DIAGNOSTIC DE LA RIGIDITÉ DU COL DE L’UTÉRUS
la tête fœtale appuie directement sur le segment inférieur et produit ainsi un œdème, une infiltration sanguine de toute la portion du col située audessous de la zone de compression.
Ce sont là des faits de rigidité anatomique pour lesquels les recherches de Bouffe de Saint-Biaise et de Wallich ont montré qu’il n’y avait point de lésion organique. Dans d’autres cas, l’orifice utérin ne s’infiltre pas; mais, par suite du défaut d’efficacité de la contraction utérine, la dilatation reste stationnaire (1).
Diagnostic. — Lorsque chez une femme le travail marche lentement ou péniblement, il 11e faut point se hâter d’incriminer le col comme créant l’obstacle et retardant la dilatation. C’est souvent dans une anomalie provenant de l’utérus, du bassin ou du fœtus, qu’il faut chercher la véritable cause de cette forme lente de l’accouchement.
Quand on constate par le toucher qu’en même temps que la dilatation reste stationnaire, l’orifice utérin présente les caractères indiqués par les auteurs comme caractérisant la rigidité anatomique ou spasmodique, il ne faut pas se hâter d’en conclure que c’est le col qui est la cause du défaut de progression du travail; il faut rechercher avec grand soin par un examen méthodique ce qui peut causer cet état du col et considérer par conséquent la rigidité non pas comme primitive, mais presque toujours comme secondaire .
Pronostic. — Le pronostic de la rigidité du col varie suivant que les phénomènes qui la caractérisent sont plus ou moins accusés, et surtout suivant l’époque du travail à laquelle ils apparaissent. Si, malgré un certain état de rigidité, la dilatation progresse, même lentement, le pronostic n a rien d’inquiétant ni pour la mère ni pour le fœtus.
Au contraire, lorsque la dilatation est peu avancée, et que la rigidité vient à se produire, la vie du fœtus se trouve compromise si les contractions fortes et rapprochées viennent à chaque instant troubler la circulation fœtoplacentaire. Le fœtus souffre d’autant plus facilement en pareil cas que presque toujours les membranes sont rompues prématurément : le liquide amniotique se colore, le fœtus ne tarde pas à succomber. On peut voir se déclarer les phénomènes de putréfaction intra-utérine qui forcent l’accoucheur à intervenir.
C’est cette complication qui rend le pronostic sérieux pour la mère. 11 peut l’être également d’une autre manière lorsque des solutions de conti-
(1) Toledo, dans sa thèse (Sur la rigidité du col de l’utérus pendant le travail de l’accouchement [étude analytique et critique]. Juan I. Toledo. Thèse de Paris , 1890), faite sous l’inspiration de Wallich, conclut d’une manière analogue :
1° Il est une série de faits décrits sous le nom de rigidité du col qui ne répondent pas à une modification de texture de cet organe entraînant un trouble dans sa fonction;
2° Dans la plupart des faits dans lesquels on aurait localisé la dystocie dans une lésion primitive du col, on trouve l’explication de ces phénomènes dans l’absence d’un des facteurs habituels de la dilatation ;
5° Parmi ces facteurs le défaut de contractions utérines paraît jouer le principal rôle : 1 inertie caractérisée par l’irrégularité et l’insuffisance des douleurs explique le plus souvent cette sténose momentanée du col.