmes trop jeunes, chez celles qui sont âgées et qui accouchent pour la première fois, ou bien lorsque le travail s’est déclaré prématurément. » Ces auteurs ajoutent « qu’il ne faut pas confondre cet état anatomique du col avec un orifice qui reste simplement épais parce que les contractions utérines sont insuffisantes, mal dirigées, ou annihilées par un obstacle mécanique à l’engagement du fœtus ».
Il y a lieu de se demander dès maintenant si la presque totalité des cas de rigidité anatomique ne rentrent pas précisément dans cette catégorie de faits dont Cazeaux et Tarnier veulent les séparer. C’est assez l’avis de Barnes qui dit : « La rigidité du col est plus rare qu’on ne le suppose généralement ; très fréquemment si l’orifice ne se dilate pas y c’est que la partie qui se présente ne pèse pas sur lui ; mais si les membranes sont rompues prématurément et que la partie qui se présente presse directement sur l’orifice avant que la dilatation ait commencé, elle amène le spasme annulaire. »
Boléris (d) est un peu du même avis, puisqu’il rejette la variété anatomique, faisant remarquer avec raison que dans les cas décrits par les auteurs les cols étaient malades, ou bien transformés pendant le travail par la marche lente de l’accouchement.
A l’heure actuelle il faut distraire des faits décrits sous le nom de rigidité du col tous ceux dans lesquels le col ne se dilate pas, non parce qu’il résiste, mais parce qu’il y a inertie utérine , défaut de contraction de l’utérus.
Il faut également distraire les cas qu’on observait à l’époque où on administrait l’ergot de seigle au moment du travail : l’ergot produisait non seulement la contracture de l’orifice externe, mais la tétanisation de tout le muscle utérin.
En relisant les observations publiées de rigidité de l’orifice utérin, on note que presque toujours Tun des facteurs qui contribuent à la dilatation de F orifice est en défaut. Tantôt il y a rupture prématurée des membranes ou bien défaut d’engagement du fœtus, rétrécissement du bassin, présentation vicieuse, insertion du placenta sur le segment inférieur, etc.
En analysant avec soin les faits on peut voir que les deux états du col décrits sous les noms de rigidité anatomique et de rigidité spasmodique tiennent surtout à une anomalie dans le mécanisme physiologique de la dilatation; par suite de la rupture prématurée des membranes par exemple,
(1) Doléris, Des fausses rigidités du col utérin pendant l’accouchement. Noue. arch. d’obsl. et de gyn 1885.